vendredi 23 mars 2018

IL Y A QUELQU'UN DANS LA MAISON...


Patricia Darré
Les Editions Michel Lafon (2018)
264 pages

Synopsis :
Patricia Darré a déjà évoqué dans plusieurs livres les rapports avec l'au-delà que son don de médium lui permet d'entretenir.  Elle aborde ici le cas des maisons " hantées " dans lesquelles elle a été amenée à intervenir. Avec prudence ! Elle sait bien que l'esprit humain est capable de créer des visions qui sont plus du domaine des psys que du sien. Mais elle sait par ailleurs que certaines âmes, restées bloquées à l'heure de leur mort, continuent d'errer dans des demeures dont elles se croient encore propriétaires, faisant parfois vivre à leurs habitants un enfer...  Ce récit passionnant se lit comme un roman et donne à réfléchir... Vous n'y trouverez pas que des " fantômes ". Vous y découvrirez le lourd impact des murs dont la mémoire a engrangé trop de drames, les objets chargés de mauvaises intentions, ceux qui, dûment consacrés, ne supportent pas d'être dans un endroit profane et le font savoir... Mais vous apprendrez aussi que beaucoup de présences bienveillantes, que vous " ressentez " parfois, près de vous, sont là pour vous protéger : nous ne sommes jamais seuls.

« Dans notre société, en effet, on parle peu de la mort, on la craint comme un néant absolu. Même ceux qui croient en Dieu la redoutent, c’est un comble ! Pour ma part, à la lumière de mes expériences, j’ai juste la conviction que notre vie est éternelle. Quelle que soit la forme qu’elle prend après le trépas, la conscience d’un homme ne meurt pas. Bien des sociétés orientales ont totalement admis ce postulat mais notre société occidentale la réfute le plus souvent. Par ailleurs, ma formation journalistique me procure une curiosité qui me pousse toujours plus loin dans mes investigations. Je fouine, je cherche, et surtout, je ne me laisse pas impressionner. J’ai appris à être prudente ».

Dans ce nouveau livre, Patricia Darré aborde le sujet passionnant des « maisons hantées ». Il faut savoir, et l’auteure le précise elle aussi, que nous ne sommes jamais seuls chez nous, qu’il y a toujours des entités, des énergies, des ondes particulières, de passage, en transit ou solidement attachés aux murs de nos maisons. Selon la sensibilité des habitants, des évènements particuliers (comme le fait de faire des travaux dans la maison, de faire tomber des murs) ou tout simplement, d’amener un objet dans cette maison, tout cela va contribuer à la manifestation de certains événements surnaturels.


Evidemment, ce sont les éléments négatifs qui font parler d’eux, quand les habitants ressentent quelque chose qui les perturbe et les effraye (et parfois les blesse physiquement). On parle rarement des maisons qui « portent chance », qui nous étaient destinées et qui nous ressourcent…..Dans Il y a quelqu’un dans la maison, Patricia Darré aborde ces deux cas de figure, les maisons « négatives » et les maisons « positives », déjà par rapport à sa propre expérience avec sa maison à elle, dans laquelle elle se sent merveilleusement bien et qui la protège (car évidemment, en étant médium, on ramène parfois malgré soi les problèmes « paranormaux » des autres qui ont demandé à l’aide).

« Ces anecdotes qui inspirent plus les sourires que la peur ne m’avaient jamais alertée sur le fait que des esprits puissent avoir un impact sur notre corps. On connaissait leur possibilité d’agir sur la matière inanimée – des objets qui se déplacent tout seuls ou des portes qui claquent dans certaines situations –, mais pouvoir être saisie par une main invisible, je n’y croyais pas jusqu’au jour où cela m’est arrivé en libérant une demeure de ses miasmes. Une main invisible m’avait en effet retenue par le bras pendant quelques instants. Étrange et terrifiante sensation. De son côté, mon frère m’a confié avoir subi des croche-pieds venus de nulle part dans le château où il s’est installé il y a une vingtaine d’années. Il avait même été poussé par des mains immatérielles, une nuit où il parcourait les couloirs qui séparaient sa chambre des toilettes. Il en avait été très troublé pendant plusieurs jours. Tous ces phénomènes sont particulièrement inquiétants car ils laissent planer un risque jusque-là ignoré dans les cas de hantise : l’agression physique ».

