mercredi 10 mai 2017

LE NOIR EST MA COULEUR - Tome 2 : La menace

Olivier Gay
Les Editions Rageot 2014
304 pages

Synopsis :
Alexandre a beau aimer se battre, il ne se souvient pas comment il s'est retrouvé sur ce lit d'hôpital, ni qui est cette Manon qui l'obsède. Effrayée par ses nouveaux pouvoirs, Manon ignore comment les cacher à ses parents, les apprivoiser...et éviter Alexandre. Quand les Ombres passent à l'attaque et qu'un nouvel élève arrive au lycée, la menace se précise. Manon et Alexandre se rapprocheront-ils ou s'éloigneront-ils l'un de l'autre ?

C’est avec un grand plaisir que je me suis lancée dans la lecture de La menace, deuxième opus de la saga Le noir est ma couleur, de l’auteur français Olivier Gay, et qui a pour héros Manon, une jeune fille première de la classe qui est issue d’une lignée de mages aux puissants pouvoirs et Alexandre, le bad boy du lycée, qui partage son temps libre entre sa bande de copains, les rings de boxe ou les bras des filles…

Il faut dire que la manière dont se concluait le tome précédent ne pouvait que donner envie de lire la suite, rien que pour savoir ce que Manon, notre héroïne, allait bien pouvoir faire avec ses nouvelles capacités obscures, dans la mesure où elle devient, malgré elle, par définition, l’ennemie de ses propres parents….

« J’étais une Mage Noire. J’avais toujours vécu dans la terreur de ces sorciers maléfiques qui traçaient des pentacles, kidnappaient des vierges et pactisaient avec des forces obscures. On m’avait rabâché qu’ils étaient dangereux et sans scrupules, que la seule solution était de les tuer comme des bêtes sauvages. J’avais lutté contre des Ombres qui cherchaient à me briser, à blesser mon frère, à tuer Alexandre. Je savais que mon père avait dévolu sa vie à leur traque. Et voilà que tout basculait. J’étais une Mage Noire ».

Toujours écrit à la première personne du singulier en alternant les chapitres qui donnent la parole soit à Manon, soit à Alexandre, ce 2ème tome a un côté très addictif grâce aux différents « dangers » qui guettent nos deux héros à chaque coins de rues et cela même jusque dans la cour du lycée.

Olivier Gay nous plonge dans l’action dès les premières pages puisque nous retrouvons Alexandre, qui se réveille dans une chambre d’hôpital sans comprendre ce qui lui est arrivé car il souffre d’amnésie. En effet, le père de Manon, grâce à ses pouvoirs magiques, lui a effacé la mémoire sur une période qui couvre cinq jours, à savoir, à partir du moment où le jeune humain a découvert les pouvoirs de Manon (et du coup, l’existence des mages), et ce, jusqu’à son affrontement avec un terrible ennemi qui a failli coûter la vie à notre jeune et téméraire héros….

« Mon père n’avait pas fait dans la dentelle. Il avait enlevé à Alexandre tous ses souvenirs de la semaine passée. Il aurait pu se montrer plus sélectif, n’effacer que les passages me concernant, mais il craignait que cela ne pose problème. J’entendais encore son timbre, d’une froideur clinique :
– Les médecins concluront à un choc post-traumatique. Ils ne chercheront pas plus loin. Quant à la police, elle ne trouvera aucune piste et finira par classer l’affaire. Tout sera réglé.
Oui, tout était réglé. Formidable ».

Dans la mesure où Manon a « hérité » malgré elle de la couleur noire, à cause du mage noir Fabrice dans le précédent tome, et qu’elle ne peut en parler à personne autour d’elle (surtout pas à ses parents qui n’auraient pas forcément toute l’indulgence supposée pour leur propre enfant…Malheureusement pour elle….), Manon va donc être contrainte de se tourner à nouveau vers le seul à qui elle peut vraiment faire confiance,  c'est-à-dire Alexandre….

« Je ne pouvais montrer à mes parents ce que j’étais devenue. Ils ne comprendraient pas. Il fallait que je me cache, que je dissimule cette corruption jusqu’à ce que je parvienne à l’extirper ! Je me sentais sale, et honteuse, et désespérément seule ».

