jeudi 10 décembre 2015

L'accord parfait

S.C. Rose
Auto-édition - 2015
496 pages

Synopsis :
Deux âmes meurtries se trouvent et se reconnaissent. Mais cela peut-il suffire ? Après avoir quitté sa Virginie natale, Anna s’installe dans le Wisconsin. Timide et introvertie, souris grise sur les bords, elle espère pouvoir y prendre un nouveau départ et faire peau neuve. Mais c’était sans compter sur la présence envahissante de Ly’. Sarcastique et méprisant, tigre du Bengale en pleine puissance, il déteste les femmes et ne s’en cache pas. Leur point commun ? Le frère d’Anna, Andy, qui est accessoirement le meilleur pote de Ly’. Quand une souris grise se retrouve face à un tigre, l’issue est inévitable. Non ? Deux âmes meurtries, que tout oppose, peuvent-elles vraiment se compléter ? Et former, ensemble, l’accord parfait… ? Ou bien tout cela n’est-il qu’un leurre… ?



«J’avais appris que la solitude n’était pas forcément synonyme de tristesse ou de mal-être, bien au contraire. En étant seule, j’avais pu m’adonner complètement à ma passion : la lecture. Je pouvais lire des montagnes et des montagnes de livres sans jamais en être lassée, ni dérangée par des copines qui voulaient faire du shopping ou critiquer telle ou telle personne. Se confier des secrets, qui le lendemain, seraient connus de tout le lycée. Non, vraiment, tout cela n’était pas pour moi ».

Génial ! Voilà le mot que j’emploierais pour qualifier ce roman New adult L’accord parfait. C’est un livre que je classe d’office dans mes coups de cœur car il m’a maintenue éveillée une bonne partie de la nuit (avec des papillons dans le ventre) et à mon réveil, je n’avais qu’une envie : continuer à avancer dans le récit (et retrouver mes papillons !) !

Il faut dire que la jeune auteure suisse, S.C. Rose a tapé dans le mille : C’est typiquement le style d’histoire d’amour que j’affectionne, à savoir : un héros bourru, à la réputation dangereuse, qui semble prendre plaisir à être désagréable avec l’héroïne, mais tout ça, c’est pour « cacher » l’attirance inconditionnelle et incontrôlable qu’il éprouve vis-à-vis d’elle….Et elle, évidemment, est tantôt attirée, tantôt « dégoûtée » par ce mâle ténébreux à la réputation sulfureuse….

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-L’histoire très addictive : - qui continue longuement à me trotter dans la tête même après avoir posé ma liseuse.  En effet, l’écriture de l’auteure est fluide, les réflexions sont bien pensées. Bien entendu, le récit n’a rien d’original puisque nous retrouvons ici la trame habituelle de ce genre de romance new adult, à savoir des héros qui se tournent autour pas mal de temps, des secrets inavoués dus à leur lourd passé respectif, des amis qui leur prêtent main forte mais aussi des personnages détestables qui rajoutent un peu de piment, de sentiment d’injustice et d’envie de balancer la liseuse à travers la pièce…..Mais finalement, tous ces détails, ces retournements de situation, ces « harcèlements »  dans l’histoire poussent finalement les deux héros à se rendre compte qu’ils sont vraiment faits l’un pour l’autre…..


« A peine la porte de la salle de bain refermée, Ly’ se pencha vers moi.
-Ca ne te gêne pas d’avoir un petit appart pour toi toute seule, sans avoir un centime à débourser parce que c’est môman qui paie, alors que Drew a toujours dû se démerder tout seul ? L’attaque,  que je n’avais pas vue venir, me prit à contre-pied. Je virai au rouge, uns fois de plus, face à cette accusation injuste.
-Oui, bien sûr que ça me gêne, pour qui tu me prends ?
-Pour une petite fille pourrie gâtée, peut-être ? Connard…..Je serrai les dents, mais refusai d’entrer dans son jeu.
-Ce n’est pas de ma faute à moi si ma mère a insisté pour me payer cet appart.
-Tu pouvais toujours refuser.
-Si j’avais refusé, ma mère n’aurait jamais été d’accord pour que je vienne étudier ici. Je n’ai pas vraiment eu le choix. Ly’ m’adressa un sourire sardonique.
-Bien sûr….Sauf que tu oublies un truc. On a toujours le choix, souris. Toujours. Tu pouvais dire ‘non’. Cette simple phrase me renvoya sept ans plus tôt. Dans une situation que je n’avais pas cherchée, pas provoquée, et où l’on ne m’avait pas laissé le choix, justement. J’avais dit ‘non’ encore et encore. Je l’avais murmuré. Je l’avais crié, supplié. Rien n’y avait fait. Je n’avais pas eu le choix.  On ne l’avait pas toujours. Ce que Ly’ disait, c’était un mensonge. Comme ma mère, il disait des mensonges. Il prenait ses croyances pour la réalité, en ne se basant que sur ce que lui pensait. Il ne disait pas la vérité. Il disait sa vérité. Comme m’an. Pareil. Pâle comme la mort, je me levai et pris les tasses à café vides.