Dans ce livre, Patricia Darré aborde tout d’abord le cas de ce château vieux de dix siècles, qui a vu passer des drames dans ses murs et qui semble toujours perturbé au point que le couple de gardiens de ce domaine va appeler à l’aide notre journaliste médium. Ses découvertes vont être pleines de rebondissements et fascinants.

Une autre histoire évoque la cohabitation entre Adèle, une vieille dame bien vivante et Ismérie, une jeune femme, décédée un siècle plus tôt et qui a été victime d’inceste. L’entité malheureuse a passé son temps à se cacher des hommes dans cette maison qui fut la sienne jusqu’à ce qu’Adèle deviennent veuve….

« – Vous savez, chère Adèle, l’emprise est insidieuse, on ne sait pas où elle commence ni où elle finit… Au début la présence d’Ismérie était réconfortante, un autre membre de la famille arrivait pour vous tenir compagnie. Elle vous faisait confiance et vous lui faisiez confiance, puis comme elle vivait cachée vous avez commencé à vous faire plus discrète dans le village, à inviter moins vos amis, comme pour répondre à son désir de solitude ».

Patricia Darré évoque également les objets possédés comme l’exemple de ce tabernacle d’église chiné par un père de famille dans une brocante qui va bouleverser la maison, en premier lieu les enfants de celui-ci, plus facilement attaquables que les adultes. Si vous cherchez du sensationnalisme, ce n’est pas dans ce livre que vous le trouverez car dans cette anecdote, par exemple point d’objet possédé par un démon, bien au contraire, comme quoi, les apparences sont parfois trompeuses….

Est-ce que ça vous arrive de perdre un objet alors que vous étiez persuadé de l’avoir déposé à un endroit, ou au contraire de trouver des objets qui n’ont rien à faire là où vous les trouvez, ou pire, des objets dont vous ignorez l’origine ?....Encore une fois, vous aurez une explication, ou en tout cas, une déduction de l’auteure par rapport à ces petites facéties du quotidien qui peuvent nous pourrir la vie (surtout quand on cherche des clés de voiture avant de partir à un rdv important) ou simplement vous faire sourire….

Le dernier cas évoqué dans ce livre est beaucoup plus poétique et pas du tout flippant, bien au contraire puisque nous retrouvons Patricia Darré en vacances dans une maison d’hôtes avec une amie et il s’avère que dans cette maison apparaît à certains clients un jeune homme fort poli et fort érudit qui leur fait la conversation quelques minutes dans un costume du XIXème siècle et qui leur dit systématiquement qu’il doit partir se rendre chez un ami avec son cheval…..

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-Une maison hantée = Une âme qui souffre : Cela est plutôt logique mais si vous entendez parler d’une maison où les habitants subissent des choses négatives qui les effrayent et peut même les blesser c’est qu’il y a quelque chose de louche à cet endroit. Les âmes sereines vont et viennent dans les maisons sans déranger les vivants, ou, à la rigueur, en leur laissant un petit indice de leur passage (comme le mari décédé qui laisse une plume pour sa femme sur le canapé etc), bref, pour revenir à un climat positif, il faut trouver l’entité qui est responsable de ce désordre et comprendre pourquoi elle agit comme cela. Patricia Darré évoque dans ce livre des gens qui ont vécu à une autre époque (souvent très lointaine) et qui ont vécu une injustice au moment de leur mort ce qui les enferme dans ce schéma répétitif de haine et de désir de vengeance (en fait, ils ne sont parfois même pas conscients d’être morts !)….Les habitants et les époques changent, mais de son côté, le soldat qui a été trahi et tué par l’un de ses hommes cherche toujours à retrouver le coupable et attaque « aveuglément » les énergies qui s’aventurent dans son domaine…..Patricia Darré nous explique ici les solutions que l’on peut trouver pour apaiser ces « pauvres diables » et il faut savoir que rien n’est plus puissant que la force d’intention. Si l’entité a vécu à une époque où la religion était omni-présente et très respectée par les gens, il faudra donc lui réciter des prières de sa religion (vive le latin !) pour que cela soit efficace et que cela le convainc de « lâcher prise » et « d’aller vers la lumière »….Nous avons tous notre libre arbitre, nous les vivants, mais eux aussi, les défunts….Et s’ils n’ont pas réalisé qu’ils sont morts ou bien s’ils sont trop enfermés dans des sentiments négatifs pour « passer à autre chose » et bien ils resteront enfermé dans « notre monde » car d’après ce que j’ai compris, avec toutes mes recherches personnelles, « là-haut » on accueille les gens mais on ne les force pas à venir : Libre arbitre, toujours….