Ce 2ème tome, La menace, porte très bien son nom, car en plus de devoir cacher sa nouvelle nature de mage noire, Manon doit aussi dissimuler à ses proches qu’elle a renoué avec Alexandre et qu’en tant que simple humain, il est de nouveau au courant de l’existence des mages (cela est bien évidemment strictement interdit !…Et les parents de Manon sont très à cheval au niveau du règlement…)….Et du coup, les difficultés vont s’amplifier pour nos deux héros quand des mages, amis des parents de la jeune fille, débarquent en France et que leur fils, Jordan, doit aller dans la même classe que nos deux héros….



Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-On en apprend de plus en plus sur les pouvoirs des mages noirs : Avec les nouveaux pouvoirs de Manon, qui est devenue malgré elle une mage noire, nous allons découvrir en même temps qu’elle ses nouvelles capacités, apprises à l’arrache, dans la douleur mais surtout en secret et en compagnie d’Alexandre (enfin, dans ce 2ème tome, je suppose que nous ne sommes qu’au début de ce que Manon peut réellement réaliser avec ses pouvoirs…Et que l’auteur nous réserve encore quelques surprises). Et oui, difficile pour elle, qui a toujours été éduquée avec le son de cloche négatif à propos des mages noirs de pouvoir se faire une véritable idée de ses capacités et surtout elle doit se remettre en question et tenter de survivre « à l’ombre » de ses parents, qui - on va le découvrir dans ce tome - sont très intransigeants et ont consacré leur vie à la chasse aux mages noirs….Quelle affreuse ironie pour notre chère Manon ! Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Je dois dire que j’ai été bluffée par l’ombre menaçante qui a emmerdé nos deux héros durant tout le livre et qui était en fait, « guidée » inconsciemment par Manon. Si dès le début, je n’ai pas aimé Jordan que j’ai trouvé vraiment louche et bizarre, je pensais vraiment que c’était lui qui était à l’origine de cette chose menaçante hors, il n’en était rien ! Chapeau à l’auteur, car en plus de l’effet de surprise, il y a aussi l’apprentissage de Manon, qui, comme le dit si bien Alexandre, comme une héroïne de manga, doit savoir évoluer et se connaître pour gagner de plus en plus de capacités en son nouveau pouvoir. Cela augure de prochains tomes palpitants en perspective !  

2#-Les évolutions respectives de Manon et d’Alexandre : Il y a différentes choses à dire par rapport à l’évolution de nos deux personnages principaux : Manon, qui, jusqu’à présent, n’avait jamais eu aucun succès avec les garçons, se retrouve maintenant avec deux prétendants ! Bien entendu, rien de concret dans cet espèce de triangle amoureux plus ou moins subit par la jeune fille mais en tout cas, ce que l’on peut constater par rapport à l’arrivée de Jordan c’est que cela a sans doute précipité un peu plus vite l’attachement ressenti entre Manon et Alexandre. Après, sur un aspect plus pragmatique de sa personnalité, il y a une zone d’ombre que je n’arrive pas trop à comprendre vis-à-vis du choix de Manon de solliciter de nouveau Alexandre pour qu’il l’aide en dépit du fait que cela est très dangereux pour le jeune homme  (que les menaces viennent des ombres, des ennemis de Manon, mais aussi de ses parents qui n’hésiteront pas à vider de nouveau la mémoire du lycéen si jamais ils découvrent que Manon lui a de nouveau parler de l’existence des mages….)….C’est en lisant cette partie-là, ce choix fait par Manon de ne pas laisser Alexandre en dehors de toutes ses problèmes personnels que je me rends compte que l’auteur a bien joué sur l’âge des personnages, leur mentalité et du coup, leur égoïsme d’enfant (ou plus précisément d’adolescent). Si Manon avait été une femme adulte, il est fort à parier qu’elle aurait préféré faire le choix de laisser Alexandre en dehors de tous ses problèmes car c’est quand même lui qui a le plus à perdre dans l’histoire, dans la mesure où les dangers qui les guettent tous les deux peuvent avoir des conséquences dramatiques pour lui alors qu’il n’a rien demandé à personne, il est juste un humain ordinaire ! (il a quand même failli mourir face au mage noir Fabrice dans le 1er tome…Ne l’oublions pas !). Manon, elle, a grandi dans une famille de mages. Elle connaît tout des dangers auxquels elle peut être exposée depuis son enfance et a été éduquée pour réagir en conséquence…Et puis, malgré son attitude sérieuse de « première de la classe », Manon n’est pas si mature que cela pour une autre raison : La preuve, Alexandre lui démontre à plusieurs reprises qu’elle s’y prend mal pour apprivoiser ses nouveaux pouvoirs (faire des recherches dans des livres c’est….scolaire….très scolaire….Et naïf….Car bien évidemment, il est très peu probable qu’elle trouve des infos sur les mages noirs dans des bouquins alors que ses parents font pleins de mystères à leur propos !). Les conseils du jeune homme sont, au contraire plutôt judicieux et malgré ses apparences de « j’en-foutiste », finalement notre bad boy en a dans le ciboulot et Manon devrait l’écouter un peu plus souvent plutôt que de parfois prendre ses airs supérieurs….Il n’empêche, elle est bien contente qu’Alexandre la soutienne et lui apporte une aide très précieuse ! (en plus, c’est elle qui l’a cherché, qui l’a refoutu dans le collimateur du danger….). Cela dit, il est fort à parier que l’auteur va encore plus faire évoluer ses deux personnages principaux…..Et pas seulement eux, j’en suis persuadée !

