samedi 30 septembre 2017

La maison bleu horizon

Jean-Marc Dhainaut
Les Editions Taurnada (2017)
260 pages



Synopsis Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?



« Quatre nuits qu’Hélène ne se rendormait pas après avoir été réveillée par son petit garçon. Elle sentait bien que quelque chose n’était plus normal dans sa maison. Et plus particulièrement cette nuit du 3 au 4 janvier, lorsqu’une fois sur le palier, elle entendit des bruits de pas derrière elle. En se retournant, elle vit la porte de la chambre de Thomas se refermer brutalement. Terrorisé, l’enfant hurlait. Ses cris résonnaient dans toute la vieille bâtisse ».

J’ai été contactée durant l’été par les Editions Taurnada pour me proposer la lecture du livre de Jean-Marc Dhainaut La maison bleu horizon. Vous ne le savez peut-être pas mais je ne lis que très rarement des Services Presse (mes raisons sont expliquées <ici>) mais voilà, les thèmes abordés par ce roman m’intéressaient très fortement et après avoir lu quelques avis très enthousiastes d’autres lecteurs sur la blogosphère, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je passe à côté de cette histoire…..Et bien m’en a pris ! Je ne regrette pas du tout mon choix d’avoir accepté ce SP car La maison bleu horizon a été un véritable coup de cœur pour moi !


D’ailleurs, cela fait presque deux semaines que j’ai terminé de lire ce livre (oui, je suis en retard dans mes chroniques, je sais !) et ma foi, j’ai toujours l’histoire en tête et le fait d’écrire maintenant mon avis sur mon blog - et donc, de me replonger plus minutieusement dans mes souvenirs de lecture - me ravie énormément ! (donc, oui, c’est vraiment signe d’une lecture coup de cœur pour moi !).

Avant d’aller plus loin, je tiens à remercier fortement Joël, des Editions Taurnada, ainsi que l’auteur Jean-Marc Dhainaut, pour m’avoir permis de découvrir cette fabuleuse histoire !

La maison bleu horizon est narrée à la 3ème personne du singulier et nous suivons Alan, un breton de 43 ans qui a pour profession d’enquêter dans les maisons soit disant « hantées » pour y trouver des solutions ou des explications. Même si Alan n’a aucun don particulier au niveau de l’extra-sensorialité, il a toujours été attiré par ce que l’on nomme vulgairement le « paranormal » grâce à son enfance passée auprès d’une grand-mère bretonne qui lui racontait les légendes de sa région et qui menait son existence avec certains rituels que les sceptiques pourraient nommer « superstitions ».

« Né d’une mère bretonne et d’un père originaire du Nord exilé en Armorique, son enfance fut bercée par les sombres récits que lui racontait sa grand-mère, les soirs d’hiver lors des veillées auxquelles elle tenait tant. Ces soirs-là, il fallait tout éteindre : lumières et radios. La télévision n’était par chance pas encore là. Le silence, rien que le silence, en grignotant de délicieuses galettes au beurre salé qu’elle préparait à la lueur des chandelles et du feu qui crépitait dans la cheminée. Alan, tout petit, et comme sa mère avant lui, absorbait les légendes de l’Ankou qui sillonnait les plaines de Bretagne, la nuit. Malheur à quiconque entendait le grincement de sa charrette au détour d’un chemin isolé. Lui, l’Ankou, vêtu de son sombre manteau en lambeaux, de cette capuche qui lui masquait le visage et qui ne dévoilait que les lueurs diaboliques de ses yeux, avec à la main, sa terrible faux pour faucher les âmes de ceux dont l’heure était venue ».

Alan n’est pas pour autant un homme totalement crédule et il nous est d’ailleurs expliqué dans le livre que la plupart des affaires dont il s’est occupé n’avaient rien à voir avec des hantises d’entités et avaient souvent une explication totalement rationnelle (comme le store de la salle de bain chez une dame qui murmurait « je t’aime » et qu’elle prenait pour des paroles prononcées par son défunt mari, par exemple…). Sa démarche est avant tout scientifique et avant d’envisager une intervention surnaturelle, il se base sur des analyses concrètes pour écarter toutes les hypothèses naturelles.
  
