mercredi 12 avril 2017

MISTER PERFECT

Linda Howard
Les Editions J'ai Lu (2013)
Sortie originale 2000
344 pages


Synopsis :
Trois fiançailles ratées… et Jaine est toujours à la recherche de celui qui saura la combler ! S’il existe, ce n’est sûrement pas son nouveau voisin, un alcoolique sale et bruyant. Un soir, entourée de ses amies Marci, T.J. et Luna, elle dresse le portrait de l’homme parfait : honnête, fidèle, gentil, fiable, drôle, friqué, beau gosse, bon coup… Si incroyable que cela puisse paraître, cette liste va, du jour au lendemain, leur faire connaître la célébrité. Mais aussi pas mal d’ennuis. Et l’aventure tourne au cauchemar quand l’une d’elles est assassinée. Terrorisées mais déterminées à venger leur amie, les trois autres mènent l’enquête…

"Mais quelle mouche l'avait donc piquée ? se demanda-t-elle. Ce n'était pas la première bistouquette qu'elle voyait Certes, Sam en avait une magnifique, mais la lycéenne ingénue d'antan avait visionné quelques films porno et feuilleté plus d'un Playgirl, si bien qu'elle avait déjà vu plus grand. D'autre part, malgré ce qu'elle avait pu dire au sujet de l'homme parfait et de ses attributs, le pénis importait moins que l'homme qui se trouvait au bout. L'homme parfait. Merde, comment avait-elle pu oublier? De la même façon qu'elle avait oublié Sam et son popaul en tombant sur ce satané reportage, voilà comment. Dans le genre absorbant, ces deux sujets arrivaient à égalité avec, disons, l'incendie de sa maison".

Mister Perfect de l’auteure américaine Linda Howard m’a fait passer un très joli moment de lecture, avec quelques éclats de rire, de l’émotion mais aussi un peu de stress puisque nous suivons un groupe de quatre amies et l’une d’entre elles va se faire sauvagement assassiner et les autres semblent être les prochaines sur la liste…..

En parlant de liste, toute cette tragédie débute d’abord sur un gros délire entre copines, qui sont aussi toutes les quatre collègues de boulot (elles travaillent à Hammerstead, une grosse entreprise spécialisée dans l'équipement informatique en partenariat avec General Motors à Warren, dans le Michigan), et ont pris l’habitude de se retrouver tous les vendredis soir dans un bar-restaurant, le chez "Ernie", pour décompresser de leur semaine.

Le quatuor est composé bien entendu de Jaine, l’héroïne de ce livre, qui est une jeune femme de 30 ans qui vient tout juste de s’acheter sa propre maison dans un petit quartier tranquille à la « Westeria Lane ». Tout serait parfait pour elle si elle n’avait pas un voisin qu’elle a pris en grippe….Jaine est célibataire malgré un physique avantageux et un trésor caché dans son garage (piège à mecs !), mais le problème pour elle, c’est qu’elle est surtout une grande gueule qui débite des gros mots et des injures au quart de tour…C’est sa nature, elle essaye de se « soigner » car elle sait bien que cela n’est pas très distingué et cela peut faire fuir les hommes….T.J, quant à elle, vit en couple avec son mari, mais ce n’est plus trop ça, nous avons aussi Maci qui a choisi un style de relation à la cougar, en entretenant un homme plus jeune chez elle, qui ne fait pas grand-chose de ses dix doigts (pour chercher un boulot, en tout cas…). Et enfin, le groupe d’amies se conclue avec la présence de Luna, une très belle jeune femme de 23 ans, à la peau caramel, de par ses différents métissages qui vit une relation « cachée » avec une star du sport mais qui sait aussi qu’elle doit aussi le partager avec d’autres femmes……

Bref, nous comprenons assez vite qu’aucune de ces quatre femmes n’est satisfaite avec un homme et ne vis le parfait amour car elles n’ont pas encore rencontré leur « Monsieur Parfait »…..

Lors d’un vendredi soir de papotages autour de leur repas détente hebdomadaire, elles vont donc avoir l’idée de faire une liste d’éléments essentiels dont doit être doté un homme….Si les qualités comme l’honnêteté et la fidélité ne peuvent être réprouvées, à partir du moment où les quatre demoiselles commencent à parler de centimètres et de fixer les meilleurs mensurations du mâle idéal, cela commence à partir dans des délires comiques….Qui, s’il reste entre elles, n’est pas grave, mais à partir du moment où une personne s’empare de la liste et commence à la rendre publique, toute la communauté commence à s’agiter….Les femmes parce qu’elles approuvent (pour la plupart) cette liste, et les hommes, qui, beaucoup, sont vexés, très vexés…..Un homme en particulier va devenir complètement furax et va vouloir « écrabouiller ces sales bonnes femmes qui osent se moquer de lui »……Et voilà comment d’une petite blague sympa, nous nous trouvons projeter dans un drame atroce et totalement injuste (comme tous les crimes commis par des cinglés, vous allez me dire…).

