jeudi 24 août 2017

LA CHASSE EST OUVERTE


Linda Howard
Les Editions Michel Lafon (2002)
Sortie originale 2001
352 pages

Synopsis :
Bibliothécaire dans une bourgade américaine, Daisy Minor s'ennuie. D'ailleurs, elle-même est plutôt ennuyeuse. La frivolité d'une nonne. Le sex-appeal d'une souris. Sa vie amoureuse ? L'Alaska. A trente-quatre ans, elle estime qu'il est grand temps de réagir. Et voilà qu'elle décide de partir à l'aventure... ou plutôt, en quête d'aventures Sentimentales. Mais un soir, la douce Daisy est témoin d'une scène qu'elle n'était pas supposée voir. Et à peine a-t-elle entrepris sa chasse à l'homme qu'elle se retrouve gibier...

"Insipide. Ce mot la frappa avec la force d’une révélation. Comme si elle et lui ne faisaient qu’un. Il fallait se rendre à l’évidence : ses vêtements étaient insipides, ses cheveux étaient insipides, son visage était insipide, sa vie entière était insipide. Vieille fille de trente-quatre ans, bibliothécaire dans une petite ville de province et vierge de surcroît. Insipide à souhait".

Linda Howard est l'une des mes auteures préférées qui écrit depuis les années 80 et que je n'ai découvert que depuis quelques mois, et même si ce livre, La chasse est ouverte, n'est pas l'un de ses meilleurs, j'ai quand même passé un agréable moment de lecture en compagnie de Daisy et de Jack.

L'histoire se déroule dans le Sud des Etats Unis, en Alabama, où nous suivons Daisy, responsable de la bibliothèque de la petite ville de Hillsboro. Elle vit avec sa mère et sa tante et s'est autoproclamée "vieille fille" puisque, à 34 ans, elle n'a jamais eu de relations avec un homme. 

"Son pyjama en tissu-éponge était beaucoup trop grand. Un cadeau de Noël de maman, qu’elle n’avait osé échanger de peur de la vexer. Qu’on lui offre encore de tels présents était symptomatique. Une nuisette transparente, une chemise de nuit en satin, un déshabillé en dentelle ? Vous n’y pensez pas. Un pyjama en tissu-éponge faisait très bien l’affaire avec Daisy Minor".

Le jour de son anniversaire, elle réalise qu'il est peut-être temps de changer pour essayer de se trouver un homme car mine de rien, son rêve est de fonder une famille avec un mari aimant et ce n'est pas en restant cloitrée chez sa mère que cela va arriver.....Quand elle l'annonce à sa mère et sa tante, ces deux-là sont folles de joie ! Elles vont lui recommander Todd, qui est homosexuel, selon elles et qui est donc à même de lui donner des conseils pour s'habiller, se maquiller et sortir à la "chasse à l'homme".

Daisy va donc passer de la brune aux vêtements de "mémé" à une belle blonde BCBG aux allures distinguées mais à la volonté farouche de trouver un homme.

Tout pourrait se dérouler parfaitement si le chef de la police, Jack Russo, un yankee qui vient de s'installer en ville ne s'intéressait pas de plus en plus à elle....D'abord, il la titille quand elle a son look de bibliothécaire, alors une fois transformée en bombe sexuelle, pas de doute, Jack veut absolument de Daisy dans son lit !

"Elle pressa le pas, un brin choquée qu’on se permette de crier dans une bibliothèque, même déserte. 
— Oui, je suis là. Inutile de hurler. C’était Jack Russo, le chef de la police. Elle le connaissait de vue, mais ne lui avait jamais adressé la parole, et regrettait d’avoir à le faire. Pourquoi le maire n’avait-il pas promu un flic de Hillsboro au lieu d’embaucher ce rouleur de mécaniques sorti de nulle part ? 
— Je n’aurais pas élevé la voix si j’avais vu quelqu’un, dit-il sèchement. 
— Mais vous auriez trouvé porte close s’il n’y avait personne, rétorqua-t-elle. Le chef Russo n’était pas vilain, si l’on aimait les cous de taureaux et les larges épaules, ce qui n’était pas vraiment le cas de Daisy. À ses yeux, on ne développait pas une telle musculature sans une bonne dose de narcissisme. Elle peinait à lui donner un âge. Son visage était lisse, hormis de petites pattes-d’oie autour des yeux. Ses cheveux ras et noirs grisonnaient aux tempes. Il avait sans conteste passé l’âge de soulever des poids toute la journée. Son regard était insolent, et ses lèvres semblaient prédisposées aux moues narquoises. Pour ne rien arranger, c’était un Yankee – on le disait de New York ou de Chicago –, avec tout ce que cela impliquait de lourdeur et de rudesse. Elle soupira. En vérité, ce type avait réuni quantité de partisans autour de sa personne en très peu de temps. Le maire Nolan l’adorait, le conseil municipal lui était acquis, et les femmes célibataires, à ce qu’on disait, voyaient en lui le prince charmant. 
— Que puis-je pour vous ? demanda-t-elle sur un ton de bibliothécaire, à la fois distant et serviable".


