samedi 31 décembre 2016

LES HERITIERES - Tome 3 : Mariage à l'écossaise

Tessa Dare
Les Editions J'ai lu (2016)
Sortie originale 
376 pages

Synopsis :
Comment faire ses débuts dans le monde quand on est une jeune fille anxieuse et d’une timidité pathologique ? Madeline Gracechurch est une godiche et elle le sait. Incapable d’affronter le badinage de la haute société, elle s’est inventé un soupirant pour qu’on lui fiche la paix : un fringuant Écossais, le capitaine Logan MacKenzie, qu’elle aurait rencontré à Brighton, et qui est fou d’elle car, dans sa correspondance avec ce fiancé imaginaire, Madeline a toutes les audaces. Fort heureusement, ses missives, égarées dans quelque caserne lointaine, resteront scellées à jamais. C’est ce qu’elle croyait, jusqu’au jour où Logan MacKenzie vient frapper à sa porte, bien décidé à exiger tout ce qu’elle lui a promis dans ses lettres !


"Cette fille n’était pas faite pour porter du gris. Avec ses cheveux noirs et ses lèvres roses, il lui fallait des couleurs vives. Le vert éclatant des Highlands, ou du bleu saphir. Il se surprit à sourire. Elle serait adorable dans le tissu écossais de son clan".

Quel délice que cette histoire ! C'est mon premier livre de l'auteure américaine Tessa Dare, même si j'avais entendu parler d'elle et de sa saga Les demoiselles de Spindle Cove, et du coup, au moment où je vous écris cette chronique, je suis en train de lire le tome 1 de cette série Les Héritières tellement je suis tombée sous le charme de la plume de l'auteure ! (car il faut préciser que les 3 volumes qui composent actuellement cette série sont totalement indépendants les uns des autres, le seul dénominateur commun étant que les héroïnes sont à chaque fois "une héritière"....).



"— Vous pourriez me faire confiance. 
— Vous faire confiance. Voilà qui est amusant, dans la bouche d’une femme qui ment au monde entier depuis des années. 
— À vous, je n’ai jamais menti. Il soutint son regard. 
— En admettant que je vous fasse confiance, supposez qu’il vous arrive quelque chose… 
— Quoi donc ? Que je meure ? 
— Que vous épousiez un autre homme. Elle s’esclaffa. 
— Moi, en épouser un autre ? La mort constitue une éventualité beaucoup plus probable. Je suis tombée dans les oubliettes depuis si longtemps que j’ai accumulé une couche de poussière de plusieurs centimètres. 
— Vous êtes une dame de qualité, issue d’une bonne famille. Vous êtes une héritière disposant de biens, et qui plus est d’une rare beauté. Je ne puis croire que personne ne vous courtise. Maddie aurait dû répliquer quelque chose, mais ses pensées ne cessaient de buter sur les mots « rare beauté ». 
— Si vous deviez vous marier avec un autre ou quitter ce monde, les terres tomberaient dans je ne sais quelles mains. Et alors, vos intentions et vos promesses n’auraient plus aucune valeur. De sorte que la solution que vous proposez est inenvisageable".

Mariage à l'écossaise nous narre les aventures sentimentales de la jeune et imaginative Maddie, qui, souffrant d'agoraphobie, a décidé de s'inventer un fiancé écossais parti à la guerre afin d'échapper aux bals et à la ronde des prétendants en tant que jeune femme de la noblesse à marier....Cette "comédie" durera cinq années, puis, elle décidera de "tuer" son fiancé imaginaire tout en sachant que les gens ne devraient ensuite plus s'inquiéter sur son avenir sentimental dans la mesure où elle est maintenant considérée comme une jeune fiancée en deuil et en route pour devenir une vieille fille avant l'heure, toujours vêtue de gris, face à son histoire d'amour tragique et inconsolable...

"Et lorsque la supercherie avait commencé à trop peser sur sa conscience, Maddie avait donné à son officier écossais une mort brave, honorable, et entièrement fictive. Elle avait pris le deuil, ne s’habillant qu’en noir pendant un an, puis en gris par la suite. On l’avait crue inconsolable, mais le noir et le gris lui convenaient très bien. Ils cachaient les taches d’encre et de fusain. Grâce au capitaine MacKenzie, elle disposait d’une maison, d’un revenu, d’un travail qu’elle aimait. Et personne ne la contraignait à évoluer dans la haute société londonienne. Elle n’avait pas prévu de duper sa famille pendant si longtemps, mais cela n’avait nui à personne. Et, finalement, tout s’était merveilleusement bien passé. Jusqu’à cet instant".

