samedi 22 août 2015

SCORPI - Tome 1 : Ceux qui marchent dans les ombres

Roxane Dambre
Les éditions de l'Epée (2015)
277 pages

Synopsis :
Par un de ces orages d’été dont Paris a le secret, Charlotte, 23 ans, découvre un petit garçon blotti au pied de son immeuble, ses cheveux sombres ruisselant d'eau, son T-shirt plaqué par la pluie. Charlotte, qui est la gentillesse même, lui propose de s’abriter chez elle. L’enfant la suit sans un mot. D’ailleurs, il parle très peu, mais quand il parle c’est pour dire des choses ahurissantes : ses parents et son grand frère seraient des tueurs à gages aux pouvoirs mystérieux, baptisés les Scorpi. Lui-même, Élias, serait en apprentissage. Et sa phrase fétiche semble être : « Tu veux que je le tue ? » Charlotte n’en croit pas un mot, d’abord. Mais bientôt elle découvre dans son salon une version 25 ans d’Elias, un grand brun aux yeux bleu outremer qui a l'air de débarquer d'un autre monde. Adam, le fameux frère, vient d’entrer dans sa vie, et celle-ci va tourner à la cavalcade. Poursuivie par des inconnus, repérée par la police, rendue chèvre par ses "invités", Charlotte arrivera-t-elle à maîtriser la folie tantôt joyeuse tantôt angoissante que devient son destin depuis qu'elle a rencontré les Scorpi ? Alors ? Prêts à suivre ceux qui marchent dans les ombres ?

C'est le premier livre que je lis de la jeune auteure française Roxane Dambre, bien qu'elle soit déjà connue pour sa saga "Animae", qui commence même déjà à être adaptée aux Etats-Unis, excusez du peu !

Pourtant, c'est Scorpi qui a retenu toute mon attention pour la découverte de Melle Dambre. En effet, une histoire avec des tueurs à gages ne pouvait que me plaire....Et je ne me suis pas trompée ! J'ai passé un excellent moment de lecture auprès de Charlotte, Adam, Elias et tous les autres !

Ce que j'ai aimé dans ce livre : 
-L'humour, que ce soit les réparties de Charlotte que le comique de situation avec les deux frères Lesath souvent totalement décalés ;
-La multitude de sujets traités en moins de 300 pages :
-Le basculement soudain dans un univers merveilleux (et avec des créatures autres que des loups-garous ou des vampires...).
-Une réflexion intéressante sur les vrais "tueurs" de notre société moderne de consommation. Je partage totalement le point de vue de l'auteure (qui s'exprime à travers d'Adam...).

Ce que je n'ai pas aimé dans ce livre :
-La manière un peu trop rapide dont Charlotte accepte l'existence de ce monde merveilleux
-La manière un peu trop rapide dont Charlotte tombe amoureuse d'Adam (ses "Mon grand brun" à tout bouts de champs m'ont gonflée)
-Un détail culinaire : Charlotte n'a pas arrêté de cuisiner des légumes au petit Elias, même le jour où elle l'a trouvé grelottant en bas de chez elle, sous l'orage.....Je veux bien que nous soyons dans la mode "5 fruits et légumes par jour" mais comme plat consistant et de "réconfort" à un gamin qui a passé des heures et sans doute des jours dans les rues, il y a mieux......Je suppose que l'auteure Roxane Dambre n'a pas d'enfants pour croire qu'un gamin de 10 ans puisse aimer manger comme une jeune femme de 23 ans éternellement au régime.....



Quelques extraits choisis dans le livre :

"Code de conduite des membres d'Upsilon Scorpi :
Article 1 : Nous ne tuons jamais sans rétribution.
Article 2 : Nous ne tuons ni femme ni enfant.
Article 3 : Nous ne tuons pas nos commanditaires tant que la mission en cours n'est pas achevée, même en cas d'offre supérieure de la part de la cible.
Article 4 : En cas de menace sur notre famille, aucun des articles ci-dessus ne s'applique."

Les journaux ne parlaient que de ça depuis une semaine. Un tueur sévissait dans les rues de la ville, après la tombée de la nuit. Nul ne savait vraiment la façon dont il choisissait ses victimes, mais pour ce que j'avais compris des mots politiquement corrects de la presse, il assassinait des hommes connus des services de police. Des dealers ou des fauteurs de troubles, principalement".

"Pourquoi me sentais-je à ce point incapable d'offenser les gens ? L'idée même de peiner quelqu'un me rendait malade".

"Moi, c'est Charlotte. Son visage s'anima soudain et il me considéra avec un intérêt nouveau. Forcément. Il avait l'âge pour me faire des blagues à base de fraises, lui ! -Charlotte ? murmura-t-il. -Oui. -Comme la plus célèbre meurtrière de ce pays ? Hein ? -Charlotte Corday,celle qui a assassiné Marat dans sa baignoire. Il sortait d'où, ce même . -Euh...J'imagine, oui, bredouillai-je." 


"A dix ans, moi non plus je n'avais pas assez confiance dans la race humaine pour déballer ma vie à un inconnu. Cela dit, à vingt-trois, je n'avais pas vraiment progressé...".


"Ce chauffe-serviettes, c'était la petite folie que je m'étais autorisée lors de mon emménagement. Les loyers parisiens exorbitants m'avaient découragée d'habiter la capitale intra-muros, alors je m'étais rabattue sur un immeuble de la proche banlieue. Malgré cela, le prix de ce malheureux trente-cinq mètres carrés à Nanterre, pour moi qui avais vécu les vingt premières années de ma vie près de Montpellier, m'arrachait presque des larmes tous les mois".