« Alan intervenait régulièrement à leur sujet par le biais d’articles, lors d’interviews à la radio ou lors des conférences. Certains de ses articles avaient pris pour habitude de dénoncer ces quêtes du frisson et s’attaquaient à ces présumés chasseurs de fantômes ou médiums qui prétendaient vouloir aider les gens, mais qui psychologiquement et financièrement étaient plus destructeurs que les phénomènes qui effrayaient les personnes qui les avaient appelés. Ceci lui avait d’ailleurs valu de s’attirer les foudres de ses « confrères » visés, mais il s’en moquait, car au travers de cela, il gagnait en respect et en crédibilité, même auprès de certains scientifiques réputés bornés ».

Notre héros a néanmoins une ouverture d’esprit en ce qui concerne les choses « de l’invisible » et d’ailleurs, son meilleur ami, Paul, est parapsychologue (et prof de physique, vui vui !) et fait des conférences à travers la France (ils se sont rencontrés lors de l’une d’entre elles il y a 25 ans) et la secrétaire d’Alan, Mina, a - quant à elle - des capacités médiumniques qui peuvent être forte utiles à son patron…

« Vous savez, s’il est vrai que les fantômes n’existent pas, je crois que les fantômes, eux, l’ignorent, plaisanta Alan. Le mot “fantômes” est assez péjoratif, mais je présenterais cela autrement. Je baigne dans cet univers depuis que je suis né. Chez nous, en Bretagne, nous ne plaisantons pas avec ces choses-là. Mais je suis toujours resté en retrait sur toutes les fausses affirmations de certains, principalement celles des médiums très portés sur la spiritualité. Je ne suis pas un spirituel. J’ai une approche très cartésienne et psychologique de ces phénomènes. Je voulais bien croire qu’il y avait autre chose après la mort. J’avais d’ailleurs vécu quelques expériences troublantes lorsque j’étais enfant, mais c’est la rencontre avec mon ami Paul, parapsychologue, mais professeur de physique avant tout, qui a littéralement forgé mes convictions et qui a fait que je me suis lancé dans les enquêtes paranormales ».

L’histoire de La maison bleu horizon se déroule durant le très froid hiver de 1985, aux premiers jours de janvier, quand une grande partie de la France fut paralysée par la neige et le verglas. Et puisque nous sommes dans une histoire de fantômes, nous aurons droit aussi à des « flash-backs » (je mets des gros guillemets sur ce mot !) qui se déroulent durant la première guerre Mondiale, en janvier 1915.

Alan reçoit un jour le message sur son répondeur téléphonique de Mme Hélène Annereaux, une mère de famille qui vit dans un petit village près de Villers-Bretonneux, dans la Somme, et qui est témoin de phénomènes étranges et inquiétants dans sa maison, depuis que son mari est parti en déplacement professionnel il y a maintenant quelques jours.

Hélène a entendu parler d’Alan lors de l’une de ses interviews à la radio et c’est donc avec beaucoup d’attentes et d’espoirs qu’elle va accueillir notre héros dans son foyer où vivent actuellement ses deux enfants, Peggy, une ado rebelle, Thomas, un petit garçon timide et craintif et Mélanie, leur jolie domestique d’une petite trentaine d’années…Sans oublier Lascar, le vieux chien de la famille, qui, même s’il est pratiquement aveugle, entend très bien lui aussi les bruits suspects qui dérangent ses maîtres depuis quelques jours dans la maison….

Les conditions météorologiques de ce début de janvier 1985 vont obliger Alan à rester plus longtemps que prévu dans la maison des Annereaux et du coup, l’auteur Jean-Marc Dhainaut nous entraîne dans une sorte de huis-clos angoissant avec la tension qui monte crescendo, au fur et à mesure des jours et des heures, avec, entre autre, les pannes d’électricités causées par la tempête de neige qui isolent les habitants de cette vieille bâtisse bourgeoise (et les nuits sont longues en janvier…surtout quand il y a des fantômes qui se baladent dans l’obscurité…Brrrrrr ! ).