L'histoire débute en 1808, quand Maddiie a 16 ans et s'invente son fiancé. Puis nous revenons au temps présent du récit, en 1817, quand la jeune femme est maintenant devenue, à 25 ans, propriétaire d'un château en Ecosse offert en héritage par son défunt parrain pour la réconforter dans son "célibat" et lui rappeler son amour perdu écossais....Elle y vit en compagnie de sa tante Thea, qui est restée célibataire comme elle, à l'exception que celle-ci a connu dans sa jeunesse une folle passion à la cour de Versailles alors que bien évidemment, Maddie est vierge et ne connait rien aux choses de la vie....En tout cas pour les êtres humains, car en ce qui concerne les animaux, et notamment les homards, la jeune femme est incollable car son "passe-temps" (qu'elle souhaiterait transformer en vrai travail) consiste à être illustratrice animalière. Elle a été chargée d'un projet avec des Naturalistes de dessiner l'accouplement de homards....Et c'est d'ailleurs lors d'une de ses séances de "voyeurisme homardesque" (la jeune femme a fait aménager un aquarium marin dans son atelier de dessin) que tout à coup, quelqu'un vient se présenter à la porte du château et demande à la rencontrer....Ce quelqu'un n'est autre que son soit-disant fiancé écossais, le Capitaine Logan MacKenzie, revenu d'entre les morts (et d'entre les chimères) et qui bien décidé à faire d'elle son épouse le jour même !.... 

"Le lendemain de son retour, Anne l’accueillit avec une question précise : 
— Alors, ma chérie, es-tu prête à rencontrer ton âme sœur ? C’est là que Maddie s’affola. Et mentit. Sans réfléchir, elle orchestra une imposture éhontée qui, pour le meilleur et pour le pire, devait affecter le reste de sa vie. 
— Je l’ai déjà rencontrée. La stupeur sur le visage de sa belle-mère fut immensément réjouissante. Mais, quelques secondes plus tard, Maddie prit conscience de son erreur. Elle aurait dû se douter que son petit mensonge ne mettrait pas un terme à l’affaire. Naturellement, cela ne fit qu’entraîner une centaine d’autres questions. Quand viendra-t-il ici ? Oh… euh… Il ne peut pas. Il aurait beaucoup aimé, mais il a dû quitter le pays précipitamment. Pourquoi donc ? Parce qu’il est dans l’armée. C’est un officier. Et sa famille ? Nous devrions au moins rencontrer ses parents. C’est impossible. Il vient de très loin. D’Écosse. De toute façon,c ses parents sont morts. Comment s’appelle-t-il ? Logan MacKenzie. Il s’appelle Logan MacKenzie. Logan MacKenzie. Soudain, son soupirant imaginaire avait un nom. Et avant la fin de l’après-midi, il avait des cheveux (bruns), des yeux (bleus), une voix (grave, épicée d’un léger accent des Highlands), un rang (capitaine) et un caractère (ferme, mais intelligent et gentil). Et ce soir-là, à l’instigation de sa famille, Maddie lui avait écrit une lettre.   À l’heure qu’il est, ils croient que j’écris à mon soupirant secret en kilt, alors que je remplis une page de bêtises en priant le Ciel pour que personne ne regarde par-dessus mon épaule. Le pire, c’est que je serai obligée de poster cette lettre. Elle restera en souffrance dans je ne sais quel casier militaire. Je l’espère. À moins qu’elle ne passe de main en main parmi des régiments entiers pour être tournée en dérision, ce que je mérite grandement. Je suis la reine des imbéciles. Le compte à rebours a démarré, et quand il se terminera, je devrai me confesser. Je serai d’abord obligée d’expliquer que j’ai menti : jamais je n’ai séduit un bel officier écossais pendant mon séjour à Brighton. Et ensuite, je n’aurai plus de prétexte pour me soustraire au rejet d’innombrables jeunes Anglais de qualité le printemps venu. Mon cher imaginaire capitaine MacKenzie, vous n’êtes pas réel et ne le serez jamais. Moi, en revanche, je suis une authentique et désespérante idiote. Tenez, voici un dessin d’escargot".

