mercredi 2 avril 2014

Jeu de patience

Jennifer L. Armentrout
Editions J'ai lu (2014)
Sortie US - 2013
446 pages

Synopsis :
Ne jamais ôter son bracelet, être ponctuelle, ne pas attirer l'attention : tels sont les trois préceptes qu'Avery s'est imposé pour son entrée à la fac. Une stratégie que le séduisant Cameron Hamilton pourrait bien déjouer à coups de regard pénétrant et de sourire enjôleur. Patient et obstiné, lorsque Cam a jeté son dévolu sur quelqu'un, il ne recule devant rien - rien, excepté peut être le passé d'Avery, qui semble s'acharner à ressurgir...Ensemble, seront-ils capables d'affronter le souvenir de cette terrible nuit qui, cinq ans auparavant et à des kilomètres de là, a tout changé ?


Si « Jeu de patience » m’a fait un peu penser à BEAUTIFUL DISASTER dans les grandes lignes, notamment avec le début de l’histoire, finalement, on en ressort avec une romance beaucoup plus belle, moins prise de tête, moins compliquée….

Il faut dire que les deux personnages principaux sont vraiment attachants ! Contrairement à l’héroïne de Beautiful Disaster, celle de « Jeu de patience », Avery, est, elle, super simple, pas égoïste ou puérile !

Evidemment, notre héroïne n’est pas aussi lisse qu’on l’imagine puisqu’elle cache un drame qu’elle a vécu 5 ans auparavant, quand elle n’avait que 14 ans.

Avery est courageuse. Car oui, elle a eu le courage de quitter sa famille qui s’opposait à son départ. En même temps, qui voudrait rester auprès de personnes qui font l’autruche et tentent de sauver les apparences au détriment du bien-être de leur fille ? Ainsi, on comprend très bien dès le début du livre, à travers ses allusions, qu’Avery a subit un viol quand elle avait 14 ans….Ce drame s’est retourné contre elle puisqu’elle a été traitée de pute, de l’avoir cherché….

Alors Avery a voulu mourir.


Elle s’est taillé les veines de son bras gauche et allait s’attaquer au bras droit avant d’avoir été interrompue par la bonne de sa famille. Avery dissimule depuis tout ce temps une affreuse cicatrice à son poignet grâce à ce gros bracelet qui illustre d’ailleurs la couverture du livre dans sa version française.

Avery, âgée de 19 ans, veut faire table rase de son passé. Elle décide d’aller dans une université située très loin de chez elle (ses parents habitent au Texas), elle veut aller là où personne ne la connaît, personne ne la juge, personne ne la menace, personne ne la hait….Mais peut-elle toujours fuir ? Ne va-t-elle pas être rattrapée par son passé ?...

La rencontre entre nos deux héros est super bateau, c’est du réchauffé mais bon, ça fonctionne toujours (en tout cas, avec moi, ça marche !) : Avery va arriver en retard à son premier cours, ce jour de rentrée universitaire. Dans sa précipitation, elle va bousculer un garçon, qui n’est autre que Cameron Hamilton.

Elle ne va pas que se taper contre lui, elle va aussi lui taper dans l’œil.
Il faut savoir que Cameron est le fantasme de toutes les filles. Il est beau, musclé, grand, brun. Cameron est très populaire au sein du campus, autant chez les filles que chez les garçons.
Evidemment, le hasard faisant bien les choses, on va vite découvrir que Cameron est le voisin de palier d’Avery ! Ils vivent tous les deux dans un appartement.

Ils n’ont pas, comme beaucoup d’étudiants, une chambre sur le campus. Car oui, on apprend dès le début du livre qu’Avery peut se payer un appartement. Non pas par ses parents, qui lui ont coupé les vivres en s’opposant à son envie de prendre l’air à l’autre bout du pays (des autruches, je vous dis, ces parents !!), mais parce qu’elle laisse entendre qu’elle a beaucoup d’argent, qu’elle a mérité…(une compensation financière pour son silence à propos de son viol).

Alors, je dois dire que tout le talent de l’auteure, c’est de nous avoir tenu en haleine sur une histoire plutôt banale, la rencontre de deux étudiants, qui n’ont pas vraiment de squelettes dans leur placard et pourtant….Et pourtant, la magie opère et pour ma part, j’ai été scotchée par leur jolie histoire d’amour….Car comme le dis si bien le titre, ce fut un véritable jeu de patience pour Cameron qui aura mis du temps pour conquérir le coeur de sa belle….


Les personnages secondaires sont assez caricaturaux, l’ami homo d’Avery, sa meilleure copine abonnée aux plans culs et qui cherche le grand amour, le colocataire de Cameron….Pourtant, la magie opère.

Pour paraphraser  les paroles de la chanson « J’attendais » de Céline Dion : « Où rien ne se passe mais où rien ne s’oublie »…..En effet, dans « Jeu de patience », les journées, les mois, les saisons s’enchaînent tranquillement dans l’histoire. 