Se persuadant que Jack n'est "pas du tout son type", Daisy va arpenter les boites de nuit et un soir, sur le parking, elle va assister à une scène "bizarre" sans se rendre compte qu'elle a été repérée et maintenant, elle a des malfrats à ses trousse pour la "faire taire"....Heureusement, elle va pouvoir compter sur Jack qui est de plus en plus accroché à elle.....

"Elle ne considérait pas Jack comme un ami, s’alarmait à l’idée qu’il puisse la draguer, et redoutait par-dessus tout que sa famille les croie amants… Elle n’était pas au bout de ses peines, car Jack Russo ne supportait pas que quelqu’un lui résiste, a fortiori une belle plante comme elle. Il devinait que sous la glace couvaient des braises ; avec un peu de pratique, Daisy Minor ne tarderait pas à révéler la tigresse qui sommeillait en elle. Et il était bien décidé à lui servir d’entraîneur. Jack n’avait pas eu de liaison sérieuse depuis son divorce. Les rapports amoureux demandent des efforts et de la disponibilité, et il n’était pas prêt à en offrir. Du moins, jusqu’à ce jour. Car Daisy était différente des autres. Elle était à la fois honnête et compliquée, naïve et érudite, cinglante quand on la provoquait, mais foncièrement gentille – une qualité rare. Bref, elle lui plaisait. Or tout indiquait qu’elle cherchait un homme : sa transformation physique et vestimentaire, ses virées en boîte… Restait seulement à la convaincre que Jack Russo était son type d’homme. Et ce n’était pas gagné. Mais alors pas du tout. En attendant, il allait devoir veiller sur elle, et ce serait un job à temps plein. Non content de sillonner les clubs de la région à la recherche d’un violeur en série, il faudrait tenir à l’œil les rencontres de sa protégée, qui s’annonçaient nombreuses. Avec ses nouveaux appas, elle allait faire des ravages. Le jeu serait éprouvant, mais il en valait la chandelle".

Ce que j'ai aimé dans ce livre :
1#-Jack, un héros "Howardien" : Allons bon, l'un des éléments majeurs des oeuvres de Linda Howard c'est son héros masculin qui est toujours du même acabit, c'est à dire très "manly man", souvent bourru, musclé, brun et pour certains, il peut avoir le sens de l'humour et du sarcasme, comme c'est le cas cette fois-ci. En fait, Jack me fait beaucoup penser à Sam, le héros de son autre oeuvre Mr Perfect. C'est très touchant la manière dont il s'attache peu à peu à Daisy. Il est certes d'abord par cette "vieille fille revêche" qui travaille à la bibliothèque (juste à côté du commissariat) mais ensuite, quand la jeune femme opère sa transformation physique, notre héros réalise qu'il n'y a pas que le caractère enflammé et pas commode qui l'attire chez elle.....Même aux moments où il y avait de la tension et du danger, Jack s'est toujours évertué à protéger Daisy. Je le redis, c'est vraiment un héros "howardien" comme je les aime, macho au coeur tendre.... 

"— Alors, où est le problème ? 
— Nulle part. Il n’y a aucun problème. Et je ne suis pas venu vous interroger. Je vous ai seulement proposé de faire un tour avec moi. Vous vous attendiez peut-être à vous faire cuisiner pendant des heures au commissariat, avec une lampe braquée sur le visage ? 
— C’est un comble ! Vous m’avez quasiment ordonné de monter avec vous. Vous avez dit : « Venez donc faire un tour avec moi. » En général, quand un flic dit ça à la télé, c’est qu’il est venu arrêter la personne. 
— Que voulez-vous, les dialoguistes doivent manquer d’inspiration".


2#-L'humour : Une vieille fille qui essaye de se dévergonder, bien entendu, nous allions assister à des situations cocasses ! Je pense notamment aux critères de la mère et la tante de Daisy pour savoir reconnaître un gay mais aussi aux tentatives de notre héroïne pour montrer qu'elle est "open" avec tous ses préservatifs achetés à la vue et aux sus de tout le monde (et dans une petite ville comme la leur, ça va vite de se faire une nouvelle réputation), et enfin, les passages avec le chiot Midas, le labrador, qui devait servir de chien de défense pour Daisy mais qui, finalement, ne leur sert pas à grand chose......