Ce que j'ai aimé dans ce livre :
1#-L'histoire très originale : C'est totalement ahurissant que le fiancé imaginaire que Maddie s'était inventé durant son adolescence et qui a "correspondu" avec elle durant cinq années se présente un jour face à elle ! Comme il va le lui expliquer, Logan a bien reçu les lettres qu'elle pensait envoyer à "personne" sur le front et qui auraient du se perdre....Mais voilà, Logan est un prénom écossais courant, ainsi que le nom de famille MacKenzie....Du coup, la chance de tomber sur un vrai Logan MacKenzie était peut-être minime mais pas impossible....Notre bel highlander lui avouera par la suite qu'il n'était qu'un simple soldat au début mais face aux railleries de ses camarades et aux réprimandes de ses officiers, il va finir par devenir un vrai capitaine gradé, encouragé par les lettres écrites durant cinq années de cette jeune fille qu'il n'avait jamais rencontré mais qui lui avait donné un objectif à atteindre, bien malgré elle... 


"21 septembre 1808 Cher capitaine Logan MacKenzie, une seule chose me console d’écrire cette lettre absurde ; c’est que, cher fruit de mon imagination, vous n’existez pas pour la lire. Mais je vais un peu trop vite en besogne. Tout d’abord, les présentations. Je suis Madeline Eloise Gracechurch. La pire godiche que compte l’Angleterre. Vous serez sidéré de l’apprendre, je le crains, mais vous êtes tombé éperdument amoureux de moi en ce jour où nous ne nous sommes pas rencontrés à Brighton. Et nous voici fiancés".

"20 juin 1813 Mon cher ami silencieux, c’est le cœur brisé que je vous écris. Je ne puis supporter davantage la culpabilité. Il n’y a plus qu’une manière d’y mettre un terme, maintenant. Vous allez devoir mourir. Je suis infiniment désolée. Vous n’imaginez pas à quel point. Je vous promets de vous réserver un trépas héroïque. Vous sauverez quatre… non, six hommes lors d’un exploit témoignant de votre bravoure et d’un noble esprit de sacrifice. Quant à moi, je suis anéantie. Ce sont de vraies larmes qui émaillent ce parchemin. Le deuil que je porterai de vous sera authentique également. J’ai l’impression de tuer une part de moi-même. Cette part qui nourrissait tous ces espoirs romantiques, si idiots soient-ils. Je vais désormais m’établir dans l’état de vieille fille, comme j’ai toujours su que je finirais. Je ne me marierai jamais. Jamais personne ne me serrera dans ses bras, ni ne m’aimera. Peut-être, en écrivant tout cela, m’habituerai-je à cette vérité. Il est temps que je cesse de mentir et renonce aux rêveries. Mon cher, si cher, défunt capitaine MacKenzie… Adieu".

2#-L'humour : En plus d'être romantique, Mariage à l'écossaise ne manque pas de situations cocasses hilarantes ainsi que de dialogues truculents. Maddie, qui a une phobie de la foule, n'en est pas pour autant aussi timide que cela face à un seul homme, alors que celui-ci aurait tout pour l'impressionner avec sa haute carrure musclé et ses allures viriles. Quoi qu'il en soit, Maddie ne se laisse pas marcher sur les pieds et répond toujours du tac-au-tac à son highlander et même si au début, elle est un peu secouée d'être face à la version réelle de son fantasme épistolaire, elle va vite se ressaisir ! Logan, lui non plus n'est pas en reste et a également beaucoup d'humour. Ces deux-là se sont bien trouvés même si au début, ils sont plus à se chamailler qu'à se lancer des compliments....Le passage où notre fier et bourru Logan est obligé de lire un poème qu'il aurait soit-disant écrit à sa fiancée était vraiment très drôle car bien évidemment, toutes les lettres réponses censées avoir écrites par lui était en fait de Maddie qui était bien obligée de donner le change à sa famille. 