L’attirance mêlée d’amitié que ressent Avery pour Cameron se transforme peu à peu en amour, en besoin d’être toujours avec lui, en jalousie si des filles se serrent un peu trop contre lui…..Il lui fallait bien ça pour sauter le pas, pour oublier son viol subit à l’âge de 14 ans….

Et pourtant, après un tel traumatisme (accentué par le désamour de ses parents et le fait que son agresseur n’a pas été puni - bien au contraire), il n’était pas évident pour elle de tourner la page et d’accepter l’amour, les gestes intimes de Cameron pour elle….C’est tout ce cheminement qui m'a fait aimer ce livre, cet amour naissant qui prend son temps. Cet amour inconditionnel de Cameron pour Avery, qui, contrairement à Travis, le héros de « Beautiful disaster », ne couche pas avec d’autres filles en attendant que celle qu'il aime se décide enfin à partager son amour….


Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre, car il y a des choses qui m’ont gênée, évidemment :

Tout d’abord,  l’illustration de la couverture du livre et son titre :
Sincèrement, quand je suis tombée sur « jeu de patience » la première fois, je me suis dit, « encore un livre de cul, du style 50 nuances »….Sans parler du titre : « Jeu de patience »; Et la petite phrase "règle N°1, ne plus jouer en solitaire…".  Non mais on parle de quoi là ? D'onanisme ?!!....NON NON NON ! Ce n'est pas possible une couverture de livre comme ça !!! Si je n’avais pas poussé ma curiosité, je serais sans doute passée à côté de ce livre car franchement, les romances érotiques avec des businessmen de moins de 30 ans, pétés de tunes qui jouent les pervers avec des greluches vierges et innocentes, ça me gave ! Un livre, ça va ! mais après l’effet de nouveauté passé, ça devient gonflant !

De mon point de vue, les éditeurs français auraient dû conserver l’image de couverture de l’édition américaine, ainsi que son titre « wait for you » :



C’est plus beau que la version française, non ?

Deuxième chose que je n’ai pas trop aimé c’est le « suspens et la trame dramatique » que subit Avery avec les mails et sms de menace et d’insultes qu’elle reçoit constamment pendant des mois !….Je dois dire ça m’a bien gonflée ! Dans son cas, je n’aurai pas laissé couler autant de temps pour ouvrir les mails (je suis plus du style à régler les choses désagréables en premier pour ensuite me consacrer et savourer les bonnes choses que peut nous apporter la vie…) Alors que elle, elle fait l’autruche (remarquez, c’est de famille quand on voit à quel point ses parents se sont voilé la face quand elle s’est faite violer)….

Bref, finalement, on découvre qui envoie ces messages de haine….Et là, je n’ai pas du tout compris pourquoi cette fille était aussi agressive envers notre pauvre Avery ! J’ai trouvé sa réaction totalement puérile et inappropriée !  Par contre, la réponse d’Avery a été très classe et pleine de compassion….A sa place, je n’aurai pas agit aussi gentillement….

Et enfin, la dernière chose qui m’a gênée dans cette histoire c’est la caricature des parents d’Avery ! Sa mère est une véritable vipère au sang froid qui n’éprouve aucune compassion pour sa fille ! Qui voudrait d’une mère pareille ? Elle est pourtant fille unique ! Je ne comprends pas comment son père peut rester avec une pareille saloperie ! Son père semble plus être une victime (on voit qui porte le pantalon dans la famille) et il obéit à sa femme. Mais apparemment, il a l’air de s’en vouloir par rapport au comportement qu’ils ont eu quand Avery a subit ce drame à 14 ans (sans parler de sa tentative de suicide qui est quand même à cause d’eux et de leur manque d’HUMANITE et d’EMPATHIE  et  tout simplement d’AMOUR pour leur propre fille unique !!!!!)…..Et puis on essayera d'oublier qu’ils ont continué à être amis avec les parents du violeur, comme si de rien n’était !!!!!! N’importe quelle fille à la place d’Avery se serait sentie trahie par ses parents dans une telle situation et aurait eu besoin d’un long passage chez le psy !

Finalement, en y repensant, Avery s’en tire bien ! Elle a eu le courage de quitter sa famille, surtout sa mère ultra nocive, et s’est refait une vie stable entourée d’amis et surtout d’un petit ami tellement sympathique !

Pour conclure, je vous conseille vraiment la lecture de ce livre dont l'histoire, certes, n'est pas des plus inventives, mais il y a quelque chose dans la manière d'écrire de l'auteure Jennifer L. Armentrout de vraiment passionnant et addictif. J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture !


Ma note : 18/20


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1 commentaire:

  1. J'ai eu un vrai coup de coeur pour cette lecture. Comme tu le dis, elle a des défauts, mais m'a tenue en haleine sans que j'aie le courage de l'interrompre. Top!!

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