« Les phénomènes de hantise ne dérogent pas à ce mécanisme si humain. Un fantôme est un être qui nie sa mort parce qu’il s’est enfermé dans ses propres mensonges et que, torturé par la peur et la solitude, il appelle, tout comme nous le faisons lorsque nous sommes au bout du rouleau, une âme secourable qui pourrait l’aider à trouver la lumière en lui ».

« J’entends des sortes de chuchotements provenant du cabinet de toilette. Je me retourne vers les gardiens.
– Vous entendez ? Ils acquiescent d’un signe de tête, et je lis l’inquiétude dans leurs regards. J’ouvre tout doucement la porte. La scène que je vois m’est imposée par mes yeux « de l’intérieur », elle m’apparaît floue, en deux dimensions, un peu comme une carte postale qui serait animée. Il y a là des enfants, approximativement âgés de deux à dix ans. Ils sont réunis et a priori se voient, ce qui me paraît pourtant peu probable étant donné qu’ils appartiennent à des époques différentes. Certains jouent à terre, certains sont debout. Le décor n’est plus celui d’un cabinet de toilette, mais d’une geôle, sinistre et sale. Les enfants sont blêmes et sans vie mais s’amusent ensemble. Une fillette coiffe un plus petit. Ils sont tous assis à même le sol, et ne me voient pas. Au cours des siècles passés ces enfants sont morts dans ce lieu, et au moment de partir, telles certaines autres âmes ici, ils ont été retenus comme monnaie d’échange, dans l’attente du jour où quelqu’un viendrait négocier. Qui, au cours des siècles, a été informé de cette réalité ? ».

« J’en déduis que chaque fois qu’un enfant décédait aux abords du château, il ne partait pas vers la lumière mais restait prisonnier, et qu’il en est de même pour les adultes, retenus par une âme si puissante qu’elle parvient à imposer ses lois aux morts comme aux vivants. Je referme la porte, bouleversée ».

« Je savais que l’accès à cette histoire était religieux. Il me fallait trouver le « code » correspondant. Je ne suis pas attachée à une religion particulière mais elles ont toutes un code d’accès. On n’exorcise pas un musulman avec un crucifix, pas plus qu’un juif avec des sourates du Coran. On libère les âmes avec les symboles qu’elles connaissent et dont parfois elles se nourrissent ».

2#-Pourquoi les « fantômes » ne sont-ils tous pas vu par tout le monde ? : Il y a des exemples concrets dans le livre de Patricia Darré notamment avec le cas de Joseph de Malemont, ce jeune homme du XIXème siècle qui continue à « vivre » chez lui. Il apparaît donc à certains clients de la maison d’hôtes (qu’est devenue sa maison familiale à notre époque actuelle) et se permet même de discuter avec eux des œuvres de Flaubert, par exemple….Si certains clients ne sont pas effrayés par ce « fantôme », c’est qu’en fait, il leur apparaît plus vrai que nature, comme s’il était vraiment vivant (« vraiment vivant »…Bizarre comme formule de phrase, non ?). Les propriétaires de la maison d’hôtes, quant à eux, ne l’ont jamais vu car ils n’ont pas la sensibilité nécessaire et à priori, sont totalement fermés à la possibilité de l’existence des « fantômes »…Par contre, il y a une cliente, une vieille habituée, une retraitée érudit qui vient souvent dans cette maison, qui considère maintenant Joseph comme un « ami »….Evidemment Patricia Darré va elle aussi rencontrer Joseph, contrairement à son amie avec qui elle est partie en week-end, qui elle, ne le voit pas, mais qui trouve qu’il est « beau gosse » sur le tableau qui le représente accroché au mur (ce tableau a un rôle important dans la manifestation de Joseph dans cette maison)….Donc, oui, pour revenir à la question de comprendre pourquoi les fantômes n’apparaissent pas à certaines personnes et bien je vous dirai qu’il n’existe qu’une seule Céline Dion, que néanmoins, il y a beaucoup de gens qui chantent très bien, il y a des gens qui savent chanter mais n’osent pas le faire en public, et enfin, il y a ceux qui chantent faux (et qui, soit se taisent car ils ont conscience de leur voix horrible, soit ils enquiquinent tout le monde), pour la médiumnité c’est pareil. Nous avons tous la capacité de chanter, mais rares sont ceux qui deviennent Céline Dion. Ceux qui ont une voix horrible ou qui ont peur de chanter fermeront toujours la bouche et vous aurez beau les supplier de chanter quelques notes, non, jamais ils ne chanteront. Donc pour eux, la médiumnité c’est : « non, les fantômes, c’est des conneries, ça n’existe pas, je ne crois que ce que je vois et arrêtez de me faire chier avec vos inepties ! ». J’en reviens aussi au libre arbitre : Si vous êtes ouverts à l’éventualité de l’existence de l’au-delà, c’est déjà un grand pas en avant et vous serez donc plus réceptifs, tout simplement. Tout comme les gens qui subissent malgré eux leur médiumnité (notamment les enfants), il suffit de demander à « tout couper » et généralement, les capacités s’arrêtent ou se mettent en pause, en attendant de pouvoir les assumer pleinement car évidemment, quand on est médium, on n’est pas aux 35 heures….Et si on ne demande pas expressément à « sa hiérarchie » de ne pas être dérangé la nuit par des messages de défunts, et bien il faut savoir que pour eux, le temps n’a pas le même sens physique que le nôtre et vous risquez de passer des nuits blanches….