"— De quoi parle-t-elle ? chuchota-t-il. Elle répondit de derrière son verre de vin. 
— Ma foi, il fallait bien que je fabrique votre côté de la correspondance. L’idylle n’aurait pas été plausible, sinon. 
— Et que racontait exactement cette version de moi ? Une étincelle amusée réchauffa ses yeux bruns. 
— Vous auriez peut-être dû poser cette question avant de m’entraîner dans ce mariage précipité. Quoi que renferment ces lettres, elles font partie de vous, maintenant. Nom de Dieu ! Logan frémit en imaginant les inepties qu’une jeune fille romantique telle que Madeline Gracechurch avait pu coucher, entre seize et vingt et un ans, sous la plume d’un officier écossais. Cela s’annonçait mal, très mal. — Nous pourrions procéder à un échange, suggéra-t-elle à voix basse. Je vous rends vos lettres si vous me rendez les miennes. 
— Ce ne sont pas mes lettres, dans votre coiffeuse. 
— Celles que j’ai envoyées n’étaient pas les vôtres non plus. Cependant, parce que cela vous arrangeait, vous vous les êtes appropriées. On ne peut pas tout avoir".

3#-Le Capitaine Logan MacKenzie : Nous apprenons en même temps que Maddie que notre viril officier écossais a eu une enfance affreuse, abandonné dès son plus jeune âge par sa mère. Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Contrairement à ce qu'il avait laissé entendre à la jeune femme, ce n'est pas bébé qu'il a été abandonné mais enfant, donc, il a eu pleine conscience du geste horrible de sa mère ! Il n'a gardé d'elle qu'une broche à initiales (que Maddie va croire venir d'une fiancée qui aurait éconduit Logan, et qui sera donc source de jalousie pour notre héroïne, même si elle s'en défend au début...). Logan a aussi la particularité de ne jamais rêver. Ses nuits sont des trous noirs profonds depuis toujours. Jusqu'à sa rencontre avec Maddie...Au niveau du caractère, Logan est assez taquin, en tout cas, avec Maddie. Il sait bien que ce n'est que le hasard si un jour une jeune fille de 16 ans a commencé à lui envoyer des lettres en le désignant comme son fiancé. Il s'est néanmoins fortement attaché à cette correspondance et a fini par l'attendre avec impatience durant cinq ans car à travers elle, il a appris à connaitre cette jeune inconnue, il s'est constitué une sorte de famille imaginaire (ce qui n'était pas difficile vu qu'il partait de zéro !). Ce fut donc un choc pour lui quand il a reçu la lettre où Maddie lui disait qu'elle devait le "tuer" car elle en avait marre de jouer ce double-jeu avec sa famille. Il a éprouvé beaucoup de colère et de ressentiment à son encontre face à sa "trahison" et c'est donc dans cet état d'esprit qu'il s'est un jour présenté à sa porte, quatre ans après sa "mort" sur le champ de bataille, pour réclamer son dû. Il savait que la jeune femme serait coincée car le repousser aurait été avouer qu'elle avait menti durant 9 ans à toute sa famille. Il ne va donc pas hésiter à lui faire du chantage.....Ce qu'il n'avait pas forcément prévu c'est qu'il finirait par tomber amoureux de Maddie, son charme, sa gentillesse, sa beauté, ses dons en dessin, son bon coeur envers les paysans écossais alors qu'elle est tout de même anglaise....Ah oui, et Logan n'est pas seulement un guerrier, il aime aussi les livres ! Le coup où il est en train de lire Orgueil et préjugés (contemporain à cette époque) sur le lit de Maddie a sans doute grandement accéléré le coup de coeur de la jeune femme pour lui !

"Ce n’était pas simplement un homme. C’était un homme. Un grand Écossais à l’allure imposante, vêtu de ce qui semblait être un uniforme militaire : un kilt d’un tartan vert bouteille et bleu, assorti de la traditionnelle veste rouge. Ses cheveux étaient trop longs (majoritairement bruns, striés de roux), et sa mâchoire volontaire arborait une barbe de plusieurs jours (majoritairement rousse, striée de brun). De larges épaules surmontaient un torse athlétique. Un simple sporran noir était accroché à sa taille, et une dague dans son fourreau chevauchait sa hanche. Deux jambes poilues et musclées disparaissaient dans des godillots noirs éraflés d’où dépassaient des chaussettes blanches. Maddie s’ordonna de ne pas le fixer des yeux. La bataille était perdue d’avance. Tout dans l’apparence de l’inconnu constituait un véritable assaut de virilité. 
— Bonjour, parvint-elle à articuler en exécutant une révérence maladroite. Il ne répondit ni ne s’inclina. Sans mot dire, il vint vers elle. Et, là où un gentleman bien élevé se serait arrêté, il s’approcha encore. Maddie fit passer son poids d’un pied sur l’autre avec anxiété. Au moins, il avait résolu son problème. Elle n’osait plus le dévisager, maintenant. Il s’immobilisa juste assez près pour que Maddie sente son odeur, mélange de whisky et de feu de bois, et aperçoive une bouche large et diabolique en travers de sa barbe. Au bout de plusieurs secondes, elle réussit à croiser son regard. Ses yeux étaient d’un bleu presque inquiétant. Le genre de bleu qui vous donnait l’impression d’avoir été lancé dans le ciel ou plongé dans de l’eau glacée. Jeté dans le vide sans espoir de retour. Rien d’agréable".

