vendredi 28 novembre 2014

SARANGINS - Tome 4 : Qivia

Emmanuelle Amadis
Editions Sharon Kena (2014)
257 pages

Synopsis :

Comme tout Sarangin, Qivia continuait à espérer qu'Hélène et Sémy puissent un jour trouver son Chèile. Après une année intense, les découvertes de nouvelles promises avaient sensiblement ralenti par la suite, et beaucoup de Sarangins se résignaient à devoir vivre seuls. Qivia n'était pas du nombre, il avait encore la foi. Pourtant, quand le miracle se produit, il réalise avec angoisse qu'il connaît déjà son Chèile, et que cette dernière est encore une adolescente. Pire, la première fois qu'elle l'a rencontrée il était vêtu d'un costume et avait les pieds dans le fumier. Et si cette première impression ne suffisait pas à la rebuter, il y a un autre obstacle : une sœur surprotectrice, susceptible de se mettre en travers de son bonheur. Heureusement, Zar et tous les siens sont derrière lui pour le soutenir, il ne lui reste qu'à se faire reconnaître par son Chèile et apprendre la patience jusqu'à sa majorité.

Et voilà, les tomes s’enchaînent mais les histoires d’amour entre nos beaux extra-terrestres Sarangins à la recherche de leurs promises (Chèile) humaines, sont toujours différentes et on ne s’ennuie donc jamais avec du « déjà vu, déjà lu ».

Je dis bravo à Emmanuelle Amadis, cette talentueuse auteure française qui a su varier à chaque fois les histoires, notamment selon la personnalité de l’ héroïne de chaque tome. 

Car s’il est vrai que tous les Sarangins sont généralement très grands, très musclés et très beaux, leurs promises sont à chaque fois différentes autant en âge, qu’en physique ou qu’en personnalité. Ce quatrième tome ne déroge pas à la règle puisque notre héroïne, Pamela, celle qui va enfin connaître le grand amour avec l’un de ces beaux guerriers venus d’une autre planète est une jeune adolescente de 17 ans, un peu ronde, plutôt banale, qui vit avec sa sœur aînée dans une ferme. Tout un programme !



L’élément positif et agréable de cette saga c’est aussi la continuité dans le temps. Les Sarangins ne trouvent pas tous leur Chèile dans les mois qui suivent la première union entre le couple phare Selog/Elliana…Non, l’histoire s’inscrit dans le temps, les enfants conçus lors des précédents tomes grandissent, les années passent….Si certains Sarangins « anonymes » ont trouvé leur promises, certains des personnages dont nous avons fait connaissance depuis le tome 1 sont toujours célibataires et espèrent encore alors que d’autres se sont presque résolus à finir leur vie seul et sans descendance…

Qivia, le Sarangin héros de ce tome est le plus jeune du groupe des extra-terrestres qui ont débarqué sur Terre il y a maintenant quelques années. Il est le confident de l’humaine journaliste Claire, la compagne de Hellus, le Sarangin héros du 2ème tome. Qivia est décrit un peu comme un jeune homme un peu foufou, gaffeur. Mais il prend aussi son rôle de confident de Claire et de nounou auprès d’Helori - le petit garçon maintenant âgé de 3 ans - de Claire et d’Hellus, très au sérieux….Même s’il a eu de nombreuses conquêtes féminines depuis son arrivée sur Terre, il attend toujours de connaître celle qui deviendra son Chèile.

Qivia travaille auprès de Zar, le chef du Cerdhe. Zar nous est apparu dans l’histoire dès le 1er tome. Contrairement aux autres Sarangins, il a eu la chance (ou le malheur plutôt) de connaître son Chèile sur leur planète d’origine mais la jeune femme extra-terrestre est décédée là-bas.

En plus de suivre l’histoire d’amour entre Qivia et Pamela, nous avons aussi les prémices de la relation qui s’installe entre Zar et Karen, la sœur aînée de Pamela (qui seront les héros du 5ème tome).