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-Les engueulades entre Jaine et Sam : Leur relation commence très mal puisque cela fait 15 jours que Jaine a emménagé dans son nouveau quartier et elle s'est déjà fait un ennemi à distance en la personne de son voisin le plus proche, qu'elle prend pour un alcoolique chômeur...Quand finalement, les circonstances vont faire qu'ils vont enfin "vraiment" faire connaissance et réaliser qu'ils se "pourrissaient" la vie pour rien, une relation relativement amicale va naître entre nos deux héros, même si, bien évidemment, nous sentons très rapidement la très forte tension sexuelle qui monte entre ces deux-là ! J'ai adoré ce couple haut en couleur ! 

"Jaine n'avait pas l'habitude de courber l'échine. Elle ne connaissait même pas son nom. Elle ne connaissait de lui que ses manières frustes et son probable statut de marginal. Au mieux, c'était un ivrogne, et les ivrognes peuvent être cruels et violents. Au pire, il baignait dans des combines louches, ce qui le rendait également dangereux. Il était grand et musclé, avec des cheveux de jais coupés ras, limite skinhead, et une éternelle barbe de trois jours. Ajoutez à cela des yeux rougis et un caractère de chien, et vous obteniez un poivrot invétéré. Dire que ce quartier lui avait paru sûr..."

2#-L’humour : C'est l'un des points forts de ce livre ! Le langage totalement décomplexé de l'héroïne, ses réparties et ses vannes qui claquent, que ce soit envers ses amis, sa famille ou son voisin sexy ! Il y a aussi l'humour de situation qui est bien présent.....Il fallait cela pour contrebalancer la folie meurtrière et destructrice du psychopathe caché dans l'ombre ! En tout cas, on peut dire que l'auteure Linda Howard se lâche, notamment en ce qui concerne les sujets abordant la sexualité ! En même temps, quatre filles ensemble, il leur est difficile de ne pas évoquer les mecs à un moment ou à un autre et on peut dire que Jaine n'est pas la dernière (en même temps, avec son passé affectif désastreux, elle a de quoi parler !).



"— Je vois, vous parlez mecs. 
— Non, on parle science-fiction, rétorqua Jaine, ce qui souleva une nouvelle vague d'hilarité. Les clients alentour les dévisageaient à nouveau, l'oreille tendue. Le serveur parti, Marci se pencha en avant pour ajouter: 
— Et pour finir, j'exige que l'homme parfait ait un organe de 25 centimètres ! 
— Seigneur ! s'exclama T. J. en s'éventant avec la main comme si elle allait tourner de l'œil. Qu'est-ce que je ne ferais pas avec 25 centimètres... ou plutôt: qu'est-ce que je ferais ! Jaine se tenait les côtes tellement elle riait. Elle parvint tout de même à aligner quelques mots, en luttant pour ne pas hurler: 
— Attends ! Tout ce qui excède 20 centimètres ne sert qu'à tourner dans des films. C'est là, sous tes yeux, mais tu ne peux rien en faire. Ça en jette dans les vestiaires, mais soyons objectives: ces cinq centimètres de rab finissent toujours en restes dans l'assiette".

