mercredi 5 octobre 2016

LA RONDE DES SAISONS - Tome 2 : Parfum d'automne

Lisa Kleypas
Les éditions J'ai lu (2009)
sortie originale 2005
378 pages

Synopsis :
" Les laissées-pour-compte ", c'est ainsi que se définissent non sans ironie Lillian et Daisy Bowman, car, malgré leurs millions de dollars, elles n'ont pas réussi à trouver un mari durant la saison londonienne. Invitées chez le comte de Westcliff, qui souhaite faire affaire avec leur père, les deux jeunes Américaines sont bien obligées de revoir cet aristocrate hautain qui les prend pour des gamines mal élevées. Lillian n'ignore pas que Marcus de Westcliff la déteste tout particulièrement pour son audace et son insolence. Pourquoi, dans ce cas, lui vole-t-il un baiser dès le premier soir ? Aurait-il perdu la tête ? Veut-il rire à ses dépens ? Quoi qu'il en soit, Lillian est bien décidée à ne pas se laisser intimider par cet insupportable Anglais et ses airs de supériorité...


Après avoir beaucoup apprécié le tome 1 de la saga La Ronde des saisons de l’auteure américaine Lisa Kleypas, c’est avec délice que je me suis plongée dans ce 2ème opus, Parfum d’automne, consacré à l’aînée des sœurs Bowman, Lilian, dont nous avions pu remarquer le caractère très obstiné et « moderne » pour une jeune femme de cette époque. Le fait qu’elle soit américaine y est sans doute pour beaucoup et du coup, sa rencontre - son choc des cultures, oserai-je dire - et ses altercations avec le très stricte et froid Comte anglais, Marcus Westcliff, vaut son pesant d’or. Si vous aimez les affrontements plein de passion entre deux futurs amants dont aucun de veut lâcher du terrain et admettre son attirance pour l’autre, ce livre est pour vous !



Parfum d’automne reprend environ deux mois après le mariage d’Annabelle Peyton, l’une des quatre « Laissées-pour-contre » dont nous suivons les aventures sentimentales dans ce Londres du milieu du XIXème siècle (1843, pour être plus précis). C’est à présent au tour de Lilian Bowman de trouver un mari – et si possible dans le milieu de la Noblesse anglaise….

Ses parents sont en quête d’un bon parti pour leurs deux filles -enfin, essentiellement Mme Bowman – puisque le père est surtout intéressé par faire du business et faire prospérer son industrie spécialisée dans le savon et les parfums. (après, s’il peut caser ses deux « démones » de filles dans la foulée, dans des familles aristocrates, ce serait tout bénéf, évidemment !).

Il se trouve que M. Bowman est actuellement en pleine transaction avec le Comte Westcliff qui est, on peut le dire, un trentenaire assez avant-gardiste dans ce domaine, car, en plus d’avoir un meilleur ami fils de boucher (Simon Hunt) qui a réussi dans les affaires, il souhaiterait lui aussi faire partie de ce qu'augure la future Révolution industrielle qui marquera ce si fastueux XIXème siècle.

Alors si cela ne pose aucun problème à Marcus Westcliff de faire des affaire avec Bowman Père, il est plus difficile pour lui de « supporter » les filles Bowman, surtout l’aînée, Lilian, qui – curieusement – lui a tout de suite tapé dans l’œil, mais pour des raisons surtout très agaçantes, notamment ses manières sauvages, dévergondées et malpolies….Le coup de grâce sera la partie de Rounders (sorte de Base-ball en vogue à cette époque….chez les garçons…) narrée dans le tome précédent où nous voyons évoluer les quatre jeunes filles dans un champ, en sous-vêtements et qui seront finalement interrompues dans leur partie par l’arrivée inopinée de Marcus et de son ami Simon Hunt….

Du coup, c’est un peu le couteau entre les dents que Marcus Westcliff accueille de nouveau  la famille des riches industriels Bowman. Ne comprenant pas trop ce qui l’énerve autant, il est bien décidé à garder au maximum ses distances avec la jeune femme « impudique » qui, bien qu’elle l’agace au plus haut point, n’arrive pas à sortir de ses pensées…..