"— Vous. N’êtes. Pas. Réel. Tante Thea plaqua une main sur sa gorge. De l’autre, elle s’éventa avec vigueur. 
— C’est un miracle, assurément. Rendez-vous compte, on nous avait annoncé que vous étiez… 
— Mort ? acheva l’officier, une note d’ironie dans la voix. Son regard restait rivé à Maddie. 
— Je suis bien en vie. Touchez-moi, si vous voulez en avoir le cœur net. Le toucher ? Oh non. C’était hors de question. Personne ne toucherait personne. Mais, avant que Maddie ne comprenne ce qui se passait, il avait saisi sa main, qu’aucun gant ne protégeait, et l’avait attirée à l’intérieur de sa veste déboutonnée pour la presser contre sa poitrine. Ils se touchaient. Intimement. Une bouffée d’excitation instinctive et idiote la transperça. Elle n’avait jamais tenu la main d’un homme. Elle n’avait jamais senti la peau d’un homme contre la sienne. La curiosité était plus forte que ses objections. Sa main était large et solide, rugueuse, scarifiée et brûlée par la poudre à canon. Ces cicatrices trahissaient une existence de combats et de privations, tout autant que les doigts pâles et souillés d’encre de Maddie prouvaient que la sienne était faite de gribouillages… et d’aucune aventure. Il aplatit sa paume contre l’étoffe de sa chemise adoucie par l’usure. Dessous, son torse était d’une impressionnante fermeté. Et si chaud. Si réel. 
— Je ne suis pas un fantôme, mo chridhe. Juste un homme de chair et de sang. Mo chridhe. Si elle ne parlait pas couramment le gaélique, Maddie avait appris quelques mots et expressions au fil des années. Elle savait que mo chridhe signifiait "mon cœur".


4#-Les homards Fluffy et Rex : Lisant actuellement le 1er tome de cette série, je me rends compte que l'auteure a le chic pour inventer des "animaux de compagnie" particuliers à ses héroïnes. Pour le cas de Maddie, il s'agit donc d'un couple de homards que la jeune femme connait comme sa poche pour les avoir dessiner sous toutes les coutures. Elle est chargée de dessiner leur passage à la copulation (qui n'a pas encore eu lieu, en raison de la grande "timidité" de Fluffy la homarde), qu'à cela ne tienne, Maddie, pour patienter, a imaginer toute un carnet de positions sexuelles possibles pour ses homards, un vrai kama-sutra homardien....Nous pouvons comprendre aisément la surprise de Logan quand il est tombé sur cet ouvrage "osé" ! Le moment où Maddie se met à penser à ses homards alors qu'elle est dans les bras du highlander pour la première fois est aussi excellent ! Vous l'aurez compris, Fluffy et Rex ont un rôle essentiel dans ce livre et d'ailleurs, toute la troupe de soldats de Logan prend très au sérieux le bien-être de ces deux animaux marins, pour le plus grand plaisir de Maddie !



"— Il fait un froid de canard ici, dit-il. 
— Oui. Je ne peux pas chauffer à cause de Rex et de Fluffy. 
— Rex ? Et Fluffy ? 
— Les homards. Je croyais vous en avoir parlé hier soir. 
— Vous avez des homards qui s’appellent Rex et Fluffy ? 
— Ce n’est pas parce que je n’ai pas d’animal de compagnie traditionnel comme un chien ou un chat que les miens ne peuvent avoir de nom. Elle sourit. 
— J’aime bien la façon dont vous prononcez « Fluffy ». On entend « Floufy ». Ils sont là. Elle désigna un grand aquarium dans un coin de la pièce. L’eau qu’il renfermait sentait la mer. 
— Sont-ils au menu du dîner ? 
— Non ! Ils ne sont là que pour être observés. On m’a commandé l’illustration d’un cycle de vie complet. Le problème est que j’attends qu’ils se reproduisent. D’après le naturaliste qui m’a engagée, la femelle, Fluffy, doit d’abord muer. Ensuite, le mâle l’imprégnera de sa semence. Mon interrogation est donc la suivante : à quoi exactement ressemblera cet accouplement ? J’ai déjà esquissé plusieurs éventualités. Elle se dirigea vers une grande table encombrée et fouilla parmi une pile de papiers. Chaque page représentait un dessin de homards s’accouplant dans une position différente. Logan n’avait jamais rien vu de tel. Elle avait créé un manuel érotique du homard".

