jeudi 5 février 2015

SARANGINS - Tome 5 : Zar

Emmanuelle Amadis
Editions Sharon Kena (2015)
297 pages 


Synopsis :
Pour Qivia et Paméla, Zar a assoupli les règles du Cerdhe, il a permis à Karen d'accéder à leur bâtiment, et l'a même autorisée à un bref passage dans leur complexe pour assister au mariage de sa sœur. Il sait qu'elle n'est pas son Chèile, mais c'est plus fort que lui, il se sent irrémédiablement attiré par cette femme, et c'est pour lui plaire qu'il a commis la plus impardonnable des erreurs : il l'a laissée sans protection, ce dont s'empressent de profiter leurs adversaires. Une fois de plus, il va bousculer leurs règles, établies lors de leur arrivée sur Terre. Uniquement animé par ses émotions, il va la sauver d'une mort imminente, faisant appel à tous les moyens Sarangins à sa disposition, au risque de précipiter sa mort. Mais a-t-il raison de s'obstiner ? Et s'il parvient à la sauver, quel sera leur avenir ? Celui de Karen serait tout tracé, elle resterait à jamais leur prisonnière, elle en apprendrait trop sur eux durant sa convalescence pour être autorisée à sortir un jour de leur monde. Dans ces circonstances, Zar a-t-il encore une chance de pouvoir l'aimer comme il le souhaite si ardemment ?

Ce 5ème tome des aventures de nos beaux extra-terrestres partis de la planète Sarang pour trouver des compagnes humaines a été une nouvelle fois très plaisante. 

Néanmoins, j’ai été choquée plus d’une fois par les attitudes limites irresponsables et égoïstes de nos chers Sarangins, et tout particulièrement par Zar, le héros de ce tome, qui, en tant que chef de faction, s’est trouvé coincé entre ses obligations de protéger les siens et les sentiments qu’il éprouve pour Karen….Cela l’a conduit à des décisions maladroites qui, à mon sens, n’ont fait qu’empirer l’état mental déjà bien mis à mal de la jeune femme depuis son agression…..

Zar et Karen ne sont pas des personnages inédits puisque Karen n’est autre que la sœur de Pamela, l’héroïne du 4ème tome et Zar est le chef du Cerdhe de ce secteur là des Etats-Unis et nous le connaissons donc depuis le 1er tome.

A la différence des autres mâles Sarangins, Zar n’est pas sur Terre pour trouver son Chèile, (c'est à dire sa promise, l’unique femme qui pourra lui apporter l’amour infini et une descendance) car malheureusement pour lui, il a eu cette opportunité il y a quelques années, quand il vivait encore sur la planète Sarang. Losy, la jeune femme Sarangin est malheureusement décédée comme cela est arrivé trop souvent aux femelles de cette planète qui sont extrêmement plus fragiles que les mâles et qui supportent beaucoup moins les transformations liées au Chèile – et c’est d’ailleurs pour cette raison que les Sarangins ont été obligés de quitter leur planète pour trouver des compagnes ailleurs….

"Quand il avait compris que Losy ne survivrait pas à la maturation de son corps, Zar avait pris la décision de rester aux côtes de son Chèile aussi longtemps qu'il en aurait le courage, s'imprégnant de chaque heure supplémentaire, comme une chance de pouvoir emmagasiner des souvenirs de celle qui était l'autre moitié de lui-même".



Zar est donc sur la Terre car c’est une manière pour lui de se rendre utile et c’est sans aucune arrière pensée qu’il a débarqué sur notre planète. Seulement voilà, sans s’y attendre, quand nous le suivons dans le tome 4, il a fini par succomber au charme de Karen, une jeune femme qui dirige un ranch d’une main de fer et qui a élevé seule sa jeune sœur, Pamela, à la mort de leurs parents adoptifs.

"Lors de sa rencontre, il avait trouvé le courage et la détermination de Karen absolument remarquables, et il avait compris ce qu'un tel tempérament pouvait avoir d'attrayant pour des hommes comme les Sarangins. Elle n'était ni docile ni admirative, mais elle était honnête et fière. Celui qui parviendrait à la séduire aurait entre les mains un joyau, c'était une évidence : elle était trop entière pour ne pas être passionnée".