« Quoi qu'il en soit, une visite de Thomas Bowman signifiait qu'il faudrait aussi supporter la présence de ses filles. Lillian et Daisy illustraient cette tendance déplorable qu'avaient les héritières américaines à venir en Angleterre chasser le mari. L'aristocratie britannique se voyait assiégée par ces demoiselles ambitieuses, qui ne cessaient de se répandre en compliments sur elles-mêmes avec leur abominable accent, et manœuvraient pour figurer dans les chroniques mondaines des journaux. Ces jeunes femmes bruyantes, sans grâce et suffisantes cherchaient à acheter un titre avec l'argent de leurs parents... et y réussissaient souvent. Marcus avait fait la connaissance des sœurs Bowman lors de leur précédente visite à Stony Cross Park, et ne trouvait pas grand-chose à dire en leur faveur. L'aînée, Lillian, était tout particulièrement devenue l'objet de son aversion quand, avec ses amies, elle avait tendu un piège à un aristocrate présent pour le contraindre au mariage. Marcus n'oublierait jamais le moment où le plan avait été éventé. « Seigneur, existe-t-il une seule chose à laquelle vous ne vous abaisseriez pas? » avait-il demandé à Lillian. À quoi elle avait rétorqué : « Si elle existe, je ne l'ai pas encore découverte. » Son insolence extraordinaire faisait d'elle une femme différente de toutes celles qu'il connaissait. Ajouté à cela la partie de rounders en sous-vêtements, et il avait été convaincu d'avoir affaire à un trublion. Or, une fois son opinion faite, Marcus en changeait rarement. Le front plissé, il réfléchit à la meilleure façon de se comporter avec Lillian Bowman. Il se montrerait froid et détaché, quelles que soient ses provocations. Cette indifférence la rendrait certainement furieuse ».

Ce que j’aimé dans ce livre :
1#-Le parfum magique : Le fil conducteur de ce tome est le parfum. Vous l’aurez déduit rien qu’à son titre, mais n’oubliez pas que le père de Lilian Bowman a fait fortune dans l’industrie du savon et du parfum. Et malheureusement pour notre héroïne, même s’ils sont américains, cela ne se faisait pas à l’époque que les femmes mettent le nez dans ce genre d’industrie…Néanmoins, Daisy et surtout Lilian Bowman en connaissent un rayon dans ce domaine et du coup, elles sont surprises lors d’une visite à Londres, de se voir proposer un parfum par un petit commerçant et que celui-ci leur promet un effet magique avec un élément « secret » qu’effectivement, le nez entraîné de Lilian Bowman ne reconnaît pas….Peu importe, après le puits aux souhaits dont elles ont usé dans le 1er tome (qui a réussi à Annabelle et Simon), les deux jeunes femmes vont essayer ce parfum pour « se trouver un mari » et évidemment, Lilian va remarquer que Marcus a un comportement très étrange vis-à-vis d’elle quand il s’approche un peu trop près, quand il effleure son corps…Serait-ce la faute au parfum ? Du coup, j’ai vraiment adoré cette partie soit disant magique du roman, et surtout le fait que Lilian – malgré tout – va rester honnête vis à vis de Marcus et qu’après avoir « joué » avec lui, elle va lui révéler que l’attirance qu’il semble éprouver pour elle est sans doute dû à un aphrodisiaque….Je la trouve super touchante de douter ainsi tellement de son charme et de ne pas réaliser que c’est seulement elle, sa présence, sa personnalité, son joli physique qui a retenu l’attention du Comte Westcliff…..

«-Mademoiselle Bowman, quelles senteurs parvenez-vous à distinguer dans ce parfum ? Séparer les différents ingrédients composant un parfum exigeait un effort énorme - quelquefois plusieurs heures -, même aux parfumeurs les plus expérimentés. Pourtant, après avoir approché le mouchoir de ses narines, Lillian étonna M. Nettle en les identifiant sans hésitation, avec la finesse et la vivacité d'une pianiste travaillant ses gammes.
-Fleur d'oranger... néroli... ambre gris et... mousse ? Elle s'interrompit, une lueur d'incertitude dans ses yeux d'un brun velouté.
-De la mousse ? Dans du parfum ? M. Nettle la fixa sans chercher à dissimuler sa stupéfaction. La capacité à identifier les composants d'un parfum complexe était très limitée chez le commun des mortels, qui ne pouvait, dans le meilleur des cas, qu'identifier l'ingrédient dominant, comme la rose, le citron ou la menthe. Une fois revenu de sa surprise, il acquiesça avec un léger sourire. Il mêlait souvent à ses parfums des notes particulières qui leur donnaient de la profondeur et de la texture, mais personne n'avait jamais deviné lesquelles ».