Le récit est très haletant dans son déroulement mais aussi vis-à-vis de la personnalité des habitants de la maison que découvre Alan. Nous avons notamment Hélène, la mère de famille, qui est bien évidemment angoissée et effrayée par les manifestations des entités dans la maison qui terrorisent essentiellement son fils, le petit Thomas, 5 ans (puisque lui, pauvre petit bonhomme, il a droit aux visites d’un homme fantômatique et à l’allure hostile dans sa chambre….), Hélène est également inquiète du silence radio de son mari qui ne l’a pas rappelée depuis qu’il est parti en déplacement professionnel. Comme le froid et la neige provoquent des pannes de courant et de téléphone, elle se rassure en se disant qu’il est sans doute quelque part dans un hôtel à l’autre bout de la France et qu’il essaye de la contacter en vain….Néanmoins, plus les jours passent, plus l’angoisse monte. Alan va aussi vite remarquer qu’Hélène entretient une relation très particulière avec Mélanie, la domestique de la maison. Celle-ci est fort jolie, même si elle est ce qu’on peut qualifier de « vieille fille », elle n’a plus de famille et semble douce et résignée à son sort (une manière de vivre et de penser qui correspondrait plus aux domestiques d’antan qu’à une jeune femme des années 80….). Sa beauté est perçue comme une menace pour Hélène et celle-ci est donc souvent très cassante et désagréable avec elle…..Bonjour l’ambiance !....Sans parler de Peggy, la fille aînée d’Hélène, qui comme une ado normale, est très agaçante, elle envoie promener tout le monde, se réfugie souvent dans sa chambre pour bouder, en claquant la porte et surtout, elle voit d’un très mauvais œil la présence d’Alan chez eux pendant l’absence de son père et elle le lui fait sentir très ouvertement…..Bref, Alan est coincé pour plusieurs jours dans une maison plutôt lugubre avec ses habitants particuliers….

Avant d’aller plus loin dans ma chronique de ce livre, je précise – pour ceux qui ne le sauraient pas encore et qui n’ont pas lu mes chroniques actuelles sur les livres du Dr Jean-Jacques Charbonnier, de Patricia Darré ou de Stéphane Allix : Je n’ai aucun doute en l’existence de la vie après notre mort terrestre. Le film brésilien « Nosso Lar » basé sur les contacts du médium Chico Xavier m’a bouleversée et depuis deux années maintenant, j’ai énormément évolué – avancé - dans mes certitudes et mes croyances. Les questions que se pose le héros Alan Lambin dans ce livre, je me les suis déjà posées….A force de recherches, j’ai eu des réponses à certaines mais d’autres ont mené à encore d’autres questions – notamment à propos du temps (de la temporalité, pas la météo, j’entends bien…) et je suis donc ravie de voir ce thème abordé dans le livre…

Bref, je n’ai pas lu La maison bleu horizon comme un banal livre de « fantastique/horreur » comme je lirais, par exemple, une histoire sur les zombies, non. J’ai lu ce livre en attendant de voir la manière dont l’auteur allait traiter le sujet des « fantômes ». Et cherry on the cake, l’auteur aborde également la Première guerre mondiale, une période de notre histoire qui m’a toujours attirée (et horrifiée)…..Et là, c’est de la vrai peur et du vrai dégoût. Je me demande comment c’est possible que tous ces hommes aient pu supporter de vivre dans de telles conditions !….Pourquoi il n’y a pas eu plus de révoltes, de mutineries et de désertions ?!…..Je me demande si les jeunes hommes de 20 ans de 2017 accepteraient également d’obéir aux ordres aveuglément ou se révolteraient-ils tous contre les directives parfois totalement injustes et idiotes de leurs supérieurs ?......En tout cas, La maison bleu horizon a réveillé ces questions en moi et je me dis qu’on a quand même  bien de la chance de n’avoir pas vécu à cette période monstrueuse de l’histoire de l’humanité….

«  Ce qu’a dit un jour Paul, lors d’une conférence, a été un élément déclencheur dans mes convictions. Il a dit : selon la physique, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Cette notion élémentaire scientifique m’a fait l’effet d’une bombe. Si selon la physique, aucune énergie ne peut disparaître, mais se transforme, alors que devenons-nous après la mort ? Le corps humain est en effet constitué d’énergie, chimique et électrique, alors que devient cette énergie lorsqu’un être vivant décède ? Puisqu’elle ne peut pas disparaître, en quoi se transforme-t-elle ? Vous me suivez ? C’est là que tout a commencé pour moi. – Saisissant, en effet, fit Hélène, songeuse. 
– Mais parlons plutôt de ce qui se passe chez vous. 
– Eh bien, rien de plus que tout ce que je vous ai déjà expliqué. Je me sens déjà plus apaisée depuis votre arrivée, puisqu’il ne se passe plus rien depuis que vous êtes là. Quand j’y songe, c’est vraiment un sacré coup de hasard d’être tombée sur vous en allumant la radio. Sans cela, je me demande ce que nous aurions fait. 
– Le hasard ? Mais cela n’existe pas le hasard, sourit Alan. Croire au hasard, c’est croire que Stonehenge est le fruit de quelques hommes qui ne savaient pas quoi faire de quelques grosses pierres, et qui les ont posées là, comme ça, pour s’en débarrasser. Même le résultat d’un simple jet de dés n’est pas dû au hasard. Il dépend d’une équation : la position des dés dans votre main avant de les jeter, de la hauteur depuis laquelle ils tombent, de la force avec laquelle vous les lancez, de la surface sur laquelle ils vont rebondir et des éventuels obstacles qu’ils vont rencontrer. Quiconque saurait calculer tous ces facteurs physiques et mathématiques, saurait prédire le résultat des dés. »