"Elle but son café en contemplant le lever du jour. BooBoo ne lui fit pas grief d'avoir à nouveau écourté son sommeil. Il se toilettait, assis au pied de la chaise, ronronnant dès qu'elle passait distraitement la main derrière ses oreilles. Survint alors un incident indépendant de sa volonté. Elle rinçait sa tasse, debout devant son évier, quand la cuisine du voisin s'illumina, révélant la silhouette de Sam. Ses poumons se bloquèrent. 
— Jésus Marie Joseph, geignit-elle quand elle retrouva un peu d'air. Jamais elle n'aurait pensé en découvrir autant sur le Sam. Tout, en l'occurrence. Il se tenait devant son réfrigérateur, nu comme un ver. Elle eut juste le temps d'admirer son derrière avant qu'il ne sorte une bouteille de jus d'orange, la dévisse et la porte à ses lèvres en se retournant. Elle oublia aussitôt le popotin. La proue du navire en jetait bien plus que la poupe, et ce n'était pas peu dire. Cet homme était sévèrement burné. 
— Mon Dieu, BooBoo, s'écria-t-elle. Non. mais tu as vu ça? Rarement Dame Nature s'était montrée aussi généreuse. Grand, le ventre plat, musclé comme un étalon... Elle colla son front contre la vitre et distingua son torse massif et velu. Elle connaissait déjà sa belle gueule. Ses yeux de braise, ses dents blanches et son rire chaud. Et voilà qu'il en avait dans le caleçon. Elle porta la main à sa poitrine. Son cœur faisait davantage que palpiter; il essayait carrément de lui défoncer le thorax. D'autres organes se joignaient à lui pour exprimer leur émoi. L'espace d'une seconde, elle voulut auditionner pour le rôle du matelas. Indifférent au tumulte intérieur de sa maîtresse comme au spectacle saisissant qui se jouait en face, BooBoo continuait de se lécher les pattes. Ce chat ne savait pas reconnaître les bonnes choses. Jaine se retint à l'évier pour ne pas tomber dans les pommes. Heureusement qu'elle avait renoncé aux hommes, sans quoi elle serait déjà en train de tambouriner à sa porte. Mais renoncement ou pas, elle demeurait sensible à l'art, et Dieu sait si son voisin entrait dans cette catégorie, à mi-chemin entre une statue grecque et une star du X. Bien que cette idée la révulse, elle se devait de lui demander de tirer les rideaux. C'était l'usage entre voisins, non? Ne voulant pas perdre une miette de la parade, elle chercha le téléphone à tâtons, puis se ravisa. Elle ignorait aussi bien le numéro de Sam que son nom de famille. Vous parlez d'une voisine ! En deux semaines elle n'avait pas trouvé le moyen de se présenter. Cela dit, lui non plus ne s'était pas donné cette peine. Et sans l'intervention de Mme Kulavich, elle ignorerait jusqu'à son prénom".

"— Donovan à l'appareil. Sa voix était rocailleuse et cassante, comme s'il n'était pas bien réveillé.
— Euh... Sam? 
— Ouais? On faisait plus accueillant. Elle voulut déglutir, mais constata que c'était ardu avec la langue pendante. Elle la rentra dans sa bouche et soupira de regret. 
— C'est Jaine, la nouvelle voisine. Ça m'embête de vous dire ça, mais peut-être préféreriez-vous... tirer vos rideaux ? Il se tourna face à la fenêtre, et ils s'observèrent un instant à travers leurs deux allées de garage. Il ne bondit pas sur le côté, ne disparut pas derrière un mur, ne fit rien qui puisse indiquer de la gêne. Non, il souriait. Bon sang, elle ne supportait pas ça. 
— Vous vous êtes rincé l'œil, hein? dit-il en se rapprochant du carreau pour attraper le rideau. 
— Oui, c'est vrai. Cela faisait bien cinq minutes qu'elle n'avait pas cligné des paupières. 
— Merci, dit-elle lorsqu'il disparut derrière ses tentures. 
— Tout le plaisir était pour moi, répondit-il en riant. N'hésitez pas à me renvoyer l'ascenseur. Il raccrocha sans lui laisser le temps de répondre, ce qu'elle n'aurait pu faire de toute façon. Elle baissa son store et se frappa le front. Mais oui, enfin ! Elle n'aurait eu qu'à baisser son store et basta ! 
— Je suis la reine des idiotes, confia-t-elle à BooBoo. L'idée de se déshabiller devant Sam la remua - et l'excita. Elle virait exhibitionniste, ou quoi ?"

3#-Le suspens : Vous dire que j'ai été totalement surprise par l'identité du psychopathe fou vers la fin du livre est un pléonasme ! Franchement, j'ai été bluffée ! Linda Howard a très bien su doser la part de tension et de drame dont avait besoin ce récit ! J'ai été plongée dans ma lecture du début jusqu'à la fin ! Bravo !