2#-Les moments embarrassants et les dialogues truculents : Quel bonheur de lire les nombreuses altercations entre Lilian et Marcus ! C’est simple, dès que ces deux-là se retrouvent face à face, ils ne peuvent s’empêcher de se voler dans les plumes ! Evidemment, cette grande tension cache en fait une attirance respective de nos deux jeunes futurs amants….Il était aussi intéressant de voir le nombre de fois où Marcus est arrivé à la rescousse de notre fougueuse Lilian mais qu’à chaque fois, il cachait ses « intentions protectrices » sous des couverts d’éviter que Lilian lui fasse honte dans sa propre maison….Entre le cheval, la tête de veau ou les papillons de nuit, Marcus et Lilian nous ont gâté avec leurs situations cocasses où le romantisme flirtait toujours avec une pointe de conflit et d’oppositions….

«-Les Bowman sont arrivés, annonça lady Olivia Shaw depuis le seuil du bureau. Son frère aîné, Marcus, lord Westcliff, était assis derrière une pile de livres de comptes. Il leva la tête, les sourcils froncés au-dessus de ses yeux d'un noir profond. 
-Gare à la pagaille, marmonna-t-il. Olivia se mit à rire. 
-Je suppose que tu fais allusion aux filles ? Elles ne sont pas aussi terribles que cela, tout de même ? 
-Elles sont pires, répliqua Marcus, en fronçant les sourcils de plus belle quand il vit la grosse goutte d'encre que sa plume, momentanément délaissée, venait de laisser tomber sur une belle rangée de chiffres. Je n'ai encore jamais rencontré de jeunes filles plus mal élevées. Surtout l'aînée. 
-Ce sont des Américaines, lui rappela Olivia. Il faut faire preuve d'un peu de tolérance, non ? On ne peut pas vraiment s'attendre qu'elles connaissent les plus infimes détails de nos innombrables règles de conduite en société... 
-Je veux bien être tolérant envers les détails, coupa Marcus. Comme tu le sais, je ne suis pas du genre à critiquer l'angle que forme le petit doigt de Mlle Bowman quand elle tient sa tasse de thé. Ce que je désapprouve, ce sont certains comportements qu'on jugerait répréhensibles dans n'importe quel endroit du monde civilisé ».

«-As-tu surpris Mlle Bowman avec quelqu'un ? Autorisait-elle un gentleman à l'embrasser... ou pire ? 
-Aucun danger. Au premier regard, n'importe quel homme normal s'enfuirait en hurlant dans la direction opposée. Olivia fronça les sourcils. Son frère se montrait un peu trop dur avec Lillian Bowman.
-C'est une très jolie fille, Marcus. 
-Sa jolie façade ne suffit pas à compenser les défauts de son caractère. 
-Qui sont ? Marcus laissa échapper une espèce de reniflement, comme si les défauts de Mlle Bowman étaient si évidents qu'il n'était pas nécessaire de les énumérer. 
-Elle est manipulatrice. 
-Toi aussi, mon cher, murmura Olivia. Il ignora sa remarque. 
-Elle est autoritaire. 
-Tu l'es aussi. 
-Elle est arrogante. 
-Tout comme toi, répliqua Olivia d'un ton jovial. Marcus la foudroya du regard.
-Je pensais que nous discutions des défauts de Mlle Bowman, pas des miens. 
-Mais vous semblez avoir tant de choses en commun! protesta Olivia avec une innocence feinte. En ce qui concerne sa conduite inappropriée... Es-tu en train de dire que tu ne Vas pas surprise dans une situation compromettante ? 
-Non, je n'ai pas dit cela ».