Ce que j’ai aimé dans ce livre :
1#-Les années 80 : Et plus particulièrement 1985. Pour tout vous dire, je me souviens très bien de cet hiver-là (j’avais 7 ans) car nous aussi, en Normandie, nous avions eu beaucoup de neige et je me rappelle d’une ballade dans le bois pas très loin de chez moi, l’ambiance « ouatée » de l’air, les bottes crissant et s’enfonçant dans la profondeur de cette étendue toute blanche…Mon père avait pris une ou deux photos de ces moments là  - je le précise car à cette époque, mes parents faisaient uniquement des photos en diapositives et généralement, seuls Noël, les anniversaires et les vacances d’été en Haute-savoie avaient le droit d’être immortalisés sur la pellicule (on pouvait prendre une trentaine de photos sur une pellicule, de mémoire…). Bref, pour moi, mon premier vrai souvenir de neige c’est l’hiver 1985 alors évidemment, savoir que ce livre se déroule à cette époque m’a fait énormément plaisir ! D’ailleurs, tout dans le livre me rappelle à mon enfance ou à mon adolescence. Par exemple, dans La maison bleu horizon, nous avons un personnage féminin qui s’appelle Peggy (l’adolescente qui vit dans la maison hantée). L’une de mes deux meilleures amies au lycée se nommait Peggy ! C’est un prénom qui fut à la mode dans les années 70 (mon amie était née en 1978, comme moi) et qui n’est plus du tout donné aux petites filles qui naissent maintenant. Il nous ancre dans une époque bien précise et il me touche personnellement, bien sûr ! De plus, personnellement, je n’utilise pas de smartphone donc je ne suis pas du tout dépaysée dans la manière de vivre d’Alan et des autres personnages dans ce livre. Notamment vis-à-vis de leurs réactions respectives et leur « débrouillardise » pour trouver des solutions sans compter sur des applications connectées au « cerveau bis » de la plupart des gens de maintenant (n’y voyaient pas là du mépris de ma part mais quand j’entends des gens qui paniquent si on leur enlève leur smartphone une journée, cela me laisse trèèèèèèès dubitative…). Pour ce qui est des appareils utilisés par Alan pour « chasser les fantômes », nous avons droit aux magnétophones à cassettes pour enregistrer les PVE ou les polaroïds de plus ou moins bonne qualité pour les photos….Cela change des moyens techniques actuels ! Mais en même temps, cela me donne une plus grande impression de « naïveté », de « simplicité » et d’authenticité » dans les preuves recueillies par Alan….Quoiqu’il en soit, je suis vraiment heureuse que l’auteur ait choisi de faire dérouler son récit en 1985 ! Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! C’était un bon choix de période car cela permet de mettre la Première guerre mondiale comme un « souvenir à portée de main » avec des personnages qui ont vécu la guerre et qui sont encore en vie dans les années 80 pour en parler, comme Louise ou la sœur de Joseph. Et du coup, cela permet aussi de faire intervenir des personnages secondaires qui ont un lien proche de parenté avec des personnages clé – comme Thierry, alias Félix, qui n’est autre que le fils de l’abominable capitaine Duvermont. Bref, à la fin du livre, tous les liens finement tissés par Alan sont enfin reliés entre les différents protagonistes et cela n’aurait pas été forcément possible dans les décennies suivantes et pour les décennies précédentes, comme les années 60 ou 70, où certains personnages n’auraient pas été «assez vieux » - je pense toujours à Louise, qui n’a vraiment pas eu une existence facile avec tous les drames qu’elle a subies….Pauvre femme…..Et qui finalement décède après la visite d’Alan, comme enfin délivrée….Mais elle emporte plein de mystères avec elle comme le fait qu’elle est toujours passée pour une folle auprès des autres….