« -Bonjour Mademoiselle Klinger. Je suis Zar et voici…
-Je me fous de savoir vos noms. Je ne vends pas ! Nous n’avons rien d’autre à nous dire, alors vous allez repartir.
-Nous voudrions juste discuter un moment…
-Je n’en doutes pas, mais contrairement à vous, j’ai du travail qui m’attend. »

« -Elle a…Quel âge ? Bredouilla-t-il. Tout comme lui, il ne devait se souvenir que d’une gamine un peu ronde.
-Elle a dix-sept ans d’après nos premières informations.
Qivia gémit en se prenant la tête dans les mains. Il se souvenait, avec la même précision, de Karen et de sa jeune sœur, bien que celle-ci ne se soit trouvée qu’un court instant dans la grange avec eux. Son attitude un peu fuyante s’expliquait maintenant qu’il savait qui elle était pour lui. Croisant le regard de Zar, il comprit que son chef se faisait sans doute le même reproche, ils auraient dû suspecter quelque chose ».

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
L’héroïne « banale » qui change des filles sexy habituelles de ce genre littéraire : Et oui ! Il ne faut pas se leurrer ! Généralement, les héroïnes sont super bien foutues dans les bit-lits et autres romances paranormales, tout comme les hommes sont toujours super musclés et bien pourvus par Dame Nature etc….Et bien dans cette histoire, Pamela est une adolescente plus que banale et a même quelques complexes physiques puisqu’elle est en surpoids et son visage est plutôt ordinaire…. Hors, le coup de maître de l’auteure, Emmanuelle Amadis, c’est justement d’avoir réussi à nous faire rêver avec cette histoire d’amour entre cette fille plus que banale qui se voit embarquer dans une romance auprès un mâle au physique plus qu’avantageux qui va la vénérer comme une déesse, comme le font tous ces Sarangins avec leur Chèile ! (le seul bémol que j'apporterai au livre, c'est sa couverture....Où encore une fois, c'est une fille qui doit être mannequin de profession - qui ne correspond donc pas du tout à la description de Pamela....Bon, cela arrive très souvent dans les couvertures de livres, notamment des blondes en photo à la place de brunes (ou vice et versa), des mecs aux cheveux courts alors que le héros a les cheveux longs dans l'histoire etc....Mais là, comme l'héroïne est ronde, ils auraient pu faire un effort et ne pas mettre une fille si mince sur la couverture...C'est dommage...De plus, en regardant la photo, j'ai l'impression que c'est le couple qui illustre la couverture "Une si parfaite comédie" de Cora Carmack, non ?...Le monsieur porte le même "marcel", il me semble...).

« Il la transportait avec aisance, sans paraître gêné par son poids qui n’avait rien d’anodin, et loin de se sentir coupable, elle trouvait cela presque…normal ».

« -Tu es magnifique, chuchota-t-il en repoussant doucement une mèche de cheveux pour dégager pleinement son visage.
-C’est donc vrai, vous ne voyez pas les défauts de vos promises ?
Il fronça les sourcils à cette question. (…)
-Quels défauts ? grommela-t-il. Tu es parfaite ».

"-Je suis énorme.
Soupçonnant qu'il s'agissait là d'une critique entendue régulièrement, il ne pouvait pas y rester insensible, d'autant qu'il ne la jugeait pas justifiée.
-Bébé, je suis trois fois plus gros que toi, tu me trouves énorme ?
-Ce n'est pas pareil, toi tu n'es fait que de muscles, réfuta-t-elle.
-Et toi tu es faite de courbes douces, soyeuses....Il l'attira à lui pour l'enlacer étroitement, plongeant son nez dans son cou pour finir de lui murmurer dans l'oreille.
-Appétissantes, excitantes, divines, exactement ce que j'aime chez une femme".

De plus, Pamela est une jeune fille donc forcément, elle a des réactions de son âge. Et finalement, à ses côtés, Qivia va développer un côté très mature. C’est lui qui va faire ralentir leur relation et ne veut pas provoquer le Chèile (en l’embrassant, ils partageraient leur souffle et en tant « qu’élue », cela la mettrait instantanément en « chaleur » pour concevoir un bébé)…Qivia veut attendre quelques années car il veut que l’amour de sa vie profite un peu de sa jeunesse et ne porte pas d’enfant trop vite (sur leur planète, les sarangins femelles attendent généralement d’avoir 24/25 ans pour provoquer le Chèile et tomber enceinte)….