4#-Le chat BooBoo : Jaine est chargée de garder le chat de ses parents (et la superbe voiture de collection de son père) pendant que ceux-ci sont partis en croisière. A part le fait que cela suscite la jalousie de son frère et sa soeur qui se demandent pourquoi c'est elle que leurs parents ont choisi pour ces responsabilités, je dois dire que j'ai beaucoup apprécié le fait que l'auteure fasse intervenir ce chat facétieux dans le récit. Avec la présence du tueur psychopathe (dont nous savons qu'il a déjà tué le hamster de son lycée, lors d'un flash-back qui lui est consacré), me faisait craindre le pire pour notre cher BooBoo, hors, heureusement pour ma sensibilité de lectrice, BooBoo va finir par s'en sortir sain et sauf ! Je m'en fous si vous pensez que j'aurai dû mettre ce détail en spoilers ! ce n'est qu'un détail ! et franchement, si je sais à l'avance qu'un animal est torturé dans une histoire, je ne prends même pas la peine de découvrir l'histoire, c'est un élément totalement insupportable pour moi ! Dans Mister Perfect, nous avons un chat qui en fait baver à sa maitresse provisoire (c'est normal, le chat est roi, nous ne sommes que ses serviteurs, surtout à 6h00 du matin, s'il a faim !), ce chat sert aussi de lien entre Jaine et Sam, il est donc essentiel au récit, et j'aurais vraiment eu les boules si l'auteure l'avait fait mourir sous les mains du sale taré qui s'en prend sauvagement à Jaine et ses copines ! Vive BooBoo ! (ou Bou-mou, comme l'appelle Sam....).


"BooBoo réveilla Jaine à 6 heures en miaulant dans son oreille. 
— Dégage, grogna-t-elle en rabattant le coussin sur son visage. BooBoo miaula de plus belle, et se mit à boxer l'oreiller. Elle comprit le message : soit elle se levait, soit il sortait les griffes. Alors elle rejeta ses draps et s'adossa contre le mur, en le fusillant du regard. 
— Tu es un sacré vicelard, tu sais. Tu n'aurais pas pu faire ça hier matin, bien sûr. Non, il fallait que tu choisisses mon jour de repos".

"Le sermon ne sembla guère l'impressionner. Ainsi étaient les chats : même la plus ignoble boule de poils était convaincue de sa supériorité sur l'être humain. Jaine gratta BooBoo derrière les oreilles et le petit corps de l'animal se mit à vibrer d'un ronron sourd. Ses yeux jaunes fendus succombèrent au plaisir".

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
On s’attache aux personnages et certains meurent : C'est le problème avec un thriller, vous allez me dire ! Il y a forcément des morts, pour qu'il y a une tension dramatique et une enquête ! Le problème, c'est que Linda Howard nous a présenté son histoire sous un aspect si humoristique, à la limite de la chick-lit au début du récit avec Jaine et ses trois copines, que du coup, quand l'une d'elle meure (très violemment, à coups de marteau dans la tronche....Je vous laisse imaginer le résultat....), et bien cela est super choquant !!!!! Et il va aussi falloir assister à l'enterrement.....Après, c'est aussi ma faute, je savais dès la lecture du synopsis qu'il y allait avoir des morts !.....Ce que je n'avais pas prévu c'est que j'allais autant m'attacher au sort de ces quatre super copines !

Pour conclure, j'ai tout particulièrement apprécié l'héroïne, Jaine, qui n'a pas la langue dans sa poche et la sort souvent pour jurer et insulter ceux qui la font chier....Tout particulièrement son nouveau voisin (enfin, c'est elle qui vient de s'acheter une maison, donc techniquement c'est plutôt elle, la nouvelle voisine...). La relation survoltée et ombrageuse de Jaine et Sam est un pur délice à lire car bien entendu, nous comprenons tout de suite que ces deux-là ont tout pour faire un duo parfait....Les circonstances dramatiques qui vont toucher notre héroïne et ses trois copines vont la rapprocher de Sam puisqu'il est flic (et sexy, macho, viril....Bref, un héros masculin "howardien" avec le sens de l'humour et des réparties en plus, et il en faut pour tenir tête à la grande gueule qu'est notre super Jaine !). Le détraqué en rogne qui a pris pour cible nos quatre amies est hyper flippant, notamment par rapport au fait qu'il veut les tuer (réduire leurs jolies têtes en bouillie, plutôt) pour un sujet totalement futile (en même temps, il ne faut pas chercher à comprendre les tarés...). J'ai donc beaucoup aimé Mister Perfect même si le thriller n'est pas mon style littéraire de prédilection mais avec la plume de Linda Howard, je ne suis jamais déçue, j'aime vraiment beaucoup cette auteure américaine (et ses héros masculins !). Le petit plus de ce livre ? L'humour ! Ca claque, ça mitraille à tout va, pour notre plus grand plaisir !.....Quitte à parfois oublier que nous nous trouvons dans un thriller, ce que, malheureusement, le psychopathe nous rappelle régulièrement lors de ses apparitions !....Lisez Mister Perfect, vous ne le regretterez pas !

Ma note : 17/20

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