2#-L’hommage aux soldats de la Grande guerre : Nous sommes en 2017. Le dernier poilu français est décédé en 2008. Il n’y a plus de témoin direct des atrocités qui ont été vécues durant cette guerre. Il n’empêche qu’il ne faut pas oublier le sacrifice de tous ces hommes, qu’ils soient morts sur le champ de bataille (ou plus vulgairement « pulvérisés dans les tranchées ») ou qu’ils soient revenus infirmes ou en « gueules cassées ». Avec sa plume, l’auteur Jean-marc Dhainaut nous entraîne avec brio et grand réalisme parmi un petit groupe de soldats, dont un en particulier, Joseph Dernecourt qui va subir l’impensable à cause de la bêtise et de la monstruosité de l’un de ses supérieurs. Nous ressentons leur peur, leur lassitude, leur sentiment d’injustice et de révolte et enfin, leur impuissance. Tout est fait pour que les lecteurs, tout comme le héros Alan Lambin, se prennent d’empathie pour ces pauvres garçons qui ont juste eu la malchance d’être en âge de combattre en 1915. Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! J’ai vraiment été dégoûtée par le comportement odieux et surréaliste du capitaine Duvermont qui décide de faire exécuter Joseph, pour l’exemple, tout cela parce qu’il pensait qu’il avait « déserté » son poste….Et le peloton de soldats qui lui tirent dessus, pourquoi n’ont-ils pas retourné leurs armes sur ce sale fils de p*te ! Oui, je sais, il les menaçait de les faire exécuter également s’ils désobéissaient mais comment un seul homme peut-il avoir autant d’ascendant sur les autres ? Tout le monde savait qu’il était totalement injuste et il aurait été si facile de lui tirer une balle pour être débarrassé de ce despote injuste….Mais voilà, autres temps, d’autres mœurs et ma manière de penser en tant que femme des années 2017 (et pas des années 80, comme le chantait Sardou ! hé hé) n’a sans doute rien à voir avec celle des gens qui vivaient il y a un siècle. Quoi qu’il en soit, la mort de Joseph est injuste et pour couronner le tout, sa dépouille va être bombardée et n’arrivera jamais à « bon port ». Certes, c’est juste une histoire, je sais bien que la vie de Joseph est fictive mais je suis persuadée que ce genre de situation injuste a eu lieu plus d’une fois dans la réalité de cette saloperie de guerre, sinon, il n’y aurait pas de tombe du « Soldat inconnu »….Combien d’hommes sont-ils morts sans avoir été décemment enterrés sous une pierre tombale en présence de leurs proches ?.....[Rajout de dernière minute sur ma chronique : J’ai fait un tour sur le site de l’auteur Jean-Marc Dhainaut et j’ai eu la surprise de découvrir qu’il a été lui-même à l’origine de la réhabilitation d’un soldat….C’est vraiment un acte plein de générosité et il faut vraiment ne jamais oublier tous ces hommes qui sont morts pour nous…]. Et comme je citais Michel Sardou un peu plus haut, cela me refait penser à l’une de ses chansons en hommage aux soldats de cette guerre qui s’appelle « Verdun » avec des paroles très fortes : « Pour celui qui en revient, Verdun, c’était bien. Pour celui qui en est mort, Verdun, c’est un porc, mais pour ceux qui n’étaient pas nés, qu’étaient pas là pour apprécier, c’est du passé, dépassé… ». Et puisque j’y suis, je pense aussi à la magnifique chanson « Louise », de Gérard Berliner….Comme Louise, la fiancée de Joseph….Sauf que dans la chanson, la jeune femme se fait avorter du bébé qu’elle attendait de son amoureux tombé dans les tranchés…..Je vous conseille très fortement d’écouter cette chanson si vous ne la connaissez pas !

3#-Une histoire qui fait peur : Oui, bon, évidemment, cela n’a rien d’original comme constatation pour un livre qui parle de fantômes, mais néanmoins, je tiens à insister sur ce point et sur le fait que l’auteur, Jean-Marc Dainaut fait monter la pression petit à petit. Nous ne sommes pas dans l’exorciste ou dans Incidious, avec des jump scares toutes les 5 minutes, non, nous sommes dans une maison bourgeoise d’un petit village de la Somme en France et du coup, l’extraordinaire se joint à la banalité de la vie de ces gens. La plume de l’auteur est vraiment addictive et c’était un crève-cœur pour moi d’interrompre ma lecture le soir car j’aurais vraiment voulu continuer à tourner les pages comme je le fais avec les autres livres mais comme je suis une grosse trouillarde je m’arrêtais de lire dès que mon mari éteignait la lumière (bah oui, avec une liseuse auto-éclairée, je peux lire dans le noir, merci ô monde moderne !)….Si vous connaissez un peu mon blog, vous savez que j’ai déjà chroniqué des livres écrits par des médiums et comme Alan, le héros de ce livre, j’ai une certaine attirance pour les choses du paranormal et cela, depuis mon enfance. Je ne vais pas raconter ma vie ici mais tout ce que je peux dire c’est que lorsque je lisais La maison bleu horizon, je ne pouvais pas me dire, comme dans un livre d’horreur sur les zombies ou autres créatures monstrueuses : « ça n’existe pas », car très clairement, j’ai été confrontée à des trucs flippants et je n’ai nullement besoin d’être convaincue. Donc, oui, La maison bleu horizon fait peur par certains aspects, surtout au début, quand des trucs bizarres arrivent dans la maison de la famille Annereaux. En même temps, de par mes connaissances personnelles, je sais que rien de « grave » ne peut arriver aux vivants mais c’est comme dans le film Les dents de la mer, c’est ce qui est suggéré qui fait peur et non le requin en lui-même qui est peu présent à l’écran….