« – Alors qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça a beau être complètement fou, je ne vois pas comment tu pourrais truquer les tours que tu m’as montrés. Et puis je ne me souviens de rien, putain ! Tu crois que c’est agréable de se faire triturer le cerveau ? J’ai juste envie de défoncer la gueule de ton père.
– Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée...
– Ouais ? On verra. Peut-être que je lui réserve une ou deux surprises à ma façon. Ne t’inquiète pas, je ne raconterai rien à personne, ton secret sera bien gardé. Cette histoire se réglera entre lui et moi. Je grimaçai. Cet abruti allait mener une vendetta perdue d’avance, et mon père comprendrait que je l’avais revu. Non seulement Alexandre perdrait encore la mémoire – ou pire – mais je serais également dans de sales draps.
– Pourquoi est-ce que tu m’as raconté tout ça ? continua-t-il en écrasant son cure-dents sur la table. Si j’ai bien compris, ces... ces Ombres sont vaincues, ton Mage Noir aussi, fin de l’histoire. Alors, quoi ? Aïe. Jusqu’à présent, mon secret ne risquait rien car je ne l’avais pas divulgué. À partir du moment où je mettais quelqu’un dans la confidence... Je n’avais pas envie d’affronter mes ennuis seule. Et même si cet Alexandre était plus distant et plus froid que celui que je connaissais, il ferait l’affaire. Tout plutôt que le désespoir de sombrer petit à petit dans le Noir.
– Il y a un détail dont je ne t’ai pas parlé. Le rituel de Fabrice a réussi. J’ai été contaminée. Je... je suis devenue une Mage Noire. Je m’attendais à de la compassion, ou peut-être de l’horreur. Il se contenta de sourire jusqu’aux oreilles :
 – Sérieux ? C’est énorme ! »