«-J'ai vu Mlle Bowman en train de jouer au rounders en sous-vêtements. Sa sœur le fixa, interdite.
-Au rounders ? Tu veux dire, ce jeu avec une balle en cuir et une espèce de bâton aplati ? Marcus eut une grimace d'impatience. 
-C'était lors de sa dernière visite ici. Mlle Bowman et sa sœur s'ébattaient avec leurs amies dans une prairie située au nord du domaine, et il se trouve que Simon Hunt et moi sommes passés par là. Toutes les quatre étaient en sous-vêtements - parce qu'il est difficile de jouer avec des jupes encombrantes, ont-elles prétendu. À mon avis, elles auraient saisi n'importe quel prétexte pour courir à moitié nues. Ces sœurs Bowman sont des hédonistes. Olivia plaqua la main sur sa bouche pour étouffer, sans grand succès, un éclat de rire. 
-Je n'arrive pas à croire que tu n'en aies jamais parlé ! 
-Si seulement j'avais pu l'oublier! répliqua Marcus sombrement, en reposant le stéréoscope. Dieu sait comment je vais oser croiser le regard de Thomas Bowman, alors que le souvenir de sa fille dévêtue est encore frais dans ma mémoire. Olivia contempla son frère avec amusement. Il ne lui avait pas échappé qu'il avait dit « sa fille » et non « ses filles », et qu'il était donc évident qu'il avait à peine remarqué la plus jeune. Lillian avait accaparé toute son attention. Connaissant Marcus, Olivia se serait attendue qu'il trouve l'incident divertissant. Même s'il possédait un sens aigu de la morale, il n'avait absolument rien d'un pudibond, et ne manquait pas d'humour, loin de là. Il n'avait certes jamais entretenu de maîtresse, mais Olivia avait eu vent de quelques liaisons discrètes. La rumeur voulait même que, sous son apparence sévère, le comte se montre plutôt audacieux dans une chambre à coucher Mais, pour une raison inexplicable, il était troublé par cette Américaine hardie, mal dégrossie, dont la fortune était récente. Non sans pertinence, Olivia se demanda si l'attirance qu'éprouvait leur famille pour les Américains - après tout, Aline en avait épousé un, et elle-même venait juste de se marier avec Gideon Shaw, des Shaw de New York - affectait aussi Marcus. 
-Elle devait être ravissante en sous-vêtements, non ? murmura-t-elle, l'air de ne pas y toucher 
-Si, répondit Marcus sans réfléchir, avant de faire la grimace. Enfin, non ! C'est-à-dire que je ne l'ai pas regardée assez longtemps pour évaluer ses charmes. Si toutefois elle en possède. Olivia se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas rire. 
-Allons, Marcus... tu es un homme dans la force de l'âge, et tu n'as pas reluqué Mlle Bowman en culotte une petite seconde ? 
-Je ne « reluque » pas, Olivia. Soit je regarde franchement, soit je m'abstiens. Elle lui jeta un regard empreint de pitié. 
-Eh bien, je suis affreusement désolée que tu aies eu à endurer une telle épreuve. Espérons simplement que Mlle Bowman restera vêtue de pied en cap en ta présence durant cette visite, afin d'éviter de heurter une fois encore ton extrême sensibilité. Son ton moqueur lui valut un regard noir.
-J'en doute. 
-De quoi ? Qu'elle restera vêtue de pied en cap ? Ou qu'elle heurtera ta sensibilité ? 
-Ça suffit, Olivia, gronda-t-il, ce qui la fit glousser 
-Allez, viens, nous devons aller accueillir les Bowman. 
-Je n'ai pas le temps. Tu les accueilleras, et tu inventeras une excuse pour expliquer mon absence. Olivia ouvrit de grands yeux.
-Tu ne vas pas... Mais enfin, Marcus, tu dois être là ! Je ne me rappelle pas t'avoir jamais vu te montrer grossier 
-Pour l'amour du ciel, ils vont passer presque un mois ici ! J'aurai amplement l'occasion de me faire pardonner. Parler de cette fille m'a mis de très mauvaise humeur, et la simple pensée de me retrouver dans la même pièce qu'elle me fait grincer des dents. Olivia secoua légèrement la tête, tout en le contemplant d'un air inquisiteur qu'il n'apprécia pas. 
-Hum... Je t'ai déjà vu en présence de personnes que tu n'aimes pas, et tu réussis toujours à te montrer poli - surtout quand tu veux obtenir quelque chose d'elles. Mais, pour une raison ou une autre, Mlle Bowman t'exaspère à l'excès. J'ai ma petite idée sur cette raison. -Vraiment ? rétorqua-t-il, une pointe de défi dans le regard. 
-Il faut que j'y réfléchisse encore. Je te ferai savoir quand je serai parvenue à une conclusion définitive. 
-Que Dieu me vienne en aide. À présent, va accueillir nos invités, Olivia ! ».