« Je me suis toujours demandé pourquoi on trouve plus de fantômes en Angleterre, ou du moins pourquoi on en parle plus là-bas qu’ici.
– Outre les raisons qui tiennent à une autre culture, je pense que c’est un fait assez physique, déclarai-je. 
– Que voulez-vous dire ?
– Eh bien, c’est une explication personnelle qui vaut ce qu’elle vaut, mais pour qu’il y ait des chances de voir un fantôme, il faut que l’atmosphère soit très humide, plutôt fraîche, et avec assez peu de lumière. Si l’on observe les caprices de la météo alliés à la configuration des châteaux d’outre-Manche, les conditions sont plutôt réunies.
– Je n’y avais jamais pensé… dit Adèle, songeuse. La maison est ancienne, plutôt humide, les pièces ne sont pas très lumineuses, et l’hiver, j’ai quelques soucis pour les chauffer correctement.
– Mais continuons, si vous le voulez bien, insistai-je. J’ai hâte d’en savoir plus ».

3#-Les objets « possédés » : Patricia Darré consacre un certain nombre de page à propos de ces objets « maudits ». Certains sont très célèbres, d’autres plus confidentiels. Quoi qu’il en soit, moi, ça ne me donne pas envie d’aller chez un brocanteur récupérer un vieux meuble ! Patricia Darré nous met aussi en garde contre les objets qui ont été fabriqués dans un but précis, notamment les objets de culte, et que ceux-ci doivent être traités avec respect et ne surtout pas être utilisés comme objets du quotidien….Ca me fait penser que dans le vieux bâtiment de notre terrain que nous sommes en train de retaper, mon mari a trouvé une pierre gravé avec un nom….Nous, on a supposé que c’était peut-être l’un des anciens propriétaires qui avait gravé la pierre, en souvenir (comme nous, nous allons le faire quand le bâtiment sera de nouveau reconstruit, avec notre nom + l’année), mais en fait, on a appris il y a quelques semaines que cette pierre gravé correspondrait plus à une partie de pierre tombale du cimetière à côté…Okaaaayyyy…..Oui, bon, bah on va se débarrasser de cette pierre, du coup !

« – Il faut que vous sachiez, Nicolas, que les objets de culte ou rituels n’ont pas leur place dans une maison d’habitation. Ces objets ont été consacrés, ce qui veut dire qu’ils ne sont voués qu’au culte, pas à la décoration. Leur énergie est particulière et peu compatible avec celle de notre environnement.
– On m’a dit que l’on pouvait nettoyer certains objets qui vibrent mal, hasarda Anne-​Sophie. Je protestai assez vivement.
– Un tabernacle n’est pas une bague ou un bracelet. Il a été conçu afin d’abriter le ciboire et les hosties sur l’autel. Il est chargé de cette fonction et ne peut en exercer une autre. Il ne s’agit pas de superstition, mais d’énergie réelle. En fonction de sa « consécration », ce tabernacle vibre sur une certaine fréquence. Ses ondes sont des ondes abstraites, en opposition aux ondes concrètes que l’on peut mesurer, comme celles d’internet, du téléphone ou de la télé, mais elles n’en sont pas moins actives pour autant.
– Vous vouliez le voir pour quoi ? me demanda Nicolas.
– Je me pose des questions sur tout ce qui est entré dans votre maison depuis deux mois.
– L’objet maudit du grenier qui va faire entrer les démons comme dans les films d’horreur ! plaisanta Nicolas.
– Arrête ! s’écria Anne-Sophie. On est bien assez embêtés comme ça. Je t’avais dit de te débarrasser de ce truc…
– Pour l’instant il n’est pas prouvé que c’est le tabernacle qui descend du grenier pour nous donner des baffes, ironisa Nicolas. En revanche si vous me dites qu’il faut s’en débarrasser…
– J’ai besoin de comprendre avant, répondis-​je, pour les calmer un peu. Je m’accroupis pour toucher l’objet et ressentis un froid intense. J’en frissonnai ouvertement.
– Vous ressentez quelque chose ? s’inquiéta Anne-Sophie.
– Oui… Ce n’est pas très positif. Je regardai de plus près le tabernacle et eus une étrange sensation ».