3#-La relation intense et particulière entre nos deux héros : Alexandre, notre héros, s’y connaît en filles et, en temps normal, n’aurait pas dû s’intéresser à Manon, mais voilà, les événements font que nos deux héros vont aller au-delà de leurs préjugés respectifs et vont commencer à beaucoup s’apprécier. Nous sommes dans une lecture jeunesse et nos deux personnages ont 16 ans alors bien évidemment, tout est progressif et très soft mais en tout cas, j’ai beaucoup apprécié cette partie-là du roman, c’est mon cœur de midinette qui parle puisque, bien évidemment, je me doutais bien qu’avec un garçon et une fille comme personnages principaux, forcément, il y aurait une jolie romance entre ces deux-là….Enfin, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! Nous ne sommes qu’au 2ème tome d’une saga qui en comporte cinq….Il peut encore se passer pleins de rebondissements mais personnellement, je vote pour un happy end entre ces deux-là ! Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance !  Leur premier baiser a été fait d’une manière très audacieuse, sans doute par ce que c’est Manon qui a pris l’initiative ! Et puis l’auteur, Olivier Gay, a fait le choix de découper ses chapitres d’une manière qui fait que chacun des deux personnages a vraiment vécu ce moment d’une manière très intense ! Pour Alexandre qui a l’habitude des filles, même des plus âgées que lui, comme Sandra la jolie serveuse blonde, cela a dû être un sacré moment de surprise de se faire embrasser de cette façon – devant ses copains, en plus – par la si pure et si sage Manon ! Le bad boy et la première de la classe ! Mais avant cela, il y a aussi les moments très intimes quand Manon suce…le sang ! Le sang, mes amis ! (n’ayez pas l’esprit si mal tourné !) d’Alexandre pour reprendre des forces. C’est vrai que ce rituel est étrange mais il n’est pas surprenant (et n’a rien d’équivoque) pour nous lecteurs puisque nous avions assisté à ce genre de scène dans le 1er tome, mais c’était entre Manon et son frère aîné. Et si Alexandre y avait assisté, dans la mesure où il a tout oublié de sa semaine précédente, du coup, ça a dû lui faire drôle et ça a dû bien le chambouler, notre cher petit Alex…..En tout cas, j’aime beaucoup la manière dont l’auteur amène nos deux personnages à se rapprocher et à s’apprécier. Ils sont tous les deux seuls et unis dans les secrets de Manon qui ne peut se confier à personne d’autre et qui sait qu’Alexandre est un garçon courageux sur lequel elle peut s’appuyer….Quant à Alexandre, lui, il est assez subjugué par les pouvoirs de la jeune fille….pour un fan de jeux vidéos et de mangas, forcément, voir une héroïne telle que Manon, plus vraie que nature, qui l’entraîne dans son monde « fantastique » ce doit être le rêve de la plupart des jeunes de 16 ans !

« Elle m’a embrassé. Putain, elle m’a embrassé ».

« Je l’ai embrassé. Bon sang, je l’ai embrassé ».

« Je connais Manon depuis deux jours, et voilà qu’elle me sauve la vie. Voilà que je verse du sang dans sa bouche. La seule pensée qui me traverse l’esprit, c’est qu’elle ne devrait pas avoir confiance, en cette époque de Sida. Elle a beau être un vampire, c’est la personne la plus fascinante que j’aie jamais rencontrée. Mon sang coule goutte à goutte. Au début, elle a eu du mal à boire. Normal, le sang, c’est dégueulasse. Maintenant, elle tète mon bras avidement. Peut-être est-ce mon imagination mais j’ai l’impression qu’elle a déjà repris des forces. C’est un moment étrange. Je sens ses lèvres contre ma peau, et cette sensation de succion... je ne parviens pas à déterminer si c’est agréable ou écœurant ».

4#-Des personnages secondaires très intéressants : Si certains personnages ont été totalement mis en veille dans ce 2ème tome, par rapport au précédent (je pense notamment à la meilleure amie de Manon….Dont je ne me rappelle plus le nom, Eloise ? Elodie ?...C’est vous dire à quel point son passage a été marquant dans ce tome…Hum…), d’autres personnages secondaires, par contre, ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Dans ceux déjà présents depuis le début de la saga, je pense notamment à Lucas, le frère aîné de Manon, qui, par ses agissements et ses réflexions va mettre en lumière toutes les failles que constituent les règles fixées par les mages adultes (notamment les parents de Manon). Ce fut un passage que j’ai particulièrement apprécié car j’ai toujours un penchant sur les gens qui veulent « bousculer » le système et du coup, avec ses réflexions, Lucas a bien mis les pieds dans le plat ! Bravo ! Un autre personnage secondaire très important, c’est bien entendu Jordan, le fils aîné de la famille Abbott, les amis mages des parents de Manon, tout droit débarqués des Etats-Unis (bon, après, quand j’entends le nom Abbott, je pense tout de suite à Jack, John, Ashley et j’ai le générique au piano des Feux de l’amour dans la tête….Désolée, mais oui, je peux bien vous l’avouer, j’ai été une grande fan des Feux de l’amour dans mon adolescence….Quand il n’y avait pas encore internet et tout l’entertainement que les jeunes ont de nos jours….Dans les années 90, les « distractions télévisuelles » étaient nettement moins nombreuses et oui, je dois dire que j’avais beaucoup de plaisir à suivre les déchirements entre la famille Abbott et Victor Newman….Ah souvenirs !....Cela dit, ça fait bien 5 ans que je n’ai pas regardé un épisode….Mais quand je tombe sur leur photo dans un magazine télé, la nostalgie remonte ! 36 15 Ma vie !....). Enfin, il y a un autre personnage masculin qui m’intrigue énormément, c’est l’élève persécuté (et racketté) par Alexandre et ses copain, je veux parler de Sébastien….Les quelques passages où il apparaît m’ont glacé le sang car lui, je ne le sens pas du tout, mais alors pas du tout ! On verra bien ce que l’auteur nous réserve dans les prochains tomes avec ce gars vraiment très louche…..