« Il connaissait les ouvrages que certains considéraient comme la bible de l’au-delà ou comme un manuel, une référence, mais n’avait pas dépassé les premiers chapitres quand il eut compris ce dont il s’agissait. Pour lui, même s’il lui était arrivé de vivre quelques enquêtes avec quelques doutes, les démons n’étaient que de simples fantômes au sale caractère, ni plus ni moins. Il n’était pas un partisan de la « classification » des entités en « bons esprits, mauvais esprits, démons… », comme s’il y avait des esprits de type A, B, C… Ces catégories n’avaient pour lui aucun sens. Le monde des fantômes était pour lui un mélange de toutes sortes de caractères différents. Tout comme il y a des hommes bons ou mauvais, il y a des fantômes bons et de véritables crapules, mais un fantôme restait ce qu’il était de son vivant. »

4#-Le sujet du paranormal parfaitement maîtrisé : Même si Alan est le héros du récit, je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur Jean-Marc Dhainaut a obligatoirement des connaissances dans la parapsychologie vu le vocabulaire spécifique employé dans son livre avec lequel il fait s’exprimer son personnage principal. Les PVE, la hantise résiduelle, les intersignes, le sel de purification etc tous ces éléments sont évoqués dans le livre, avec en prime, une analyse et une explication d’Alan qui nous prend, nous lecteurs, à témoin et nous pousse à nous poser des questions sur l’existence de la vie après la mort. J’ai notamment été ravie de lire l’argument physique et scientifique de « tout se transforme »….Il y a de quoi déstabiliser les sceptiques, même si, au fond, il y n’y pas plus pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et essayer de convaincre quelqu’un de buté ne sert à rien. Il y a des gens qui resteront toujours sur leurs positions et dans leur schéma de penser sans en changer. (peut-être par habitude, par bêtise mais sans doute aussi par peur…). Je l’ai déjà évoqué plus haut dans ma chronique, personnellement, je n’ai aucun doute à ce sujet mais je me dis aussi que pour les lecteurs « septiques », cela peut leur permettre d’aborder des sujets et des questions métaphysiques. Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Contrairement à certains films d’horreur qui jouent sur le sensationnel et évoquent les « démons » et autres entités du « bas astral », ici, dans La maison bleu horizon, les fantômes ne nous paraissent pas du tout antipathiques, bien au contraire et nous avons à cœur, comme Alan de les voir enfin trouver le « repos éternel ». Du coup, comme je maitrise moi aussi le sujet du paranormal, dès le début du livre, le détail du message sur le répondeur au bureau d’Alan que, curieusement, sa secrétaire Mina n’avait pas relevé avant de quitter le travail pour rejoindre ses parents en Normandie m’avait quelque peu interpellée…Idem pour l’adresse de la maison, avec le chauffeur de taxi ou même Paul qui ne la trouvent pas….Je commençais vraiment à avoir la puce à l’oreille !...Pour le coup du corbeau, ça, c’est classique….Les indices laissés par Mathilde, la fille « illégitime » des amant maudits Joseph et Louise pour que Alan arrive à reconstituer le puzzle des drames passés m’ont bien plu et enfin, le moment où Alan voit cet homme traverser le couloir qu’il va vite identifier comme étant Jean-Pierre Annereaux, là, oui, je me suis tout de suite dit qu’il y avait vraiment quelque chose qui clochait dans la maison et qu’obligatoirement, toute la famille était déjà morte….La question des failles  spacio-temporelles est fascinante, celles des « mondes parallèles ». Il parait que le temps n’existe pas réellement et du coup, on peut même s’adresser à son « moi du futur » pour demander qu’il fasse en sorte que tout se passe bien dans notre vie actuelle et on obtient de meilleurs résultats plutôt que de faire appel à la loi d’attraction….Bon ok….Là, je m’égare….Hum….Je m’arrête-là car je commence à être hors-sujet par rapport à La maison bleu horizon, mais quoiqu’il en soit, quand Joseph voit Alan et Peggy sur le champ de bataille en 1915, cela ne m’a pas plus surprise que cela et surtout, cela m’a ravie que l’auteur aborde ce sujet très complexe qui donne des nœuds au cerveau quand on commence à y réfléchir plus profondément….Et enfin, il y a Alan qui émet l’hypothèse de « lois » qui empêcheraient les défunts de tout raconter sur ce qu’ils vivent dans l’au-delà. J’aime beaucoup cette théorie et je la partage avec Alan (et l’auteur Jean-Marc Dhainaut) même s’il y a sans doute des exceptions à la règle, comme par exemple le médium brésilien Chico Xavier qui a retranscrit les expériences vécues par le médecin André Luiz à partir de son décès dans les années 30 et de son « autre vie ailleurs » (regardez le film Nosso Lar, c’est plus rapide que les bouquins !). Après, c’est chacun ses croyances, évidemment !