« Un voisin m’aida à remiser le tabernacle dans une cabane à l’extérieur de ma maison.
– Qu’est-ce que vous allez faire avec ce machin-là ? me demanda-t-il. Il paraît que ça porte malheur d’avoir ça chez soi.
– Vous croyez à ces histoires ? demandai-je, surprise.
– Je n’en sais trop rien mais je l’ai toujours entendu dire, répondit-il avant de prendre congé. Ma maison a toujours été l’antre de mes découvertes, et c’est ainsi qu’ossements, crânes et autres trouvailles archéologiques ont transité, avec l’aide d’un ami archéologue, par mon salon sans jamais me créer le moindre souci, à part les récriminations de mon fils qui lui ne supportait pas que notre habitation devienne un ossuaire ».

« Il en va de même pour les maisons que j’appelle « traumatisées ». En entrant dans le lieu, on ressent presque immédiatement non seulement une atmosphère lourde, mais une information qui nous indique qu’un drame s’est déroulé en cet endroit. On peut y ressentir les ondes d’un assassinat ou d’un suicide, non parce qu’un esprit est forcément bloqué dans cet espace, mais parce qu’un acte traumatique laisse une marque. Comme si la trace de ce drame flottait à l’endroit où cela s’est passé. Une espèce de magma vibratoire, où toutes sortes d’informations émettent en permanence. Il faut beaucoup de force et de positivité pour en venir à bout, car les petits nettoyages effectués par des brûlages d’herbes et des prières ne pèsent pas lourd devant la force de l’enregistrement. Lorsqu’on achète une maison, il est essentiel d’en connaître l’histoire, surtout si celle-ci est dramatique. L’importance du lieu est capitale. Les friches industrielles, les établissements de soins tels que les hôpitaux et certains lieux dits « sacrés » ne sont guère recommandés pour en faire des lieux de vie. Les friches industrielles et les hôpitaux, à cause des mémoires peu harmonieuses ; quant aux lieux sacrés, ils n’ont jamais été conçus pour être des habitations, ils doivent rester voués au culte pour lequel ils ont été conçus. Ces lieux consacrés ont été construits avec une intention particulière. Les ondes abstraites émises par la pensée, la prière ou au cours de rituels religieux ont une véritable influence, qui peut se révéler terrible en cas de sacrilège. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter aux pyramides et leurs accès « interdits » qui ont projeté de grandes malédictions sur ceux qui ont osé transgresser cette interdiction. En 1922, lorsque Lord Carnarvon et Howard Carter découvrent le tombeau de Toutankhamon, ils ne peuvent ignorer l’inscription qui se trouve à l’entrée : « La mort touchera de ses ailes celui qui touchera le pharaon. » Durant les dix ans que durèrent les travaux d’ouverture des chambres du tombeau, dix-huit personnes qui avaient initié ce grand travail moururent tragiquement. Il en est de même pour les sanctuaires que sont églises ou chapelles désaffectées dont certaines sont à vendre mais qui ne peuvent être des lieux de vie harmonieux et se transforment en « maisons à cancer ». Ces endroits « frappés d’interdiction » ont en quelque sorte décidé de refuser toute autre fonction que celle qui leur a été attribuée lors de leur construction ».