Pour un jeune couple comme eux, ne pas pouvoir s’embrasser est un crève-cœur, heureusement que Qivia trouve d’autres alternatives comme les bisous dans le cou de la jeune fille….De toute manière, ils n’ont pas le choix ou alors la jeune femme se retrouvera mère de famille neuf mois plus tard - Si la grossesse se passe bien et dans le cas contraire, de toute manière, ils n’ont qu’un seul coup d’essai, pas de 2èmegrossesse possible !!! - On peut donc comprendre les enjeux et le poids des responsabilités qui pèsent sur les épaules de Qivia….

La famille de Pamela : Bon, cela se résume en tout et pour tout à Karen, sa sœur aînée. Mais en fait, c’est la première fois qu’une des humaines qui va devenir la Chèile d’un Sarangin a une famille….C’est un détail d’importance car lorsque les humaines s’unissent aux Sarangins, elles vont vivre dans le Cerdhe et n’ont plus beaucoup de contacts avec l’extérieur….Les détracteurs des extra-terrestres disent qu’elles sont tenues prisonnières, hors, il n’en est rien ! Et c’est justement pour ne pas inquiéter leurs compagnons qu’elles ne prennent plus de risques inutiles car il y a des terroristes qui veulent leur perte…..Evidemment, pour les « gens normaux » qui ne sont pas trop au courant du fonctionnement de vie des Sarangins, il est plus facile de croire les anti-Sarangins et qu’en effet, les femmes sont recluses sous la contrainte….Ce qui est le cas de Karen, la sœur de Pamela (qui est sous sa responsabilité puisque la jeune fille est encore mineure). Elle se méfie des extra-terrestres, même s’ils vont lui prouver qu’elle n’a rien à craindre d’eux et que sa sœur ne sera pas malheureuse auprès de Qivia, bien au contraire ! (surtout que les femmes ont toujours le choix de refuser de se mettre en couple avec des Sarangins….Mais quelle femme serait assez folle de refuser l’amour d’un super beau mec musclé qui va l’aimer d’un amour infini et éternel ?....).



La relation entre Karen et Zar : Je ne vous le cache pas, c'est ce qui m'a le plus plu dans ce livre ! J'ai bien aimé l’histoire entre Pamela et Qivia, mais vu que la jeune fille tombe tout de suite dans le bras de son amoureux, il n’y a rien de transcendant….Par contre, pour ce qui est de la sœur aîné de Pamela, Karen, c’est une autre histoire ! La jeune femme presque trentenaire est évidemment plus mâture, elle dirige la ferme familiale avec poigne. Karen sait se faire respecter auprès de ses ouvriers (et avec un employé comme le fameux Léni, il faut du courage…). ….Zar est un Sarangin posé et mâture, il est le chef du Cerdhe donc évidemment, il est très compétent et le caractère très fort de la jeune femme va l’interpeller.

« -Une dernière chose, précisa-t-elle. Je n’ai aucune intention de me prêter à vos habitudes bizarres, et certainement pas à celle qui consiste à vous embrasser pour un oui ou pour un non. Et ma sœur ne s’y prêtera pas non plus !
-Ce n’est pas douloureux ou dangereux, précisa Zar un peu déçu qu’elle ajoute cette condition.
-Pour vous, je n’en doute pas, fit-elle caustique. Mais ça reste dégoûtant. Je n’entends pas embrasser quelqu’un pour qui je ne ressens rien.
-Ce n’est pas vraiment un baiser. Ne put-il s’empêcher de plaider.
-Ca y ressemble trop, trancha-t-elle. »

Zar va s’attacher peu à peu à la jeune femme puisqu’il va souvent servir d’intermédiaire/médiateur afin que Karen autorise sa sœur mineure à vivre son histoire d’amour auprès de Qivia….

"Cela n'avait pas de sens mais une part de lui aimait agacer cette femme. Sans doute parce qu'il savait sa nature impuissante à l'apaiser, et donc susceptible de la faire réagir vivement. il n'était pas dans son tempérament de s'amuser, ce qui lui avait valu, en partie, le rôle de chef de Cerdhe, mais avec elle, il se sentait un peu comme un adolescent espiègle, cherchant les limites à  ne pas dépasser, tout en flirtant avec la possibilité de se voir rabrouer à tout instant".