« – Je ne peux toutefois rien affirmer. En tout cas sur la nature exacte de ce qui se passe dans ce “quelque part”. Vous vous souvenez lorsque je vous ai dit qu’aucune énergie, quelle qu’elle soit, ne peut disparaître selon la physique, mais se transforme ? Eh bien, j’ai toujours eu du mal à concevoir que tout ce qu’un être humain apprend durant toute sa vie : ses leçons, ses erreurs, sa culture, ses connaissances, puisse disparaître dès lors que meurt l’individu. À quoi cela servirait-il, sinon ? Ce serait idiot de voir tout disparaître, non ? Eh bien, je crois que tout cela fait partie intégrante de la conscience d’une personne. Et c’est justement cette conscience qui survit après la mort. Un jour, j’ai assisté à une conférence donnée par Paul. Il a dit : la science reconnaît l’existence de la conscience, mais pour pouvoir l’expliquer, il faudrait réinventer la physique. Bouleversant, non ?
– Euh…, oui ».

« Il y a quelque chose que j’ai oublié de vous dire, Alan. Mercredi matin, alors que je voulais sortir pour chercher du bois, en ouvrant la porte j’ai trouvé un corbeau sur le sol. Il était mort, la tête fracassée. C’était comme s’il avait percuté la porte de la cuisine en plein vol. Et plus j’y pense, plus je me dis que c’était peut-être mauvais signe. Les enfants l’ont enterré dans le jardin. » Le visage d’Alan devint soudain blafard. Hélène le remarqua. Mélanie, toujours effacée et silencieuse, eut un sursaut en écoutant la conversation. « Qu’est-ce que vous en pensez ? – Oh… Euh… Que c’est juste un oiseau qui n’a pas vu la vitre, ou qui est mort de froid ou de faim, c’est tout. Les mauvais signes ne sont toujours qu’une question de superstitions, rien de plus. C’est drôle, un corbeau, j’en ai justement vu un lorsque je suis arrivé chez vous. Malgré le temps et l’heure tardive, il était perché sur votre portail et… » Cette fois encore, Alan n’avait pas tout avoué à Hélène. Ce genre de phénomène lui avait été enseigné par sa grand-mère et portait un nom : un intersigne. Les femmes de marins les connaissaient bien et les craignaient. Lorsqu’un intersigne se produit, il est, selon les légendes et les croyances, annonciateur d’une mort. Alan déglutit difficilement à cet instant précis. La gorge nouée, il cherchait la meilleure manière de dissimuler son stress. Il se souvint  avec quelle intensité le corbeau qu’il avait croisé l’avait regardé à son arrivée. Mais il se ressaisit en songeant à de simples superstitions ».