"Qu'est-ce qu'ils font comme métier, tes parents ? Après y avoir bien réfléchi, j'étais prête à tout entendre. De chômeurs aigris à traders richissimes, rien ne me surprendrait de la part de ces bourreaux d'enfants. Elias ne cilla même pas. -Tueurs à gages, répondit-il tranquillement. Une seconde de silence s'écoula. Ok. J'étais surprise. Et peut-être un brin paniquée, aussi. Tueurs à gages ? Elias m'observait. Je me repris. Tueurs à gages. Comme si cette profession existait en France !".


"Dis-moi, entamai-je pour essayer de sortir Adam de mes pensées, Firmin, c'est un lutin ? -Oui. Et il attaqua sa salade à belles dents. Super. Un après-midi avec son frère et il reprenait ses habitudes infernales. -Pourtant, il n'a pas une tête de lutin, relançai-je, donc. L'enfant releva les yeux vers moi, surpris. -Ah bon ? Articula-t-il, la bouche pleine. Ca a quelle tête, d'habitude, un lutin ? Bonne question".

"Ca ne t'empêche jamais de dormir, la nuit ? Demandai-je en pressant mon visage contre son torse. -Quoi donc ? -De tuer des gens. -Non, pourquoi ? Je redressai la tête, désabusée. Il avait l'air surpris, en plus !"


"Soit les tueurs sont des psychopathes finis qui n'aiment personne, soit ce sont des gens normaux qui ont commis un acte affreux et qui s'en veulent à mort après. Un sourire goguenard apparut sur le visage d'Adam. Bon, d'accord, c'était peut-être un peu réducteur. Mais en gros, je n'étais pas loin de la vérité, si ? -Tu me parles des humains qui peuplent les prisons, là, dit-il. Des personnes qui n'ont tué qu'une ou deux personnes, par accident ou sous le coup de la colère, ou par goût dans le cas des psychopathes. Si tu veux me comparer à quelqu'un, compare-moi à ceux qui tuent pour leur métier, comme moi. -Pour ler métier ? M'exclamai-je. Le métier de bourreau a disparu depuis longtemps, en France ! -Oh, je ne parle pas de bourreaux. Ils ne sont plus si nombreux que ça dans ce monde. Je parle des agriculteurs, des marins, des patrons d'usine....Les vrais tueurs d'humains. J'ouvris des yeux ronds. -Ce ne sont pas des tueurs ! Il haussa les épaules. -Les agriculteurs empoisonnent la terre en y répandant des pesticides, énonça-t-il. Les éleveurs empoisonnent les bêtes avec leurs hormones et leurs antibiotiques. Les marins empoisonnent la mer avec le dégazage sauvage des pétroliers. Les industriels empoisonnent l'air et l'eau avec les "rejets autorisés" qu'ils ont monnayés. Je fronçai les sourcils. -Pourtant les gens mangent les céréales, la viande et le poisson, poursuivi-t-il.ILs boivent et ils respirent. Ils développent des intolérances, des allergies, du diabète, des cancers. Des populations entières souffrent de malformations congénitales à cause d'une eau contaminée ou d'une nourriture  malsaine. Chaque jour, des centaines de personnes meurent à cause des actes des autres. Crois-moi, si la race humaine d'éteint, ma famille n'y sera pour rien. Mes yeux s'écarquillèrent. Les doigts d'Adam jouaient à nouveau distraitement avec mes boucles. -Mais...protestai-je. ces types, ils ne le font pas exprès ! Il souleva un sourcil sévère. -Tu crois que le capitaine qui dégaze en pleine mer alors que c'est interdit ne le fait pas exprès ? Que le patron de l'usine ne connaît pas en permanence le taux de pollution qu'il relâche ? Bien sûr qu'ils font exprès. Ils n'ont peut-être pas toujours le choix, mais ils savent le mal qu'ils font. Et ils se donnent bonne conscience, en plus. Moi, quand je tue quelqu'un, je sais ce que je fais et j'assume. Eux, ils relarguent leur poison dans la nature et ils croisent les doigts pour qu'il ne touche personne ou que les doses soient assez faibles pour rester sans effets".


"Mon fiancé s'arrêta. Un homme d'un certain âge vêtu de larges habits recouverts d'un tablier sortit de derrière un bosquet, en s'appuyant sur des béquilles. Ses cheveux blancs disparaissaient sous un large chapeau de paille. Je me retins de froncer les sourcils en constatant qu'une de ses jambes manquait à l'appel. Surtout, ne pas regarder. Trop tard. Maintenant que je m'en étais rendu compte, je ne voyais plus que ça. Catastrophe".

"-Où est-on ? demandai-je. -Euh....Dans le parc de mon manoir...répondit Adam sur un ton incertain. Je pouffai. -Mais non ! Où est-on en France ? Dans quelle région ? -Ah ! Dans le territoire de Belfort. La ligne bleu foncé, qu'on voit à l'horizon, ce sont des Vosges. Emerveillée, je contemplai le paysage. Le territoire de Belfort. L'Est de la France, donc. Je ne connais pas l'Est. Je ne savais même pas qu'il existait de si beaux endroits".


"Donc, repris-je avec plus de légèreté, une humaine peut avoir des enfants avec une créature de l'ombre. Les yeux d'Adam s'écarquillèrent comme si j'avais dit la chose la plus stupide du monde. -Evidemment ! s'écria-t-il. Tu crois qu'Elias m'aurait trouvé une femme qui ne pouvait pas perpétuer la lignée ?".


Pour conclure, j'ai passé un très bon moment de lecture et c'est avec plaisir que je lirai la suite des aventures de Charlotte et ses amis !


Ma note : 17/20


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