mardi 28 juillet 2015

Tomorrow, quand la guerre a commencé - Tome 2 : Opération survie

John Marsden
Les éditions Hachette (Black Moon) - 2012
Sortie originale 1994
317 pages

Synopsis :

Leur pays a été envahi, leurs familles emprisonnées, leurs maisons réquisitionnées. 
Réfugié dans une vallée perdue, un groupe d'adolescents a décidé de résister. Bravement, avec les moyens dérisoires qui sont les leurs, ils vont combattre un ennemi sans pitié. Ils risquent leur vie et ils le savent ; mais ils savent surtout que la liberté n'a pas de prix.



"L'automne approche. les journées raccourcissent déjà et les nuits sont sacrément plus froides. Nous devons continuer à accumuler des provisions, faire des réserves pour l'hiver. Au printemps, nous pourrons planter des légumes et d'autres trucs ; il nous faut plus de bétail mais pas n'importe lequel étant donné que nous n'avons pas de pâturage. Nous avons assez de vêtements chauds et nous ne seront jamais à court de bois. Bref, on a de quoi survivre. Mais on ne peut pas se contenter de rester planqués ici comme des serpents sous une souche. Il faut faire preuve de courage et agir. Sortir de notre trou et essayer de rencontrer d'autres gens. Il doit bien exister des groupes comme nous".

J'étais totalement entrée dans l'histoire dès le 1er tome, c'est donc sans surprise que je continue ma lecture avec énormément de plaisir et que c'est évidemment un gros coup de coeur pour moi !



 Opération survie porte bien son nom puisque maintenant qu'Ellie et ses amis ont compris que leur pays a été envahi par une armée étrangère, que personne ne semble trop se bouger à l'internationale pour les sortir de ce guêpier.....Il va donc bien leur falloir résister, éviter de se faire attraper et tout faire pour que leurs familles retrouvent la liberté....

Côté relations entre les membres de notre petit groupe, dans la mesure où c'est Ellie qui est chargée de retracer leur parcours à l'écrit, et comme la jeune fille a un caractère entier et sincère, elle note donc tout.....Et parfois, ce "tout" peut rendre susceptible certaines personnes même si ce ne sont que des faits relatés (et donc, juste une constatation et non un ressenti personnel), bien évidemment, Ellie nous livre aussi certains de ses états d'âme, il ne faut pas oublier que sous ses apparence de "guerrière", elle reste malgré tout une jeune lycéenne.....

Ce que j'ai aimé dans ce livre :
Beaucoup plus d'action que dans le 1er tome : En effet, c'est logique vu que dorénavant, nos héros savent qu'ils sont en guerre, que l'armée étrangère installée dans leur pays ne leur fera pas de cadeau et tue des australiens juste parce qu'ils tentent de "résister"....Ellie et ses amis se sont mis dans de beaux draps mais avec leur expérience du bush et de la vie à la ferme, ils se débrouillent assez bien, autant dans leur camp de fortune à Hell que lors de leurs actes de "guerilla" et de sabotage en ville. On pourrait se dire que ce n'est pas possible que de simples jeunes gens de même pas 18 ans puissent accomplirent autant d'exploits, mais dans le mesure où chez eux (enfin, pour certains), avant cette invasion, ils savaient chasser, conduire des tracteurs et allumer un feu, alors pourquoi pas !

L'intelligence et le talent de conteur de l'auteur : C'est remarquable ! Je l'avais déjà évoqué dans ma chronique sur le 1er tome, mais force est de constater que John Marsden a vraiment un petit quelque chose dans sa manière d'écrire qui nous plonge totalement dans l'histoire et nous immerge dans la tête de la jeune Ellie. Les réflexions sont toujours aussi intelligentes et perspicaces, on a vraiment l'impression d'être dans le bush avec eux (et d'apprendre beaucoup de choses via les petites anecdotes). 

"Il y avait autre chose aussi, l'atmosphère était différente. La campagne semblait plus sauvage, plus étrange, plus primitive. Je la parcourais comme autrefois, mais je m'y sentais moins...importante. A peine distincte d'un lapin ou d'un renard. Tandis que le bush reprenait possession des terres cultivées, je devenais une autre des ces créatures, se faufilant dans les broussailles, se fondant dans le paysage. Etrangement, cela ne me dérangeait pas outre mesure. Cela me paraissait plus naturel".

"Nous avons marché d'une traite jusqu'aux ruines de la maison de Corne où nous avons fait une pause, dévalisant leur petit verger en guise de goûter. Les opossums et les perruches étaient passés avant nous mais il subsistait assez de pommes pour nous goinfrer. Et c'est ce que nous avons fait. Une heure plus tard, nous en payions le prix : l'un après l'autre, nous avons disparu derrière les arbres. N'empêche, ça en valait la peine".