4#-Comment les entités voient leur réalité à eux : Et oui, il faut aussi se demander comment ça se passe pour eux et comment ils nous perçoivent, finalement….Il ne faut pas imaginer un fantôme comme l’homme invisible qui vous mate dans vergogne sans que vous le sachiez, c’est beaucoup plus complexe que cela et surtout, il y a pleins de cas différents. Dans son livre, Patricia Darré évoque notamment, Joseph de Malemont, le jeune homme qui se croit encore chez lui et qui discute avec les vivants comme s’ils étaient des invités de ses parents. On comprend que celui-ci, en fait, répète toujours les mêmes actions à l’infini sans réaliser qu’il est mort et qu’il n’a pas vu ses parents depuis des décennies (puisque eux, sont morts aussi, depuis le temps, évidemment !) mais pour lui, ils sont tous encore en vie, il est toujours dans son époque du XIXème siècle et il s’étonne qu’ils aient beaucoup d’invités de passage chez eux ! Joseph a l’esprit confus quand il s’agit de parler de lui-même, il est beaucoup plus à l’aise en discutant de littérature. Un autre exemple cité dans le livre, c’est le jeune prêtre qui a été tué par les révolutionnaires qui croit encore faire la messe devant un public mais a gardé en mémoire l’agression dont il a été victime et est prêt à se défendre dès qu’il ressent une menace….Il s’avère que la menace, c’est une famille avec des enfants, mais peu importe, lui, dans sa réalité, il ne les voit pas comme cela et pense que ce sont des révolutionnaires venus le tuer. Comme cette famille du XXIème siècle n’est pas du tout pratiquante, ses vibrations doivent plus ressembler à l’état d’esprit des révolutionnaires qui rejetaient le clergé à cette époque trouble de la Révolution Française, et du coup, ce prêtre se défend contre eux en les agressant….Evidemment, tout ceci n’est que suppositions mais cela se tient, dans la logique des choses et de la manière dont fonctionne le cerveau humain. Si les fantômes qui causent le trouble dans les maisons sont des entités perturbées, leurs jugements peuvent être faussés et vouloir commencer un dialogue avec eux équivaut à s’adresser à quelqu’un qui a un trouble psychiatrique dans le monde des vivants, ou un tout cas, un fort traumatisme émotionnel….Difficile de faire entendre raison à quelqu’un de dépressif….Et bien c’est sans doute pareil pour ces entités et la seule manière de les toucher c’est d’aller dans l’émotionnel et des « déclencheurs » qui leur sont propres.

« En effet, il y priait et y faisait la messe devant ses paroissiens recréés par la force de ses pensées. Dès qu’il sentait une menace extérieure, il ne se laissait plus faire mais frappait l’agresseur qu’il n’identifiait pas, mais qu’il ressentait fortement comme adverse. J’avais compris que même si Anne-Sophie et Nicolas étaient baptisés dans la religion catholique, ils n’étaient pas très fervents et se dispensaient de toute pratique religieuse. Le prêtre n’a donc senti chez eux aucune vibration familière mais au contraire s’est cru de nouveau en danger, et plutôt que de se faire capturer et frapper, il a décidé de frapper en premier. Certes, il n’est pas venu griffer un petit garçon, en gifler un autre, secouer un canapé ou encore tirer la queue-de-cheval d’une femme ou pousser un homme contre son vélo, il a juste, dans la dimension altérée dans laquelle il existait, visualisé des individus différents, qui ressemblaient à ceux qui lui voulaient du mal. Seule la vibration, et non plus l’image prévaut dans le paranormal. Il ressentait une menace et attaquait avant de s’enfermer dans son église qui n’était autre que l’intérieur d’un tabernacle. Son esprit avait choisi un endroit saint et protégé, qui abritait en son temps le ciboire et les hosties ».

« Je voyais l’intérieur d’un tabernacle, mais pour lui c’était l’intérieur de son église. C’est difficile à comprendre, un peu comme si l’intérieur de votre maison n’était, dans une autre réalité, que l’intérieur d’une boîte d’allumettes. Ce qui explique que des lieux ou des objets peuvent être perçus par une entité comme des espaces vastes ou infinis ».