-Pas toujours. Pas toujours, murmurai-je d’une voix d’outre-tombe, en partant vers la cuisine. Je sentis le regard de Ly’ sur moi, mais heureusement, il ne rajouta rien ».

2#-Ly’, le héros : Ah ouuiiii ! Ce fantasme sur pattes est vraiment à croquer ! En plus de son physique superbe et sans défaut, son comportement un peu déstabilisant vis-à-vis d’Anna m’a rendue accroc à ma lecture…."A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire", et pour le coup,  et il est vrai qu’ils ont mis du temps à se tourner autour, à s’attirer et se repousser…..Alors, quand Ly’ déclare enfin sa flamme, après ce que la petite voix intérieure d’Anna qualifie de « cour » assidue envers la jeune femme, ouah ouah ouah ! Mon cœur de midinette a pris sa dose de romantisme pour le mois, c’est sûr et certain ! Leur histoire d’amour est parfaite ! (même si, finalement, plutôt classique et entendue, mais moi, cela ne me dérange pas, je pourrais en lire des dizaines et des dizaines comme ça !).



«Cet homme était…Ouah ! Grand, très grand même (deux têtes de plus que moi, au moins) ; large d’épaules, biceps impressionnants ; pectoraux saillants ; ventre plat et musclé (tablettes de chocolat garanties….Si je ne pouvais pas les voir, je les devinais facilement) ; et une taille fine. Je notais tout ça au premier coup d’œil. Je devais fournir des efforts colossaux pour ne pas me retrouver à baver d’envie. Langue pendante et tutti quanti. Il fallait reconnaître que le débardeur blanc qu’il portait n’aidait en rien, bien au contraire. Dwayne Jonhson. Ce mec avait le physique de Dwayne Johnson. Merci, Mon Dieu, d’avoir conçu une telle perfection ! Son physique très avantageux, du moins, c’était mon avis, ne correspondait pas du tout à ce que sa voix glaciale promettait. Une délicieuse surprise. Vraiment délicieuse. Et ça ne s’arrêtait pas là. Oh que non ! Ses cheveux noirs, mi-longs, tombaient harmonieusement autour de son visage, lui donnant un air de mauvais garçon (qu’il était très certainement) absolument irrésistible. Des pommettes saillantes, une barbe de trois jours ainsi que de belles lèvres charnues complétaient cette œuvre d’art. Et cerise sur le gâteau (miam, miam), des iris vert pâle illuminaient merveilleusement ce visage sombre, y ajoutant une couche de couleur bienvenue ».

3#-La belle relation entre Anna et son frère, Andy (alias « Drew » sur le campus) : Leur lourd passif familial est dramatique mais malgré cela, le frère et la sœur ont toujours été proches et se sont toujours énormément aimés. Du coup, c’est un réel plaisir de voir leur bonne entente et leur complicité (cela compense, par rapport au comportement odieux de leur mère…). Et vu comment Andy aime et respecte sa petite sœur, on pouvait se douter que Ly’, son meilleur ami, allait lui aussi réaliser très vite qu’Anna était vraiment une belle personne (autant physiquement que moralement).

4#-Le passé de Ly’ : Alors là, je ne m’attendais pas du tout à ce que Ly' avait vécu durant son adolescence et ce qui l’a conduit à être aussi agressif et impitoyable envers certaines personnes…..J’avoue, l’auteure m’a scotchée et à la limite mise très mal à l’aise dans certains détails décrits dans le livre….

5#-Les scènes olé olé : L’auteure a dosé son histoire juste comme il faut pour faire monter progressivement le désir entre les deux personnages….Le jeu d’attirance/répulsion a exacerbé leur relation et même après leur premier baiser, ou encore, leur première fois, S.C. Rose nous conclue son histoire avec un petit bonus qui est assez sympathique (enfin, est-ce vraiment le mot avec lequel je qualifierais ce qui se passe sur la moto de Ly’ ?...Hum hum hum….Lisez le livre, vous verrez bien à quoi je fais allusion, petits coquins !).



Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
1#-Quelques réflexions francophones, références culturelles qui semblent un peu improbables dans un récit qui se passe aux Etats-Unis : Bon, je ne jette pas la pierre à S.C. Rose, vu que c’est l’erreur habituelle des auteurs européens francophones….Je pense notamment à l’expression qu’emploie Anna au moins deux fois dans le récit : « La marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu »…..Référence ô combien célèbre de la fameuse pub des chocolats Milka (où on se rappelle ensuite de la dame qui répond avec un air dubitatif : « mais bien sûr »)…..Cette expression avec la marmotte, je l’utilise moi-même beaucoup mais je suis française et j’ai vu la pub comme apparemment en Suisse et très certainement en Belgique…..Cela dit, je doute sincèrement que les américains la connaissent, d’où mon problème avec cette expression qui sort de la bouche d’une jeune américaine, de 19 ans, qui plus est ! (cette pub date de la fin des années 90/début 2000)…..Ah, et autre détail auquel je repense ! S.C. Rose a fait une grosse erreur (impardonnable ? Non, bien sûr, son livre est tellement bien que je lui passe ce détail !), mais quand Anna évoque le chanteur français Stromae, cela me fait un peu tiquer…..Stromae est belge !....Bon après, ce détail peut passer quand on considère que la majorité des américains ne connaissent sans doute pas la Belgique et que la France se résume pour eux à la ville de Paris…..Mais Melle Rose, Vous devriez savoir que Stromae est belge ! Attention !!!



2#-La petite voix intérieure d’Anna : Bon ok, au début, c’est marrant, mais à force, cela devient un peu gonflant (pour moi, en tout cas !) et la petite voix est parfois tellement en opposition avec Anna que j’avais l’impression que l’héroïne était carrément schizophrène !....Cela dit, la petite voix avait parfois des réflexions bien senties qui m’ont fait sourire ! Alors, je ne peux pas dire que je l’ai détestée, mais j’aurais préféré qu’elle soit moins présente (ou moins bavarde !)…..


« Condamnée à parler avec ma voix intérieure. Voilà la triste réalité de ma vie quotidienne. C’était sans doute pour cela que je cherchai désespérément à avoir des amis. J’avais peur de devenir folle à force de me parler à moi-même comme ça, en continu. Car si à une époque cela m’avait été indispensable, depuis quelque temps, j’en avais marre de cette voix intérieure qui me prenait la tête pour un oui ou pour un non. Mais en même temps, elle faisait tellement partie de moi que je n’étais pas certaine de m’en débarrasser un jour ».


« Je vis clairement ma voix intérieure me tirer la langue et je ne pus m’empêcher de glousser. Heureusement que, pour une fois, personne ne faisait vraiment attention à moi, sinon, ils auraient pu croire que je m’étais échappée d’un asile psychiatrique, à me bidonner toute seule en marchant »

3#-La couverture du livre qui ne correspond pas : Pour Ly’, ça passe, mais pour Anna, qui est censée avoir les cheveux courts et teints en rouge, la mannequin sur la couverture me gêne un peu (même si Anna était brune aux cheveux longs avant d’arriver au Wisconsin….). C’est dommage….Cela dit, il est vrai que la photo du couple sur la couverture est vraiment jolie et donne envie de lire le livre (c'est ce qui m'a attiré, d'ailleurs, avant de lire le synopsis !)....Mais quand j'imaginais Anna, finalement, je la voyais brune aux cheveux longs et cela me perturbait quand l'auteure décrivait ses cheveux rouges....

Pour conclure, L’accord parfait a été un très beau coup de cœur pour moi ! Je suis sensible à ce genre de romance et s’il est vrai que le récit n’a rien d’original  - et d’ailleurs, si vous avez lu des dizaines de romances New adult, celle-ci ne vous fera peut-être pas trop d’effet – en tout cas, pour ma part, j’ai vraiment a-do-ré !....Au point d’avoir troqué des heures de sommeil pour pouvoir avancer dans le récit ! A la fin du livre, l’auteure annonce qu’elle écrira un jour des romances consacrées aux deux copines d’Anna, Kimberley et Marjorie….Il va sans dire que je les lirai avec un immense plaisir ! Merci à l’auteure pour m’avoir mis autant de papillons dans le ventre ! Aaaah vive l’amûûûûr ! et vive la petite souris grise et son beau tigre du Bengal !



Ma note : 19/20


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