Le tome 5 reprend là où s'est arrêté le tome 4, avec l'agression sauvage de Karen par un groupe d'hommes anti-Sarangins, dont Léni, l'un des anciens employés du ranch, qui avait failli violer la jeune Pamela dans le tome 4 et qui se venge donc de tout son saoul sur Karen....La jeune femme sera retrouvée par Zar, agonisant dans son sang, les sales types l'ayant laissée avec une blessure au couteau planté dans la poitrine afin qu'elle meure très très lentement.....Zar, se sentant coupable de ce qui est arrivé à l'humaine, va donc employer tous les moyens pour la guérir. Si, au niveau physique, Karen se remet rapidement de ses blessures grâce à un système utilisé par les Sarangins et inconnu par les humains, il n'en est pas de même pour sa santé mentale....La jeune femme souffre en effet d'un symptôme post-traumatique extrêmement grave. 

Elle qui avait toujours été une femme forte autant physiquement que de caractère n'est plus que l'ombre d'elle-même et Zar va donc tout mettre en oeuvre pour retrouver l'ancienne Karen, celle qui avait réussi à faire battre son coeur....

Ce que j'ai aimé dans ce livre :
Curieusement, la fin ! Et oui, on a un gros suspens annoncé à la fin de ce tome, avec l'ellipse dans le temps et le fait qu'apparemment, les humains ennemis des Sarangins ont trouvé le point faible de nos extra-terrestres (le Chèile) et c'est Hellus qui va en faire les frais puisque, apparemment, d'après les dernières phrases, il ne semble plus se rappeler qu'il est amoureux fou de Claire et qu'il a eu un petit garçon avec elle....Vu qu'Hellus ( héris du tome 2) est l'un de mes Sarangins préférés, il me tarde de savoir ce qui va lui arriver, à lui et à Claire....

La vengeance des Sarangins : Ok, c'est peut-être politiquement incorrect de l'avouer, mais Zar s'est débrouillé pour savoir tout ce que les agresseurs de Karen lui ont fait subir, minute après minute....Et ensuite, il va leur faire la même chose (sauf pour le viol, là, il utilise un instrument, faut pas déconner quand même !...)....Je me dis que ce genre de justice, si elle était utilisée sur les criminels, ils ne se risqueraient peut-être pas à recommencer à violer et tuer des gens une fois sortis de prison....En tout cas, sur ce cas là, j'étais à 100% en accord avec Zar !

Ce que je n’ai pas aimé dans ce livre :
Le caractère hyper protecteur des Sarangins envers leurs compagne, leur Chèile : J’avoue, j’ai été révoltée par leur attitude, à la limite infantilisante de protéger leurs compagnes. Il y a d’abord Qivia qui empêche Pamela d’aller voir sa sœur grièvement blessée (pour lui épargner de souffrir, comme si elle avait 5 ans et ne pouvait pas supporter la vue de sa sœur dans cet état…) et ensuite, il en veut à Karen d’avoir fait pleurer Pam….PFFFFF ! Et c’est la même chose pour les autres Sarangins qui vivent dans le Cerdhe avec leur compagnes….Karen représente un danger pour eux car c’est une «banale humaine»…..Franchement, cette aspect là de leur personnalité m’a choquée ! Autant ils peuvent être charmants et aux pieds de la femme qui est leur Chèile, autant ils peuvent être impitoyables avec tous les autres humains….Quel manque de tolérance….

La personnalité très complexe de Karen : J’ai été horrifiée par ce qu’a subie Karen quand elle a été torturée et violée par les humains anti-Sarangins qui s’en sont pris à elle. Après, je peux comprendre que la jeune femme ait subit un énorme traumatisme, mais de là à développer un symptôme schizophrénique avec ses multiples personnalités qui se chamboulent dans sa tête, dont une, « Plume » qui ne va pas disparaître même quand Karen sera « guérie »….Tout ça m'a bien foutu la trouille et je me demande comment Zar peut supporter de vivre avec quelqu'un qui se transforme en quelqu'un d'autre pendant ses crises....