5#-L’humour sarcastique et décalé d’Alexandre : Notre bad boy est un héros charismatique et il est doté d’un humour toujours aussi décapant ! J’ai beaucoup aimé les passages où il est confronté aux policiers venus l’interroger après son amnésie (les fameux Pit et Bull) ainsi que la manière désinvolte dont il parle de Jordan, le nouvel élève américain qui va coller un peu trop Manon à son goût….

« Fabrice... quel genre de méchant s’appelle Fabrice ? Il avait tout bon sur la couleur, mais il aurait causé plus d’inquiétude en s’appelant, je ne sais pas, Darth Maul. Cela dit, elle a raison. La notion de vengeance m’est familière et je vais devoir me tenir sur mes gardes ».

"Lorsque Jordan fait son entrée, je comprends pourquoi le proviseur nous a regardés. C’est la victime idéale. Il est aussi grand que moi, aussi brun, mais plutôt frêle. Il a un visage enfantin, surmonté de lunettes qui lui donnent un air de poète maudit. Il porte ses cheveux longs jusqu’aux épaules – pas à la métalleux, plutôt genre Zlatan sur le retour. Il doit plaire à toutes ces filles qui cherchent des névroses à dorloter. Assez beau gosse pour nous irriter, pas assez costaud pour se défendre. Ouais, la victime rêvée".

« Je voulais te parler de Jordan. Il faut que tu t’en méfies. – Le nouveau ? Pourquoi ? – Parce que c’est un Mage, comme moi. Le fils d’amis de mes parents. S’il découvre que tu connais l’existence du Spectre, ce sera un aller simple pour l’amnésie. Ces délires à la Men in Black commencent à me fatiguer. Je serre les poings à m’en blanchir les jointures. J’ai une envie folle de me battre, mais je ne dois pas me tromper de cible. – OK, compris. La discrétion est un talent inné chez moi. Ça et le sexe, bien sûr ».

« Elle est malade, cette fille ! Perso, je serais incapable de m’assommer comme ça. Mon instinct de préservation me pousserait à me protéger au dernier moment, à ouvrir les yeux. Elle, non. Droit dans le mur. Paf le chien ».

6#-Un retour de bâton très plaisant à lire : Allons bon, même si je n’aime pas beaucoup Jordan, le nouvel élève américain qui va sans doute tenir une place très importante dans le prochain tome (il est déjà bien présent dans celui-ci), il n’empêche que j’ai beaucoup apprécié le passage où les trois copains d’Alexandre en prennent pour leur grade ! Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Personnellement, j’ai toujours du mal à comprendre les lâches qui se mettent à plusieurs pour attaquer une seule personne…Nous n’allons pas refaire le monde, mais très sincèrement, voir ces trois zozos à l’hôpital après l’explosion, bien fait pour leur gueule ! Même si ce sont les copains d’Alexandre, même si Alexandre aurait pu faire comme eux, quinze jours auparavant, il n’empêche que de voir une victime prendre sa revanche, et bien cela fait un bien fou ! C’est l’effet « Carrie » dans toute sa splendeur ! Je n’aime pas Jordan mais là, il a eu franchement raison ! Bien fait pour leur gueule !!!