« J’eus l’impression de les ouvrir brutalement pour apercevoir, dans la lumière diffuse que filtrait la fenêtre, quelqu’un, debout à deux ou trois mètres de mon lit. J’allumai la lampe à portée de main.
– Joseph de Malemont !
– Lui-même ! J’espère ne pas vous avoir à nouveau effrayée ! me dit-il en s’asseyant sur la chaise près du guéridon. Je le voyais parfaitement bien. Très élégant, avec sa redingote, sa lavallière, ses bottes et sa cravache. Son visage était pâle mais beau, sous cette épaisse chevelure de jais qui tombait en boucles. Une trentaine d’années, et beaucoup d’aisance dans son comportement. 
– Je dois aller dîner chez un ami. Vous êtes une amie de ma mère ?
– Heu non… Je suis de passage.
– C’est incroyable le nombre de gens de passage dans cette maison, murmura-t-il, pensif.
– Nous nous sommes déjà vus hier, je crois.
– Hier ? Sans doute… Pardonnez-moi mais c’est fou ce que je peux perdre la mémoire en ce qui concerne mes journées. Sans doute parce que je n’y fais pas grand-chose. J’aurais voulu prendre une photo, fixer cet instant incroyable. Il était là, à deux pas, je pouvais presque le toucher. Je remontai les couvertures, il faisait froid.
– Vous avez froid, mais il fait froid en cette saison. Le froid ne donne rien de bon pour les poumons. Je notai cette phrase déjà entendue dans la bouche d’Eva.
– Vous avez déjà été malade des poumons ?
– Moi ? Non… Je ne crois pas, mais je ne sais plus très bien. Il me parlait, très clairement, comme s’il était incarné tout comme moi, mais ses idées semblaient réduites, son raisonnement, limité par une sorte d’amnésie et des paroles répétitives. Il frappait machinalement sa cravache dans sa main, en me regardant. Des coups rythmés retentirent sur la porte, qui me réveillèrent en sursaut ».

5#-Les agressions physiques : C’est ce qui est le plus flippant avec les manifestations surnaturels, évidemment ! Dans ce livre, Patricia Darré évoque encore le cas des paralysies du sommeil. C’est un sujet qui me touche particulièrement puisque je dois bien en faire au minimum deux par an….La dernière date du mois de janvier et j’ai l’impression que c’est la même voix de vieille femme agressive que les deux autres dernières fois (et cette fois-ci, je me rappelle de ce qu’elle me disait ! contrairement aux autres fois…). Enfin bref, c’est hyper flippant, même si c’est assez facile de mettre fin à cette « attaque » (personnellement, je demande de l’aide à mes guides et à l’archange St Michel, c’est immédiat, je sens le poids qui pesait sur mon dos « s’évaporer »). Mais ce que je ne sais pas faire, c’est éviter que ça se produise….Je peux vous dire que j’ai du mal à ma rendormir après ça ! Ah oui, et ça m’est arrivé quelques fois de me réveiller avec des griffures, notamment à la nuque (mais pas au même moment que les paralysies du sommeil)….Ces griffures sont tellement douloureuses que ça me brûle durant toute la journée….A ce niveau-là, impossible de dire si ce n’est pas moi qui me les suis faites durant mon sommeil mais quoi qu’il en soit, c’est très ennuyeux de se lever le matin avec ça….

« Se sentir poussée, saisie, touchée par une force voire une main – parfois, on peut même distinguer la pression des doigts – est une sensation extrêmement traumatisante. Des gens souffrant de paralysie du sommeil, un état non expliqué par la médecine officielle, connaissent ce genre d’expérience. Durant la nuit, ils sont conscients et réveillés mais incapables de bouger, car presque complètement paralysés, avec une sensation d’oppression, des hallucinations auditives et visuelles, suffocant avec une impression de mort imminente, car hélas, ce sont toujours les mêmes manifestations négatives qui font surface. Or, ces gens, d’habitude, ne souffrent d’aucun trouble clinique, ni psychique. On a décrit ces paralysies dès l’Antiquité, et elles demeurent toujours inexpliquées. Les victimes de ces paralysies du sommeil, qui chez certains sont récurrentes et chez d’autres ne se produisent qu’une seule fois dans leur vie, témoignent parfois d’agressions physiques voire de viol. Vous imaginez la considération dont peut faire l’objet celui ou celle qui va raconter avoir été violé par… un fantôme ! Alors ils se taisent et dépriment. Certains viennent se confier à moi et je les crois, car je sais que l’autre dimension est invisible mais pas immatérielle. Cela dit, il faut de l’autre côté une force négative assez considérable pour avoir la capacité d’exercer une pression physique sur un humain incarné ».

