mercredi 15 octobre 2014

SARANGINS - Tome 2 : Hellus

Emmanuelle Amadis
Editions Sharon Kena (2014)
176 pages


Synopsis :
Claire Gailim est une journaliste engagée, libre et indépendante, qui n'hésite pas à faire passer sa carrière avant sa vie personnelle pour défendre ses idées. Pourtant elle ne choisit pas la facilité et se garde bien d'approcher ces extra-terrestres qui vivent dans sa ville. Elle aurait sans doute continué ainsi si l'un de ses amis ne lui avait demandé un service impossible à refuser. Et de fil en aiguille, la voilà qui s'intéresse de plus en plus à ces Sarangins. Mais qu'ont-ils donc de si passionnant ? Et pourquoi, parmi des milliers, a-t-elle été choisie pour une interview exceptionnelle ? Une chose est sûre, elle ne reniera pas la chance qui lui est donnée ; elle se rendra dans ce bastion inviolable qu'est le Cerdhe de Zar. Mieux, elle rencontrera cette humaine étonnante qui a épousé l'un de ces hommes immenses. Et qui sait, peut-être découvrira-t-elle pourquoi Elliana a accepté de rester cloîtrée avec Sélog dans cet immeuble ? L'amour semble-t-il, mais Claire compte bien se faire sa propre idée, s'imaginer tous les points communs qui la rapprochent de cette femme.

Malgré un 1er tome un peu mitigé, et bien je dois dire que j’ai passé un très bon moment sur ma lecture de ce 2ème tome des Sarangins, cette fois-ci avec l’histoire de Hellus et de Claire Gailim, une journaliste américaine, aperçue à la fin du 1ertome.

Dans ce nouveau tome, nous retrouvons bien évidemment le couple phare Elliana/Sélog, ceux par qui tout a commencé concernant les unions entre Sarangins et Terriennes…Nous sommes toujours dans le Cerdhe du chef Zar, sur la côté Est des Etats-unis. (le Cerdhe, c'est comme un QG pour les Sarangins)

La bonne surprise pour moi, c’est qu’Elliana, dont l’attitude passive et timorée m’avait été insupportable dans le 1er tome, nous revient avec une personnalité un peu plus affirmée.

Même si elle continue à être timide et à rougir aux moindres allusions «graveleuses » de son compagnon Sélog et du groupe de mâles qui logent avec eux dans leur Cerdhe, celle-ci s’affirme en tant que femme par qui arrive l’espoir de tous ces Sarangins en manque de femelle et donc de descendance.

Hellus, le héros Sarangin de ce 2ème tome n’est pas un inconnu puisqu’il a été le confident et l’ami fidèle d’Elliana depuis le début de leur rencontre. 

Je ne vais pas spoiler si vous avez déjà lu le 1er tome mais je dois dire que la personnalité de Hellus m’a plue depuis la première page où il est apparu. Contrairement à Sélog, Hellus m’a marquée par sa personnalité empathique, sa douceur, sa compréhension des ressentis de sa nouvelle amie, Elliana. C’est donc sans surprise que l’auteure l’a choisi, lui, pour aider la jeune femme à nourrir ses jumelles fœtus quand Sélog fut porté disparu lors d’un attentat et de l’effondrement d’un immeuble.

Dès le début de sa grossesse, Elliana avait été mise au courant par Sélog que les bébés en gestation dans le ventre de leur mère devaient être nourris tous les jours par la semence d’un mâle…..Et donc, les heures passant, Elliana a été obligée de se donner à Hellus pour sauver ses jumelles dans son ventre…

Pour une jeune femme aussi timide et prude qu’Elliana, la pilule a été dure à avaler, surtout qu’au départ, c’était Anhem qui s’était « porté volontaire » et que ce guerrier, frère de Sélog, y est allé carrément avec ses gros sabots, pour violer….Oui, VIOLER, il n’y a pas d’autres mots, la jeune femme….Hellus s’est interposé et c’est tout en douceur qu’il s’est « sacrifié » pour la survie des bébés…..

Si ces pratiques peuvent nous paraître choquantes à nous, humains, et en premier lieu à Elliana, qui a subit tout ça sans avoir le choix (les bébés avant tout), pour les Sarangins, point de jalousie….Le mâle qui se « sacrifie » en donnant sa semence à la place du père pour la survie du bébé a droit à toute sa reconnaissance.