« Il a une langue, c’est à lui de dire ce qu’il compte faire. Et je n’étais pas parmi ceux qui l’ont frappé. Alors ta baffe de tout à l’heure, je l’ai un peu mal prise.
– Ce sont tes amis !
– Et ? Il est sous ma responsabilité, ce Jordan ? Je ne crois pas ! Et je n’ai pas envie de m’engueuler avec tout le monde pour ses beaux yeux. Il s’est fait cogner, OK, ça arrive, maintenant ils se sont défoulés et je vais m’arranger pour que ça ne se reproduise plus. Ça te va ?
– Ça me va. Ce n’était pas moi qui venais de répondre, mais Jordan. Il tendit une main aux ongles impeccables vers les bras musclés d’Alexandre, qui hésita un instant avant de la lui serrer. Ils se tenaient là, tous les deux, aussi différents que possible. L’un aux allures de poète écorché, l’autre sportif et bronzé ».

« Je heurte le sol avec une telle violence que j’en ai le souffle coupé. On m’a appris à tomber au karaté, mais aucune de nos chutes sur tatami ne m’a préparé à un tel choc. J’amortis en frappant de la paume, je rentre la tête, puis le temps reprend son cours et je roule sur le côté. Le chaos règne autour de moi. Ma vision est floue et je lève une main tremblante vers mon visage. J’espère que mes yeux ne sont pas touchés ! Heureusement, ce n’est que du sang qui alourdit mes paupières. J’arrive à bouger mes bras, mes jambes. J’ai mal, bordel ! Je ne me suis pas trompé. Cette odeur, c’était bien du gaz. J’ai entendu parler d’explosions dévastatrices, capables de raser un quartier entier. Pourtant, le préau est toujours là, intact. La poche de gaz ne devait pas être importante ; elle a suffi pour m’envoyer voler. Je me hisse sur un coude malgré la douleur. La souffrance est une vue de l’esprit (quel enfoiré, cet esprit) ! Non loin de moi, Azur gît face contre terre. Fred est à moitié affalé sur lui, et sa main tremble de manière spasmodique. Quant à Charles... Charles a été projeté contre le mur. Il a glissé au sol, les yeux clos. Un frisson me parcourt la nuque. J’espère qu’il est en vie. Je suis certain qu’il est en vie. Bien sûr qu’il est en vie ».

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
Certains passages un peu trop « puérils » pour moi : Bon, après, est-ce vraiment un défaut pour ce livre, non, certainement pas puisque c’est une saga qui est plutôt ciblée pour les adolescents et c’est donc normal que les problèmes d’adolescents y soient évoqués….J’ai parfois trouvé Manon un peu nunuche à certains passages (notamment vis-à-vis de Jordan et de son attirance – et peut-être son aveuglement vis-à-vis de lui quand pourtant Alexandre lui disait de s’en méfier…). Et les stéréotypes de la fête d’Halloween organisée par la chipie du lycée, Clara, oui, bon, bah je dois dire que j’ai passé l’âge pour apprécier de lire ce genre de passages….C’est du vu et du revu pour moi ! Mais je peux comprendre que cela plaise aux ados qui sont, je le répète, la cible phare de cette saga !

« Ah, Jordan. Il était grand comme mon frère, mince, avec de longs cheveux noirs attachés en catogan. Ses yeux verts pétillaient d’humour derrière de petites lunettes de marque. Il était habillé avec classe, comme sorti d’un autre siècle, et je lui pardonnai aussitôt ses cheveux longs. Pourquoi les garçons étrangers sont-ils toujours aussi beaux ? Lorsqu’il esquissa un sourire, mon cœur manqua un battement. Autant ceux des autres me semblaient impersonnels, autant celui-ci m’était directement destiné. Je me refusai à rougir comme une midinette mais zut ! J’avais l’impression d’être l’héroïne d’un manga ! » 

Pour conclure, Ce 2ème tome n’est pas passé loin du coup de cœur et je dois dire que c’est avec un grand plaisir que je me lancerai très prochainement dans la lecture du 3ème tome. L’action est très présente dans La menace, nous assistons également à l’évolution de nos deux héros, Manon et Alexandre qui se lient de plus en plus avec bien évidemment des hauts et des bas puisque ce ne sont que des adolescents de 16 ans mais qui ont, à leur décharge, le fait de porter malgré eux sur leurs épaules des responsabilités et des grands secrets pas toujours facile à assumer pour leur jeune âge. Attendez-vous à beaucoup de surprise, des volte-face, des désillusions dans ce tome, mais aussi des moments très forts en émotion. L’auteur français, Olivier Gay, nous laisse sur une fin très frustrante….Vite, la suite !

Ma note : 17,50/20

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