"-Mon père m'a appris à être fière et indépendante. Je ne renierai pas son éducation en tendant la main à un loup, sans m'assurer avant qu'il ne va pas en profiter pour me mordre.

-Un loup ? releva-t-il.
-Vous pouvez toujours essayer de passer pour de gentils nounours auprès de la population, vous êtes et vous resterez des prédateurs.
-Mais pourquoi le loup ? Voulut-il savoir.
-Ils vivent en meute ! répondit-elle spontanément".


J’ai sincèrement hâte de lire leur histoire dans le tome 5 ! Même si je déplore qu’ils aient déjà couché ensemble dans ce tome là et que ce soit juste évoqué très succinctement à la fin du livre….

"Certainement moins sollicité par sa compagne, il ne manqua pas de remarquer les infimes changements survenus chez Zar, après le dernier passage de Karen, pour l'essayage de sa robe, une semaine avant le "mariage". Tous savaient qu'il se souciait de la sécurité de la soeur de Pamela, mais lui soupçonnait un rapprochement plus important au cours de leur aparté, destiné à lui faire accepter une protection digne de ce nom. Toutefois, s'il avait obtenu quoi que ce soit d'agréable au cours de l'intermède, le bienfait avait été contrebalancé par son obstination à refuser ce qu'elle continuait à considérer comme une certaine forme d'ingérence".

"Quand il lui avait demandé si elle avait honte de leur relation, il avait été désagréablement surpris par sa réponse.
-Un orgasme entre deux portes ne constitue pas une relation. Jamais je n'aurais imaginé qu'un Sarangin puisse se montrer aussi impatient, vous avez plutôt la réputation de prendre votre temps.
Il savait qu'elle se référait clairement à sa volonté de la protéger au plus tôt, et non pas à sa performance lors de leur étreinte torride, mais il n'avait pas pu s'empêcher de répliquer.
-Je te montrerai que je suis capable de prendre mon temps, lui avait-il promis, mais pour cela, il faut que tu me laisses t'approcher".

En même temps, cela va donner l’occasion à l’auteure de développer une nouvelle facette de romance avec deux amants qui ont déjà « tiré un coup » et savoir si cela peut se concrétiser en histoire d’amour tout en sachant que Karen n’est pas le Chèile de Zar et que donc leur amour n’est pas vraiment « l’évidence et le destin » aux yeux des autres Sarangins…..Car si les Sarangins sont très permissifs avec leurs Chèiles humaines, c’est la première fois qu’une humaine lambda peut entrer dans leur Cerdhe tellement ils sont suspicieux et veulent protéger leurs secrets et leurs familles….

Pour conclure, je ne vois pas de points négatifs à ce nouveau tome et je dois dire que j’ai vraiment été charmée par ce livre, je pense même que c’est mon préféré jusqu’à présent, depuis le début de la saga des Sarangins, notamment parce que finalement, nous suivons deux histoires d’amour en parallèle. J’ai vraiment hâte de lire la suite qui sera consacré à Zar et Karen !

Ma note : 18/20

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1 commentaire:

  1. Oui, j’aime les gens normaux. Même si je fantasme un max sur de beaux mecs. J’avoue une mémoire de poisson rouge, pire de poisson rouge aveugle. Je ne retiens pas les noms des gens, pire il m’arrive d’être incapable de me rappeler leur tête (je vous parle même pas de mettre l’un sur l’autre lol). D’une personne je retiens une émotion qu’elle dégage, qu’elle m’a fait ressentir, ou qu’elle a exprimée par une intonation ou une attitude physique. Alors je peux aimer les gens sans me focaliser sur leur physique, ils sont toujours beaux quand ils sont « bons émotionnellement ».
    Pour la couverture, j’ai beaucoup cherché, mais impossible de trouver une jeune fille ronde dans les bras d’un homme, en tout cas aucune qui me disait « je suis Paméla », rien de doux et sensuel à la fois. En même temps, être jeune et ronde n’est pas facile dans notre société, rien qui les incitent à poser pour des photographes (ce qui est franchement dommage).
    Parmi toutes les chroniques, celle-ci a vraiment le don de me remonter le moral.
    Merci beaucoup.

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