"A nous six, et pratiquement sans armes, on a réussi à faire pas mal de trucs, des trucs qui comptent vraiment. -C'est vrai. Mais les adultes sont toujours comme ça, non ? - Tu as envie de vieillir ? -Oui, bien sûr. Que veux-tu dire ? -Eh bien, je me disais, les adultes ont souvent l'air si malheureux et si déprimés, comme si la vie était trop compliquée et plein de problèmes. Et on dirait qu'ils nous ont préparé un monde sans espoir. Je sais que ce n'est pas toujours facile à notre âge - on a des problèmes nous aussi - mais je n'ai pas l'impression que ce soit aussi pénible que pour eux. -Il faudra juste qu'on se débrouille mieux qu'eux, c'est tout. -C'est ce qu'ils devaient se dire à notre âge. -Chacun a déjà assez à faire avec sa propre vie. -On aurait dû s'intéresser à plus de choses. Tu te souviens quand Kevin se demandait avec quels pays on avait des traités d'alliance ? Aucun d'entre nous n'en avait la moindre idée. On aurait pas dû laisser tout ça aux politiciens. -Les politiciens ! s'écria Fiona, soudain furieuse. C'est des crapules, de la vermine".

"Les carnets de Chris étaient très différents des miens. Les siens étaient plus créatifs, mêlant toutes sortes de notes, d'idées, de poèmes, d'histoires et de pensées comme celle-ci : On tue les chenilles et après on se plaint qu'il n'y a plus de papillons".

"On m'avait toujours enseigné que la liberté comptait plus que tout mais ce n'était pas vrai. Mieux vaut être enchaîné avec les gens qu'on aime que libre et seul".


La rencontre avec des prisonniers : En effet, les troupes ennemies ont amené certains habitants de Wirrawee pour fouiller les fermes aux alentours de la ville. C'est l'occasion pour Ellie et ses amis de recevoir quelques petites infos sur ce qui se passe au champ de foire et pour se rassurer sur le sort de leurs familles. Dans la mesure où l'on suit uniquement le récit à travers la voix d'Ellie, nous ne savons pas, nous non plus, ce qu'il en advient réellement des habitants de Wirrawee, c'est donc avec le même enthousiasme et le même intérêt que nous prenons connaissance de leur sort (ou tout du moins du sort de certains).

"Comme toutes les coiffeuses, Nell connaissait tout sur tout le monde. Mes parents allaient bien même si mon père avait reçu un coup de crosse dans le ventre le premier jour de l'invasion". 

"Papa a dû voir rouge quand il a compris que ces types qui débarquaient d'un autre pays allaient l'enfermer et lui donner des ordres pendant quelques années...ou même durant le restant de ses jours".

Une étude sociologique importante de cette guerre : L'Histoire avec un grand H se répète toujours. Malgré les époques et les lieux, les horreurs de la guerre sont toujours les mêmes et le comportement de certains, notamment la collaboration, qui est bien présente dans cette saga....

"Les rares informations que nous avions obtenues par les groupes de prisonniers au travail forcé ou par les bulletins à la radio parlant d'une invasion "propre" nous avaient incités à l'optimisme. En fait, la situation se détériorait. Il n'y avait rien de propre là-dedans. Depuis son matelas posé à même le sol, Nell a dit deux choses qui m'ont choquée. La première, c'est quand elle nous a raconté comment nombre de gens coopéraient avec les soldats. Je ne savais pas trop quoi penser. Je n'avais pas lu beaucoup de livres ni vu beaucoup de films sur la guerre mais j'avais cru que tous les gentils étaient des héros. Vous étiez d'un côté ou de l'autre - soit un gentil, soit un méchant -, et vous l'étiez du début à la fin. Nell disait que certains léchaient les bottes des soldats et, pis encore, qu'il y en avait qui les aidaient activement, offrant d'effectuer des tâches à leur place, se donnant beaucoup de mal pour leur plaire. D'autres passaient la nuit avec eux. Nous étions tous les deux stupéfaits. -Pourquoi ? demanda Lee. Pourquoi font-ils ça ? Nell eut ce petit rire amer auquel je commençais à m'habituer. -Ecoute, mon petit, murmura-t-elle, je suis coiffeuse et toute les coiffeuses sont des psychologues amateurs. Nous croyons savoir tout ce qu'il y a à savoir sur les gens. Mais j'ai vu des trucs au champ de foire que je n'aurais jamais crus possibles, même si je vivais un million d'années. Qui sait ce qui se passe dans la cervelle de ces salauds ? Certains agissent ainsi parce qu'ils ont peur. D'autres le font pour de la nourriture, des cigarettes ou même pour une douche ou une bouteille de shampoing. D'autres encore parce qu'ils veulent le pouvoir. Et puis, il y a les moutons, ceux qui aiment qu'on leur dise quoi faire. Ils se moquent de qui donne les ordres. Personnellement, je pense qu'ils sont tous fous. Et que les choses vont empirer".