Et tant pis sur la femme est traumatisée à vie (d’ailleurs, il est bien expliqué dans le livre que les femelles Sarangins sont élevées dès leur plus jeune âge en toute connaissance de cause à propos de ces viols qui pourraient leur arriver durant leur grossesse car les fœtus ne peuvent pas survivre plus de 24 heures sans avoir reçu de la semence mâle).

De cet acte contraint et forcé, Elliana a ressenti beaucoup d’amertume et de dégoût pour Anhem et leurs rapports se sont nettement refroidis (c’est un euphémisme…). La jeune femme ne peut pas pardonner ce qu’a failli lui faire subir le Sarangin, même si, pour sa défense, Sélog son frère a avoué à Elliana qu’il aurait agit de la même manière si les rôles avaient été inversés et s’il avait été obligé de nourrir les bébés d’une éventuelle belle-sœur…..

Hellus a eu beaucoup plus de chance dans sa relation avec Elliana. Même si au début, la Terrienne était un peu gênée par ce qu’elle avait fait avec le Sarangin, finalement leur complicité est revenue assez vite surtout que le Sarangin n’est pas un pervers et ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il a eu un rapport sexuel avec la jeune femme.

En dehors de ces histoires secrètes internes au Cerdhe, les journalistes continuent toujours à s’intéresser aux Sarangins, surtout depuis l’attentat qui a causé de nombreux morts parmi des humains innocents mais qui a aussi renforcé la cohésion entre le groupe d’extra-terrestre et l’agent spécial Duhaut (qui a été sauvé grâce à Sélog lorsqu’ils se sont retrouvés tous les deux ensevellis sous les gravats de l’immeuble).

Et justement, une journaliste a tapé dans l’œil d’Elliana !

Dès que celle-ci apparaît dans les reportages, la jeune femme ne peut s’empêcher de voir apparaître le visage de Hellus qui se superpose à celui de l’humaine…..Cela signifierait-il qu’elle est son Chèile tant attendu ?.....

Claire Gaillim, la jeune journaliste va être choisie – comme par hasard  par Zar, le chef Sarangin de ce Cerdhe - parmi tous les autres journalistes pour faire des photos des petites jumelles quand elles vont naître.

Elliana va se lier d’amitié rapidement avec la jeune femme, surtout que celle-ci est vraiment très intriguée (curiosité de journaliste aussi) et veut comprendre pourquoi Elliana a l’air si heureuse « recluse » avec les Sarangins…..

Ce qui m’a plu dans ce livre :
Le manière dont le chèile de Hellus et Claire a été révélé au Sarangin : En effet, Elliana et Sélog ont décidé de jouer les entremetteurs entre Claire et Hellus, qui ignorent tous les deux qu’ils sont le Chèile de l’un et l’autre…..Un repas « innocent » est organisé entre amis ….Seulement voilà, Claire semble ignorer et même repousser le beau guerrier – inconsciemment (l’explication d’Elliana c’est que l’inconscient de Claire doit ressentir que c’est l’homme de sa vie et en tant que jeune journaliste indépendante, elle n’est pas préparée à laisser tomber sa carrière pour s’enfermer avec les extra-terrestres, )…..

« Loin d’y voir une promesse de bonheur, l’équivalent sarangin d’un mariage – prétendument idyllique -, Chèile lui apparaissait comme une prison, et Claire fuyait tout ce qui pouvait ressembler à des chaînes : Elle ne rêvait que de liberté ».

« Cela survint peu après l’arrivée du plateau de fromage, Hellus et Claire tendirent tous les deux la main vers le même morceau de pain, mais dans un réflexe malheureux, un peu trop vif, elle retira sa main avant qu’ils ne se touchent.
-Puis-je savoir ce que vous avez contre moi ? S’emporta alors Hellus
Il était le seul à avoir conserver le vouvoiement avec elle, mais à cet instant, cela accentuait encore le fossé qui les opposait ».

Un petit bémol pour ce passage : Bon, après, je sais que l’auteure est française et donc ceci explique cela, mais l’histoire du vouvoiement/tutoiement n’existe pas en langue anglaise (l’histoire est censée se dérouler aux Etats-Unis)...Quant au plateau de fromage, les américains n’ont pas le même déroulement dans leur repas comme nous en France, avec le fromage entre le plat principal et le dessert… (pour caricaturer un peu, eux, le fromage, il se trouve plutôt dans un hamburger que sur un plateau avec du vin rouge et une bonne baguette de pain...).....Evidemment, rien de grave en soi pour cette partie là du roman, juste un indice pour deviner que l’auteure ne peut pas être américaine et ça se confirme ! 