3#-Les moments où Marcus perd le contrôle : Je dois applaudir des deux mains sur la manière dont Lisa Kleypas fait monter la sauce entre nos deux futurs amants. Evidemment toute la tension de passion prend de son ampleur sur un personnage coincé comme l’est Marcus, qui a été éduqué pour cacher ses émotions aux autres, mais aussi à lui-même. Lui qui se moquait des réactions passionnées de son ami Simon Hunt vis-à-vis de la belle Annabelle, se trouve finalement lui aussi piégé par les charmes de la jeune américaine « indomptable » Lilian Bowman. C’est vraiment très plaisant à lire et la nuée de papillon qui se trouvait dans mon ventre s’est vraiment affolée à certains moments de ma lecture ! Amis romantiques, lisez ce livre, je vous en supplie !

«-Mais qu'est-ce qui vous prend ? Marcus secoua la tête avec impuissance. 
-Je suis désolé, dit-il d'une voix rauque tout en sachant parfaitement ce qu'il s'apprêtait à faire. Mon Dieu. Désolé... Il couvrit sa bouche de la sienne et commença à l'embrasser comme si sa vie en dépendait »

«C'était la première fois qu'un homme embrassait Lillian sans lui demander la permission. Elle se débattit et essaya de se dégager, mais Westcliff la retint plus étroitement contre lui. Il sentait la poussière, le cheval et le soleil... et aussi quelque chose d'autre... Une fragrance douce et sèche qui lui rappelait le foin fraîchement coupé. Il accentua la pression de sa bouche, l'incitant à entrouvrir les lèvres. Elle n'avait jamais imaginé qu'un baiser puisse être cette caresse profonde, tendrement impatiente, qui la privait de toute force. Elle ferma les yeux et se laissa aller contre le torse dur de Westcliff. Tirant aussitôt parti de sa faiblesse, il moula son corps contre le sien avant de glisser une cuisse puissante entre ses jambes. De la pointe de la langue, il entreprit d'explorer sa bouche. Choquée par cette intrusion intime, Lillian tenta de reculer, mais, d'une main posée sur la nuque, il la retint. Elle ne savait que faire de sa langue qu'il cherchait, caressait, titillait, jusqu'à ce qu'un gémissement lui monte dans la gorge et qu'elle le repousse frénétiquement. Il lui lâcha les lèvres. Consciente de la présence de son père et de ses compagnons de l'autre côté du genévrier, Lillian lutta pour contrôler sa respiration. Les quatre hommes se remirent enfin en marche sans avoir rien soupçonné et, soulagée, elle laissa échapper un soupir tremblant. Le cœur battant la chamade, elle sentit la bouche de Westcliff glisser le long de son cou, laissant une trace brûlante dans son sillage. Comme elle se tortillait pour se dégager, une impression de chaleur naquit à l'endroit où son corps frottait contre la cuisse qui la retenait prisonnière. 
-Milord, êtes-vous devenu fou ? murmura-t-elle. 
-Oui. Oui, haleta-t-il. Il captura de nouveau sa bouche, lui vola un autre baiser. 
-Donnez-moi votre bouche... votre langue... souffla-t-il. Oui! C'est si doux... si doux... Ses lèvres se mouvaient sans répit sur les siennes, chaudes, sensuelles, et elle sentait sa barbe naissante lui chatouiller le menton. 
-Milord, chuchota-t-elle de nouveau en s'arrachant à lui. Pour l'amour du ciel... lâchez-moi! -Oui... Je suis désolé... Encore un... un seul... Quand il chercha de nouveau ses lèvres, elle le repoussa aussi fort qu'elle put. Sa poitrine était aussi dure que du granite. 
-Laissez-moi, espèce de malotru ! D'une torsion désespérée, Lillian réussit à se libérer de son étreinte. Cette délicieuse friction de leurs deux corps avait fait naître des picotements dans le sien, qui perduraient alors même qu'ils ne se touchaient plus. Tandis qu'ils se dévisageaient, elle vit se dissiper dans le regard du comte la fièvre du désir, et ses yeux sombres s'agrandirent comme il prenait conscience de ce qui venait de se passer. 
-Enfer et damnation, murmura-t-il. Lillian n'apprécia pas la manière dont il la regardait : on aurait dit qu'il se trouvait devant la tête fatale de Méduse. Elle le foudroya du regard. 
-Je peux retrouver le chemin de ma chambre toute seule, déclara-t-elle sèchement. Et n'essayez pas de me suivre. Vous m'avez assez aidée pour la journée ! Tournant les talons, elle s'élança vers l'allée tandis qu'il la suivait des yeux, bouche bée ».