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
Le dénigrement des autres médiums : C’est récurent chez Patricia Darré, il faut systématiquement qu’elle envoie des piques sur ses « collègues »….Alors certes, tous les médiums ne sont pas des gens honnêtes et certains sont des escrocs - ni plus ni moins - mais on peut dire la même chose avec les garagistes, les plombiers ou même les vendeurs  à domicile (l’esthéticienne de ma grand-mère qui lui vendait des pots de crème miracle hors de prix contre les rides…Ma grand-mère avait 90 ans….C’est vraiment pas glorieux de la part de cette sale bonne femme d’abuser ainsi de la crédulité d’une petite vieille…). Bref, nous vivons dans un monde où il y a beaucoup de gens qui sont prêts à tout pour se faire de l’argent, souvent aux détriments des autres (des plus faibles ou des plus crédules) mais du coup, j’avoue que j’ai du mal avec le discours de Patricia Darré qui n’accepte pas que certains médiums se fassent payer leurs consultations…..Après tout, si tous les actes « qui apaisent et font du bien » doivent être donnés gratuitement, pourquoi les médecins se font aussi payer ?! Leur but est de sauver des vies, non ? Pourquoi on les paye pour se faire soigner notre cancer ?....Bref, tout ça pour dire que lorsque Patricia Darré tape systématiquement sur les médiums qui se font payer et qu’elle insiste lourdement sur le fait qu’elle entend et voit des « choses » mais qu’il faut toujours avoir le doute et ne pas rester dans ses idées préconçues (autant dans le septicisme borné que dans la crédulité aveugle) et bien je trouve que cela apporte de l’eau au moulin à ceux qui doutent, justement, qui se moquent et sont même condescendants avec les gens qui croient en l’existence de l’au-delà…..Ce n’est pas en tapant sur ses petits copains médiums qu’elle va rendre la « profession » populaire, bien au contraire !

« Dès que j’ai commencé à être en contact avec des gens censés être décédés, j’ai cherché à savoir pourquoi cela était possible, pourquoi je ne captais jamais les mêmes choses en fonction des personnes, de leur culture, pourquoi certains ne partaient pas dans une autre dimension mais décidaient de rester sur notre plan vibratoire, pourquoi d’autres ne savaient même pas qu’ils étaient morts ».

« Finalement, je ne devrais pas critiquer ceux qui se moquent de moi car devant pareil bouleversement de ma tranquillité nocturne j’ai réagi comme eux : je me suis crue folle. Je n’ignorais pas qu’entendre des voix pouvait être un signe de schizophrénie et la première chose que je fis fut d’aller consulter un psychiatre. Celui-ci m’interrogea longuement, ne trouva rien de bizarre dans mon comportement… jusqu’à ce que, mue par une sorte d’intuition, je me mette à lui livrer des détails sur son existence que, semble-t-il, lui seul connaissait. Un instant déstabilisé, il me réaffirma cependant que je n’étais nullement schizophrène et que tout cela correspondait plutôt à un état de « transe médiumnique », me conseillant de me renseigner sur le sujet, dont il n’était évidemment pas spécialiste ».

Pour conclure, C’est le 4ème livre de Patricia Darré que je lis et je dois dire que je suis toujours autant emportée dans ses récits et ses témoignages. Dans « Il y a quelqu’un dans la maison » la journaliste médium aborde le sujet des entités qui vont et viennent chez chacun d’entre nous, à notre insu pour la plupart du temps mais qui peuvent aussi causer des désagréments en terrorisant les habitants notamment les enfants qui sont généralement plus sensibles que les adultes au monde de l’invisible. Ce livre n’est pas là pour faire peur, bien au contraire, mais pour rassurer les gens qui vivraient des « choses bizarres » chez eux et comptez sur « Patricia la journaliste » pour essayer de trouver d’abord toutes les causes « rationnelles » avant de laisser agir « Patricia la médium » dans ses « investigations.  Certains témoignages m’ont fait sourire notamment le cas de cette famille où le père est un grand septique, malgré qu’il ait été lui-même témoin et même la cible d’attaques paranormales mais qui continue à nier l’évidence....J’ai par contre été très touchée par l’histoire de Joseph  de Malemont, ce beau jeune homme qui semble ignorer qu’il est mort et qui répète sans cesse les dernières heures heureuses de son existence, existence qui a pourtant pris fin au cours du XIXème siècle mais celui-ci ne semble pas plus que cela perturbé par le nombre de gens qui défilent dans sa maison (qui est maintenant devenue une maison d’hôtes) et qui pense tout simplement que ces clients du XXIème siècle sont des invités de passage de son père à qui il doit - par politesse - adresser quelques mots et qui peut même parfois aborder des sujets de discussion comme la littérature avec les plus réceptifs (et les moins effrayés)….Quoi qu’il en soit, je ressors ravie de ma lecture, et nullement effrayée (même si j’ai quand même évité de le lire le soir, avant de me coucher, faut pas déconner non plus…) et je vous conseille totalement cette lecture. 

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