On apprend les projets de l'armée étrangère : Ce n'est une surprise pour personne et qu'on se doute bien de ce qui va arriver, mais pour Ellie et ses amis, c'est le choc et la révolte. En même temps, on peut comprendre les habitants qui sont parqués au champ de foire. Il faut imaginer des milliers de gens regroupés dans un même endroit, à ne rien faire qu'attendre....Et s'imaginer les conditions sanitaires qui vont avec....Evidemment, c'est logique que certains attendent enfin que l'armée étrangère fasse venir les habitants de leur pays pour s'installer sur les terre....Et tant pis si les australiens sont obligés d'y travailler comme des esclaves....Tout est bon à prendre s'ils peuvent échapper à l'ennui et les mauvaises conditions dans lesquels ils vivent depuis maintenant plusieurs semaines et même plusieurs mois...

"Nell nous raconta alors la deuxième chose qui nous a choqués. Bien des gens - des gens de chez nous - attendaient avec impatience ce que les soldats appelaient la "colonisation". Ils entendaient par là qu'après avoir pris le contrôle de tout le pays, ils feraient venir des millions de leurs concitoyens ici. Chaque famille se verrait allouer des hectares de terre, qu'elles cultiveraient, nous utilisant comme esclaves pour faire les sales boulots : garder les moutons, labourer les champs, faire le ménage dans leurs maisons".

Les descriptions dégueulasses des blessures et également des mises à mort : L'auteur ne nous épargne aucune horreur de la guerre. Les mises à mort et les attaques ne sont pas censurées (même si c'est quand même lisible par des jeunes lecteurs).  Il y a notamment le premier soldat que Ellie va achever. Il ne faut pas croire que cet acte est banal pour la jeune fille. Bien au contraire, il va la hanter un certain temps. Sur le feu de l'action, Ellie ne s'est pas trop posée de question et en plus, c'était pour abréger les souffrances de cet homme.....(et Ellie, qui est fille de fermiers, sait déjà tuer des animaux comme des moutons, des lapins ou des poules...). Mais il y a ensuite tout le cheminement psychologique de la jeune fille....Elle y pense sans cesse et se dégoûte même....J'ai vraiment beaucoup aimé ce passage car je me demande si tous les gens qui tuent d'autres gens sont ainsi "hantés" par leur victime ? A part les psychopathes et certains fanatiques complètement fadas, je suppose que la réponse est oui ?....Sinon, on n'entendrait pas aussi souvent parler de ces fameux syndromes "post-traumatiques" dans les médias ?....

"Il y avait du sang tout autour de lui sur le sol, jaillissant à flot de son ventre. C'était liquide, épais et sirupeux. La main du soldat essayait de repousser à l'intérieur les morceaux de son estomac qui sortaient de sa blessure. Et il y avait des tas d'autres choses, des choses écoeurantes, des entrailles. Je suis revenue vers Chris. Il m'a regardée et je savais ce qu'il voyait : un visage dur, froid, sans expression. -Le sac d'Homer ? ai-je demandé. Il me l'a tendu et j'ai fouillé dedans. Il y avait au moins une douzaine de cartouches dedans. J'en ai pris une pour recharger le canon scié et je suis revenue droit vers le soldat. J'ai posé le canon sur sa tempe. Et sans réfléchir, me forçant à ne pas réfléchir, j'ai appuyé sur la détente".



Le temps qui passe et l'actualité change : On y vient toujours à cette actualité qui chasse l'autre.....C'est encore plus vrai à notre époque actuelle avec Internet où tout s'oublie énormément vite, notamment avec la surenchère de malheurs et de catastrophes....C'est dramatique, je trouve.....

"Nous nous sommes branchés sur une radio américaine. Il a fallu attendre quelques minutes, nos ne faisions plus les gros titres depuis une quinzaine de jours".

"Ca ne te paraît par incroyable tous ces pays qui ne font rien pour nous ? -Eh bien, il me semble qu'il y a un tas de pays  l'autre bout du monde qui ont été envahis et pour lesqueles on n'a pas fait grand chose. Je pensais que nous, c'était différent. Je pesais que tout le monde nous aimait. -Je suppose qu'ils nous aimaient bien, c'est tout. Il y a une grande différence avec aimer tout court".


"Nous devons faire des choses qui disent oui, pas simplement des choses qui disent non. Faire un potager, c'était bien. Mais on aurait dû aussi semer des fleurs. L'ermite avait compris ça. C'est pourquoi il a planté ces rosiers, et quand il a construit ce pont, il ne s'est pas contenté de placer quelques traverses au-dessus de la rivière. Il l'a construit magnifiquement pour qu'il dure des centaines d'années. Nous devons créer des choses et penser à long terme. Laisser des trucs derrière nous pour les autres. C'est ça vivre !".

Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre :
Un personnage bien particulier : Je vais spoiler un peu plus bas mais il faut quand même que j'évoque l'apparition de ce personnage dans le récit. Ellie et ses amis sont restés si longtemps seuls, livrés à eux-mêmes.....Et voilà enfin qu'ils peuvent avoir des interactions avec des adultes et qu'ils peuvent enfin se sentir de nouveau comme des "adolescents".....Seulement voilà, tout ne se passe pas comme prévu....



Zone spoilers : (passez le mulot en surbrillance sur la zone de texte).
Le major Harvey : Ce type.....Mon Dieu, il me sort par les trous de nez ! Pour un adulte, il donne vraiment une très mauvaise image et du coup, on peut comprendre pourquoi les jeunes se rebellent avec des mecs comme ça en face d'eux ! Dès le début de leur rencontre avec les "héros d'Harvey", j'ai senti que quelque chose clochait mais évidemment, on peut comprendre Ellie et ses amis qui sont enfin pris en charge par des "gens responsables"....Seulement voilà, le major Harvey est méprisant, misogyne et il ne veut pas croire qu'un groupe de jeunes lycéens ait pu réaliser tous ces actes de sabotage.....Je le déteste vraiment ce personnage ! Et on sent au fur et à mesure monter toute la colère d'Ellie à son encontre....Et pour couronner le tout, cet homme n'est pas major dans l'armée, il était un simple surveillant dans un lycée avant l'invasion.....La grosse arnaque !!!! Cette guerre  lui a permis de révéler sa personnalité de "leader" megalo, à la limite du gourou.....Il est très dangereux ce type et sa question sur l'explosion du pont par Ellie et ses amis m'a vraiment laissée sur le cul ! (remarquez, je ne suis pas la seule.....Et c'est à ce moment là que je me suis dit que ça sentait le pâté avec lui et son groupe et qu'il faudrait mieux Ellie et les autres les quittent rapidement car rien de bon n'arriverait à leur contact....). 

"Quand il a enfin parlé, j'ai eu la surprise de ma vie. -Qui vous a donné la permission de faire sauter ce pont ou d'attaquer les convois ? Homer en est resté baba, les yeux ronds comme des billes. Comme il semblait incapable de répondre, j'ai endossé le rôle de porte-parole : -Comme ça, la permission ? Nous n'avions personne à qui demander quoi que ce soit. Nous n'avons pas vu un seul adulte ou presque depuis le début de toute cette histoire. Nous avons simplement fait ce que nous pensions être le mieux"..


"Nous sommes une unité de combat en service actif, dit-il. Et vous venez d'avoir une exemple parfait de la raison pour laquelle vous ne verrez que peu de membres du beau sexe dans nos rangs. Nous ne pouvons encourager cette tendance à la légèreté dans les moments cruciaux. Mon petit gloussement venait de se transformer en une rage froide, mêlée d'incrédulité. Seule, la main d'Homer qui s'abattit sur mon genou m'empêcha de lui répondre".

"Je le vivais comme une humiliation. J'avais fait sauter des ponts et voilà que je me retrouvais à larbiner pour un Hitler d'opérette".

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller de lire cette saga car elle est vraiment formidable !!!!!!!!! Je ne me suis pas ennuyée un seul instant et il faut bien admettre que Ellie et sa bande sont tous attachants et charismatiques. Evidemment, plus les semaines passent et les événements s'enchaînent, plus les personnalités de certains s'affirment. Derrière les drames, ce groupe d'amis vit une aventure humaine particulièrement forte. Ils sont obligés de faire ou d'assister à des actions particulièrement dangereuses et angoissantes qu'ils n'ont évidemment pas choisies mais qu'ils doivent subir (je dois dire qu'il y en a beaucoup dans ce tome 2...). C'est la logique de toutes les guerres... Ce livre est un véritable page-turner. Je l'ai dévoré et je dois bien admettre que je suis maintenant carrément fan de cette saga !




"Parfois, on n'a pas le choix, il faut être courageux, c'est tout. Il faut être fort. Parfois, il faut lutter contre ces démons qui s'infiltrent dans votre esprit et tentent de semer la panique en vous. Il faut avancer tant bien que mal, pas à pas, en espérant que si vous reculez, ce ne sera pas trop loin, pour ne pas avoir trop de chemin à parcourir quand vous recommencerez à aller de l'avant. Voilà ce que j'ai appris".

"Ils me porteront à travers champs
Au milieu des nappes de brume
Humides sur mon visage 
Et l'agneau s'arrêtera 
Le regard pensif
Les soldats viendront, 
M'étendront sur le sol noir et froid
Et jetteront de la terre sur mon visage"



Ma note : 18,50/20


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