"— J’espère qu’Evelyn et Joella vont bien, dit cette dernière, façon grossière d’amorcer la pompe à confidences. Puis elle découvrit la nature de la boîte que sa cliente tenait entre les mains. 
— Daisy Minor ! glapit-elle. 
— Je paye en espèces, répondit l’intéressée tout en exhibant des billets afin d’accélérer le processus. Elle avait cru pouvoir garder son sang-froid, mais des bouffées de chaleur lui démontraient le contraire. À voir la mine ahurie de Barbara, on aurait cru qu’elle n’avait jamais vendu de préservatifs de sa vie. 
— Ta mère est au courant ? demanda-t-elle à mi-voix. 
— Elle le sera sous peu, répondit Daisy, qui voyait déjà la clientèle de la boutique se jeter sur le téléphone dès qu’elle aurait franchi le seuil de la pharmacie. 
— Hé ! On n’a pas que ça à faire ! grommela une voix grave par-dessus l’épaule de Daisy. Elle se figea. Pas la peine de se retourner pour identifier l’individu en question, qu’elle fréquentait plus qu’à son tour, ces derniers temps. D’une main tremblante, Barbara passa l’article sous le lecteur de code-barres et le prix s’afficha. Elle prit l’argent que lui tendait Daisy, lui rendit la monnaie, et enfourna la boîte dans un sachet au nom de la boutique. Daisy plongea la monnaie dans son sac à main, prit le sachet, et pour la première fois de sa vie se rua vers la sortie sans prendre congé en bonne et due forme. Pour parachever son supplice, Russo lui emboîta le pas. 
— À quoi vous jouez ? fulmina-t-elle. Retournez là-dedans et achetez quelque chose ! 
— Mais je n’ai besoin de rien, dit-il. 
— Alors, pourquoi êtes-vous entré ? 
— Je vous ai aperçue et je voulais vous parler. Des capotes, n’est-ce pas ? C’est une grande boîte que vous avez là. Elle en contient combien ? 
— Fichez le camp ! ordonna-t-elle tout en continuant de marcher. Elle a cru que je les achetais pour vous ! Ce rustaud s’était même plaint d’être pressé. À présent toute la ville allait leur prêter une liaison. 
— Je suis assez grand pour m’approvisionner tout seul, merci".

3#-Le trafic d'esclaves sexuelles et le viol par GHB : La chasse est ouverte n'est pas seulement un livre qui parle du changement de vie d'une vieille fille, non ! Il y a aussi  l'intrigue policière, à savoir les cadavres de filles trouvés un peu partout dans la région, la question du GHB, cette drogue du violeur dont nous avons tous entendu parler. D'ailleurs, dans le prologue du livre, nous suivons une jeune mexicaine émigrée illégalement dans un camion, avec d'autres jeunes filles, qui va faire les frais de la concupiscence et la cupidité de certains hommes....

"Vous avez entendu parler de viols avec administration de drogue ? demanda-t-il de but en blanc. Elle se tourna vers lui, bouche bée. 
— Vous voulez dire que ces types… 
— Je n’en sais rien, et vous non plus. C’est bien le problème. Quand vous sortez en boîte, ne laissez personne vous apporter un verre, sauf la serveuse. Mieux : commandez directement au bar. N’abandonnez pas votre boisson sur une table pendant que vous dansez, que vous allez aux toilettes, ou je ne sais où. Et si c’est le cas, n’y touchez plus. Commandez autre chose. 
— Mais, ça aurait quel goût, si quelqu’un y avait versé une de ces substances dont vous parlez ? 
— Vous ne sentiriez pas la différence. Et lorsque les premiers effets se manifestent, vous n’avez déjà plus votre tête. C’est pourquoi il vaut mieux sortir en tandem, avec une amie par exemple, afin de veiller l’une sur l’autre. Dès que l’une montre des signes de somnolence, il faut filer aux urgences. Et surtout, ne montez jamais en voiture avec un type que vous venez de rencontrer. Daisy chercha qui, parmi ses connaissances, pourrait l’accompagner dans les bars. Aucun nom ne lui vint à l’esprit. Ses amies étaient toutes mères de famille, et n’étaient pas du genre à sortir entre filles pour draguer des mâles dans le dos de leur mari. Evelyn et Joella étaient célibataires, mais non… Inutile d’y penser. 
— Il existe plusieurs produits, poursuivit Russo. Vous avez sûrement entendu parler du Rohypnol, mais celui qui nous préoccupe le plus ces temps-ci est le GHB. 
— C’est quoi, ça ? Il grimaça. 
— Un mélange de décapant pour sols et de déboucheur de conduits. 
— Seigneur ! Ce doit être fatal ! 
— En grande quantité, oui. Et encore, il en faut parfois très peu pour tuer. Les réactions varient d’une victime à l’autre. 
— Mais ça doit brûler la gorge. Il secoua la tête. 
— Même pas. Dans le cas d’une overdose, vous vous endormez pour ne plus vous réveiller. Et lorsque le GHB est dissous dans de l’alcool, l’effet est encore plus radical et imprévisible. Quand un type vous intoxique au GHB, il se fiche pas mal que vous y restiez ou pas, du moment qu’il peut vous violer tant que vous êtes encore tiède. Daisy fixa le paysage, abasourdie. Ce qu’elle venait d’apprendre la dissuadait assez pour ne plus remettre les pieds en boîte de nuit. En même temps, dans quel autre endroit pourrait-elle rencontrer des célibataires".

Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre :
1#-Le statut de vieille fille de Daisy non exploité : Cet état de fait est pourtant clamé haut et fort par l'héroïne au début du livre, et finalement, après avoir été embrassée par Jack, elle se transforme en femme fatale sans aucune hésitation. J'ai trouvé sa transformation un peu trop rapide, et cela m'a surtout interpellée au moment de leur première fois ensemble.....Daisy semble plutôt à l'aise et si elle n'avait pas dit qu'elle était vierge au début du livre, on n'aurait pas pu s'en douter tellement tout est bien passé comme une lettre à la poste. D'ailleurs, Jack savait bien que la jeune femme n'avait aucune expérience et pourtant à aucun moment, il n'y a eu de "mise en garde" pour ne pas lui faire "trop mal" à l'instant T.......Je remarque cela facilement car lisant beaucoup de romances historiques, les héroïnes sont souvent vierges (et étroites) et leurs amants sont assez délicats pour faire attention et y aller doucement.....C'est dommage que Linda Howard n'ait pas un peu plus insisté sur la virginité (et l'inexpérience) de Daisy à certains moments du livre. Car même si ses héroïnes sont rarement vierges dans ses livres (puisque ce sont des femmes modernes, souvent proches de la trentaine), il n'empêche que pour la seule autre vierge que j'ai lu dans ses romans (dans le tome 1 de sa saga MacKenzie Family), elle avait beaucoup mieux traité ce sujet que dans La chasse est ouverte....C'est dommage car il y avait du potentiel, surtout que Jack est un gros moqueur (contrairement à Wolf MacKenzie, le héros de l'autre livre) et nous aurions pu lire des scènes plutôt cocasses entre nos deux héros à ce sujet....

2#-Moins de suspense : La chasse est ouverte ne gagnera pas le prix du thriller de l'année, ça c'est sûr ! Déjà, il faut savoir que les méchants sont très rapidement identifiés car nous suivons leur point de vue à certains moments du livre, donc, pas de surprises à ce niveau-là. Le seul suspense était finalement de savoir quand ils allaient se faire choper par la police....Par contre, j'ai été très surprise par la toute fin du livre qui nous mène à un rapprochement entre deux personnages que je n'aurais jamais imaginé ! Là, Linda Howard m'a bien mise sur le cul ! Bravo !

Pour conclure, Même si La chasse est ouverte ne fait pas partie des meilleurs livres de l'auteure américaine Linda Howard, néanmoins, j'ai passé un très agréable moment de lecture en compagnie de Daisy, notre héroïne, qui, le jour de ses 34 ans, décide de reprendre sa vie en main et de sortir de son statut de vieille fille. Sa transformation va être remarquable et va titiller la curiosité du nouveau chef de la police, Jack Russo. (il aimait déjà la faire rougir quand elle était avec son look "démodé"). La chasse est ouverte traite du sujet du trafic de jeunes femmes. C'est un sujet assez difficile à lire car certains détails ne nous sont pas épargnés par rapport au calvaire qu'elles peuvent vivre durant leur transport illégal (of course !) dans des camions.....Quand je pense que certains livres à succès de "dark romance" en ont fait leur thème central, cela me laisse songeuse.......Quoiqu'il en soit, ici, Linda Howard nous alerte des dangers de la perversité de certains hommes - Et je constate que la drogue du violeur, le GHB, est très "à la mode" chez les américains et Linda Howard met en garde les jeunes filles pour qu'elles surveillent leur verre dans les lieux publics comme les bars ou les boites de nuit.......Bon, attention, La chasse est ouverte n'est pas un livre glauque, bien au contraire car nous avons droit à beaucoup d'humour de la part de notre héroïne, qui est assez sarcastique et possède un fort tempérament, tout comme Jack, qui lui, adore la faire sortir de ses gonds mais sait aussi être présent comme soutien et protecteur dans les moments les plus dangereux. Je ne vous conseillerais pas La chasse est ouverte pour découvrir les oeuvres de Linda Howard (Le disparu de San Pablo reste pour moi son meilleur livre !), mais je ne vous dis pas non plus de le passer à la trappe car mine de rien, on passe toujours un bon moment avec cette auteure et ce fut encore le cas pour moi cette fois-ci ! 

Ma note : 17/20

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