"Ce fut soudain beaucoup trop. Maddie se tortilla sous lui. 
— Je suis désolée. Réellement désolée. Je sais que cette entreprise est censée être purement physique. Impersonnelle. Mais je ne peux m’empêcher de penser aux homards. Il se laissa tomber sur le dos et resta immobile, à fixer le plafond. 
— Jusqu’à présent, je croyais que plus rien ne pouvait me surprendre au lit. Je me trompais. Elle se redressa et ramena les genoux contre sa poitrine. 
— Je suis celle qui s’est inventé un amant écossais, qui lui a écrit une myriade de lettres et qui a entretenu un mensonge élaboré pendant des années. Êtes-vous réellement surpris de me trouver bizarre ? 
— Peut-être pas. 
— Les homards se courtisent très longtemps avant de s’accoupler. Avant que le mâle puisse la toucher, la femelle doit se sentir suffisamment en sécurité pour muer. Si un crustacé hérissé de piquants mérite qu’on lui consacre des mois d’efforts, ne puis-je disposer d’un petit délai ? Je ne comprends pas ce qu’il y a d’urgent à ce coït".

"— J’observe toutes sortes de créatures depuis des années. Savez-vous ce que j’ai remarqué ? Celles qui se fabriquent les carapaces les plus dures et les plus solides pour se protéger… à l’intérieur, elles ne sont que de la bouillie".

5#-Le ton "décomplexé" du récit : Malgré le fait que le récit se passe en 1817, nos héros ont une manière de parler assez moderne, et en tout cas, sans être trop coincés ! Que ce soit Logan, bien entendu, en tant qu'homme et soldat, mais aussi la jolie et "innocente" Maddie, tout comme sa tante Thea ! C'était un pur délice à lire et a sans doute mis une pointe de décontraction appréciable à ce roman !

"— Quand je pense que ma petite Madling, à l’âge tendre de seize ans, a mis le grappin sur ce glorieux spécimen… Et moi qui croyais que tu ne faisais que ramasser des coquillages ! Tante Thea joua avec sa manchette. 
— Certes, tu nous as raconté des tas de choses sur ton capitaine, mais je supposais que tu exagérais ses qualités. Il semblerait qu’au contraire tu aies été bien modeste. Si j’avais trente ans de moins… 
— Tante Thea, s’il vous plaît. 
— Je comprends maintenant pourquoi tu as résisté au mariage pendant tout ce temps. Après un tel homme, qui aurait pu te séduire ?".

Pour conclure, j'ai adoré Mariage à l'écossaise qui est un joli coup de coeur pour moi ! Ce livre est frais, que ce soit avec les personnalités de Maddie ou de Logan, mais aussi par le ton léger du récit avec juste des scènes qui confrontent nos héros et les poussent de plus en plus l'un vers l'autre. L'idée du faux fiancé inventé par une jeune adolescente solitaire et rêveuse (qui veut éviter de se rendre aux invitations à des bals pour trouver un mari) était originale. Et bien évidemment, l'auteure américaine Tessa Dare titille notre curiosité quand elle fait réapparaître cet officier écossais imaginaire neuf ans plus tard en chair et en os pour réclamer la main de Maddie (et le château qui va avec...). Tous les deux connaissent la vérité et c'est donc avec délice que nous les voyons cohabiter dans une espèce de mascarade teintée de chantage et de stratégies, et finalement, au fur et à mesure des jours, commencer à tomber amoureux l'un de l'autre sans se l'avouer.....Notion spéciale aux deux homards, Fluffy et Rex, qui ont gagné la palme des animaux de compagnie les plus originaux, c'est le moins que l'on puisse dire ! Si vous aimez les belles histoires d'amour avec un scénario pittoresque, des scènes sensuelles mais aussi du romantisme et de l'humour, foncez ! Je vous recommande totalement ce livre !!!



Ma note : 18/20

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