Le manque de bon sens de Zar et de l’équipe médicale des Sarangins : Vous avez devant vous une jeune femme qui a subit un énorme traumatisme, autant physique que mental….Cela vous viendrait à l’idée, vous, de la laisser sans aucune occupation, dans une chambre vide pendant des semaines et des semaines ?.....Après, il faut pas s’étonner que Karen perde la boule et se soit réfugiée dans ses « mondes intérieurs » et qui peut rester des heures et des heures assise sur son lit, le regard dans le vague…..Un peu de distractions, de la lecture, la télévision, internet, que sais-je encore, aurait peut-être pu lui changer les idées au lieu de la laisser se morfondre et ressasser encore et encore son agression dans sa tête (car en plus, pour couronner le tout elle n’a pas le droit de sortir du cerdhe, elle est en quelque sorte....Non, elle est FRANCHEMENT prisonnière)….Après, c’est sûr pour Zar qui venait lui rendre visite très régulièrement, cela a dû gonfler son ego car il est devenu le centre de l’existence de la jeune femme, qui, dans sa folie, s’en est remise totalement à lui…..On est à la limite du syndrome de Stockholm…..Même si Zar n’avait pas de mauvaises intentions, la manière dont il a enfermé Karen dans sa chambre, soit disant pour son bien, et pour le bien des Sarangins, m’a parue très malsaine…..



Pour conclure j'ai bien apprécié ma lecture, même si en fait, j'attendais autre chose de la relation entre Zar et Karen. Le fait que Karen soit "à la merci" des Sarangins (et des hommes en général) m'a déçue.....

Elle a été une victime durant tout le livre alors que dans le tome 4, c'était une femme de poigne...C'est dommage...Même si à la fin du livre, la jeune femme reprend un petit peu du poil de la bête et n'hésite pas lancer des petites piques à Zar, c'est dommage qu'elle ne soit pas retournée diriger son ranch, pour reprendre le contrôle de sa vie....

Malheureusement, comme  les autres femmes qui tombent sous le charme des Sarangins, elle accepte de vivre cloîtrée  dans le Cerdhe....J'aurais voulu retrouver une Karen combattante et fière comme dans le 4ème tome qui fasse tourner en bourrique Zar et malheureusement, ça n'a pas été le cas.....

Par contre, je pense que le tome 6 devrait beaucoup me plaire avec Hellus qui semble avoir perdu le souvenir de son Chèile, au grand désespoir de Claire et de tous les autres Sarangins qui se rendent compte que les humains hostiles à leur présence sur Terre ont enfin un moyen de les combattre et peut-être de les faire quitter notre planète.....Bref, vivement le 6ème tome et bravo à Emmanuelle Amadis pour avoir imaginé des héros aussi originaux !

Ma note : 17/20


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1 commentaire:

  1. Juste une petite rectification, ce n’est pas Chèile que Losy ne supporte pas, mais simplement son passage à « l’âge de pouvoir procréer », pour une humaine ça correspondrait plus ou moins aux premières règles, mais chez eux cela se produit plus tardivement.
    J’aime (bon, c’est facile, c’est moi qui leur donne vie ;-) les imperfections des êtres. Les bons qui ne sont pas toujours gentils, les méchants qui ont aussi des sentiments… et les choses que l’on fait par bêtise ou en pensant que c’est le mieux pour la personne que l’on aime, même s’il en résulte le contraire. Karen reste pour la majorité des Sarangins une « simple humaine » et donc un « risque » pour leur compagne, alors ils ont naturellement une réaction épidermique instinctive, même si elle est aberrante. On a vu des guerres « préventives » se déclencher pour bien moins.
    J’ai un regret sur ce tome (suite à cette critique), c’est de ne pas avoir su décrire l’état de Karen. Dans ma tête, elle est réellement folle (qui a dit que je l’étais aussi o_O), dans mon esprit, même physiquement sauvé par les Sarangins, seul l’amour de Zar lui permet de se remettre, il est le « pont » entre sa folie et le monde réel. Visiblement, je m’y suis mal prise, elle ne se réfugie pas dans ses mondes intérieurs, elle y est « coincée », et être entre quatre murs lui permet juste de se sentir à l’abri (une seule porte à surveiller). J’aurais vraiment dû ajouter un chapitre pour expliquer tout ça.
    Par contre, je n’aurais pas su modifier la fin, Karen a beau être forte, il y a des événements qui changent irrémédiablement la vie des gens et si certains savent rebondir, certains battants peuvent s’effondrer et ne jamais savoir se relever totalement. Il y a des limites à ce que l’esprit humain peut supporter, indépendamment de ce qu’un corps peut parvenir à guérir. Quitte à lui choisir une cellule capitonnée, le Cerdhe est finalement une option plus avantageuse pour Karen.
    Conclusion, j’ai encore du boulot avant d’être capable de faire passer tout ce qui bouillonne dans ma cervelle, de manière compréhensible (je vais y prêter plus d’attention en tout cas ;-)

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