«-Mademoiselle Bowman, je dois vous présenter mes excuses pour ce qui s'est passé cet après-midi. Je suis absolument incapable d'expliquer ma conduite autrement que comme un instant de folie qui, je vous l'assure, ne se répétera pas. Lillian se raidit légèrement en entendant le mot « folie ». 
-Bien, dit-elle, j'accepte vos excuses. 
-Savoir que je ne vous trouve en aucune façon désirable devrait vous tranquilliser totalement. 
-Je comprends. Vous en avez assez dit, milord. 
-Nous serions tous deux sur une île déserte que la pensée de vous approcher ne me viendrait absolument pas. 
-J'ai bien compris, fit-elle d'un ton sec. Inutile d'épiloguer. 
-Je veux juste qu'il soit bien clair que ce geste était une aberration complète. Vous n'êtes pas le genre de femme par qui je suis attiré. 
-Très bien. 
-En fait... 
-Vous avez été très clair, milord, l'interrompit Lillian en le fusillant du regard. C'étaient là les excuses les plus irritantes qu'elle eût jamais reçues ! »

4#-Lilian contre la Comtesse : Nous comprenons rapidement dans ce tome que si Marcus est aussi froid et détaché c’est à cause de blessures d’enfance et de l’éducation très stricte (à la limite inhumaine) que lui ont infligé son père – maintenant décédé – et sa mère qui a – malgré tout – bien de la chance d’être encore entretenue par son fils alors qu’elle a été vraiment détestable avec chacun de ses enfants….Nous en aurons encore la preuve avec son comportement vis-à-vis des sœurs de Marcus et évidemment vis-à-vis de Lilian qui, de par sa nature rebelle d’américaine nourrie à la sauce de liberté – n’en a que faire de cette vieille rombière qui lui donne des leçons de « bienséance aristocrate » d’un autre temps….

5#-Trahisons : Attention zone spoliers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance !
Ouh la la ! J’ai été très étonnée (et même déçue, je dois dire), du comportement de filou du Vicomte de Saint Vincent ! Comment a-t-il pu entrer dans la combine malsaine de la mère de Marcus - cette sale vieille bique de comtesse -  et enlever notre chère Lilian pour la forcer à se marier avec lui….Evidemment, je savais d’avance que cela ne se ferait pas mais néanmoins, j’ai ressenti beaucoup de déception à propos de ce personnage qui trahit tous ses amis : Marcus, qui est pourtabr son ami d’enfance et Lilian, qui s’était liée d’amitié pour lui ces derniers jours et l’avait accepté malgré ses avertissements de « moi, je suis un mauvais garçon, ne vous fiez pas à moi… ». Cela dit, la noirceur annoncée de ce personnage qui agit donc sans aucun scrupule pour ses propres intérêts aux détriments du bonheur des autres, laisse augurer de bons moment de lecture en perspective dans le prochain tome qui porte à juste titre le nom de « Diable » en hiver….Car en effet, Sebastian de Saint Vincent est un sacré démon et j’ai hâte de voir comme la douce et si timide (en apparence) Evangeline Jenner va le « dompter »…..

Pour conclure, dans la mesure où j’ai été happée dans Parfum d’automne dès les premières lignes et que je pensais sans cesse aux personnages quand j’étais obligée de poser mon livre, je ne peux que qualifier ce 2ème tome de joli coup de cœur pour moi ! Lisa Kleypas arrive à doser d’une manière grandiose ses moments de passion et de tension amoureuse entre Lilian et Marcus. Si vous avez la fibre un tant soit peu romantique, vous ne pourrez que craquer à la lecture de cette histoire surtout si vous aimez les romances où ce n’est pas gagné d’avance dans la mesure où chacun des personnages semble se détester et qu’aucun ne veut admettre qu’ils sont faits l’un pour l’autre. En plus du couple Lilian et Marcus, nous avons aussi l’introduction d’un nouveau personnage masculin qui fait – on peut le dire – une entrée fracassante dans le récit avec ses manières scandaleuses et irrévérencieuses, à la limite de la malhonnêteté….Et, vous l’aurez sans doute deviné, ce fameux personnage, le Vicomte coureur de jupons, Sebastian de Saint Vincent, sera le héros du prochain tome….Et il aura en face de lui la très timide et bégayeuse Evangeline Jenner, l’une de nos chères « Laissées-pour-contre »….Cela donne envie de lire le 3ème tome, Un diable en hiver, moi, je vous le dis !





Ma note : 18/20

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