Après le moment de surprise de Hellus quand il a appris que Claire était son Chèile, j’ai adoré la manière si patiente dont il l’a traitée. Jamais il ne lui a imposé les choses, c’est toujours elle qui a décidé de ses choix.

« Parce que tu existes, et que j’ai la possibilité de rendre ta vie plus belle, moins dangereuse. Je vivais pour te trouver et te protéger, maintenant que je t’ai trouvée, il ne me reste plus qu’à te protéger ».



« Quand tu rejettes Chèile, ce n’est pas moi que tu rejettes mais l’enfant qui va avec. Je me dis qu’il viendra bien un temps où tu voudras être mère, et à ce moment là, tu seras prête pour accepter Chèile. En attendant, je me contenterai de tout ce que tu voudras bien me donner ».

Pour conclure, j’ai vraiment énormément apprécié ma lecture de ce second tome des Sarangins. J’ai eu raison de ne pas m’arrêter à la lecture du 1er tome qui m’avait laissé une impression étrange et amère par rapport au comportement si soumis d’Elliana. Le fait que la personnalité de Claire soit totalement à l’opposé d’Elliana y est sans doute beaucoup. Mais il y a aussi Hellus qui est vraiment un personnage sympathique, presque le mari idéal ! (contrairement à Sélog, le héros du 1er tome, que je n’ai pas réussi à cerner et donc à apprécier….).

Enfin, dernière chose à signaler, j’aurai appris un nouveau mot (à 36 ans, il n’est jamais trop tard !), c’est le terme « Marmotter », qui signifie : « dire quelque chose entre les dents »…..Au début, j’ai pensé que c’était une erreur de frappe et que c’était le mot « marmonner » mais il est répété tellement de fois dans le livre (oui, Claire « marmotte » beaucoup !) si bien qu’à la fin, je me suis quand même décidé pour voir si ce mot existait vraiment !.....En même temps, entre « marmonner » et « marmotter », il n’y a pas beaucoup de différence dans la définition, cela veut dire quasiment la même chose !

Ma note : 17.5/20

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1 commentaire:

  1. Ouf, malgré les écueils du premier, vous m’avez offert une seconde chance pour me permettre de défendre mes extra-terrestres.
    Bon, je suis auteur, mais je ne suis pas forcement doué pour faire des critiques (je parle même pas d’autocritique lol). Je vais donc juste relever quelques points au fil de la (re)lecture de votre commentaire.
    Mais heu… j’ai jamais dit que Claire était américaine. Elle aurait pu être Russe, non ? Ou asiatique (il y a de grandes métropoles là-bas aussi), ah, non, elle a pas le physique, mince… bon allons pour Américaine si c’est là que vous entraîne votre imaginaire. En fait, c’est un peu un jeu de ma part, même si on m’en fait le reproche, je laisse de la marge au lecteur en essayant de ne pas préciser des lieux ou des dates, chacun peut ainsi se projeter où son cœur le guide. Mais dans l’absolu, je ne voulais pas donner de nationalité précise, même si les USA ont forcément un peu influencé mon imaginaire avec leur diversité de paysage (pas besoin de torture, j’avoue sans problème).
    Bon, pour le coup de l’alimentation des bébés, j’ai poussé le bouchon assez loin (non, non pas trop, je vous jure). Je voulais simplement montrer qu’en fonction des impératifs d’un groupe, les moyens employés qui en découlent peuvent faire faire des choses ignobles qui paraissent raisonnables suivant le contexte et l’éducation. Et pire, que celles-ci peuvent être comprises et acceptées (voire excusées) par les victimes. C’est malheureusement encore le cas de nos jours sur notre belle planète.
    Pour le petit bémol : la première fois que je l’ai lu (ouais quand j’ai le moral dans les chaussettes, je viens le remonter ici), je n’ai pas compris la réflexion sur le tu/vous parce que, je le répète, je ne leur avais pas donné de nationalité (pas d’Américains donc), mais pour le repas j’avais clairement dans l’idée d’un « vrai » repas français (pile celui que je suis incapable de préparer ;-)
    Dans ma petite case de gauche (google trad toujours) j’ai mis : tendresse. Ma foi, ça lui va bien, non ?
    Petite visite du tome 3 à présent…
    Emmanuelle Amadis

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