« Comment Joseph avait-il pu voir Peggy, alors qu’au moment où Alan, cette fois-là, s’était endormi et avait rêvé qu’il le suivait, elle n’avait pas encore fait sa séance de spiritisme. Comment avait-elle pu être présente au même endroit, au même moment, alors qu’elle « était partie » après lui ? Cette question tournait en casse-tête. Seul Paul, professeur de physique, aurait pu l’aider. Il se souvint d’une vague discussion à propos des paradoxes temporels que Paul avait expliqués lors d’une conférence à laquelle Alan n’avait rien compris. Il disait qu’il fallait voir le temps comme une équation logique, dans laquelle les paradoxes étaient des facteurs rendant tout résultat final impossible, illogique. Alors comment cela avait-il pu se produire malgré tout ? Il l’ignorait, mais s’il avait été là, Paul lui aurait simplement expliqué que peu importe le moment et l’endroit d’où partiraient des personnes, si la destination est la même, au même moment, alors cette destination devient un croisement pour chacune d’elles. Un « point de rencontre », ou un carrefour, en quelque sorte, dans le cours du temps. Mais d’une certaine manière, ici, ce n’était pas vraiment ce dont il s’agissait. Personne n’avait remonté le temps. Ils avaient seulement « rêvé ». Du moins, c’est ce qu’il croyait ».
  
« Bon, tout cela pour vous dire que le mystère des fantômes reste entier. Sans compter ces fameuses lois qui doivent exister et qui les empêchent, selon moi, de faire ce qu’ils veulent pour communiquer et montrer qu’ils existent. Mais rassurez-vous, aussi ronchons qu’ils puissent être, aussi farceurs, trouillards, désorientés, perdus, ou de mauvais poil, vous n’êtes pas en danger. Ils sont là pour une raison bien précise et c’est ce que je tente de comprendre. Si j’y parviens, tout le monde se sentira nettement mieux. – Merci pour tout ce que vous faites, Alan. Je ne pouvais pas espérer mieux. – Vous avez eu surtout beaucoup de chance. Ce domaine est un véritable panier de crabes, plein de charlatans. Mais heureusement, il y a aussi des gens très honnêtes et compétents. Pour les trouver, il faut faire confiance au bouche-à-oreille, et les meilleurs seront toujours ceux qui ne vous demanderont jamais rien en échange. »

« Mais je serai mis aux arrêts. Je n’ai pourtant rien fait de mal, ma Louise. PS : Il s’est passé quelque chose d’étrange pendant que j’étais perdu dans les boyaux. Lorsque j’ai passé la tête pour situer ma position, j’ai vu une jeune fille au beau milieu du carnage. Elle semblait perdue. Je lui ai crié de s’en aller, que c’était de la folie, mais soudain une grenade a éclaté et… C’était horrible, mais que pouvait-elle faire là ? J’ai aussi vu un type étrange qui m’a suivi, mais c’était un civil. C’était impensable qu’il puisse se trouver là, lui aussi, et je me demande encore comment il a pu s’en sortir et ce qu’il me voulait. Je ne sais pas pourquoi je vous en parle, mais il me faisait peur. Ce qui s’est passé était très étrange et m’a beaucoup contrarié. Je n’en ai parlé à personne d’autre. Vraisemblablement, leur présence était un mauvais présage ».

5#-Les pensées et réflexions pleines de bon sens d’Alan : J’adore quand les personnages nous donnent des petits conseils ou de la matière à réflexion sur des choses du quotidien. J’ai l’ai assez évoqué avec l’auteur australien John Marsden et sa saga « Tomorrow quand la guerre a commencé » avec tous les petits points de « connaissance générale » apportées par son héroïne dans le domaine agricole et sur la manière de vivre des habitants du bush australien. Ici, dans La maison bleu horizon, nous avons droit à de jolies pensées sur la vie, la manière de vivre avec les autres, la façon d’appréhender son existence. J’ai été profondément touchée par des petites phrases comme par exemple quand Alan évoque le fait d’avoir à s’occuper de ses parents âgés….Nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre (sauf pour ceux qui ont la malchance de perdre leurs parents encore « jeunes » et « en pleine santé »), mais pour la majorité des gens, il faut s’attendre et accepter à voir ses parents « vieillir » et ne plus correspondre à l’image que nous avons d’eux depuis notre enfance….Bref, Jean-Marc Dhainaut a une manière d’écrire et d’impliquer ses lecteurs dans ses réflexions qui m’ont énormément plu !

« Il savait qu’une preuve n’en était jamais une auprès de celui qui s’obstinerait à la rejeter, mais il essayait d’apporter sa pierre à l’édifice ».

« À la perte d’une maman ou d’un papa, nous ne sommes jamais prêts, et si Mélanie pleurait jadis lorsque son cœur saignait, elle avait également pleuré toutes les larmes de son corps à la mort de ses vieux parents malades. Elle aurait pu s’occuper d’eux, et ce sentiment de les avoir abandonnés, là-bas, près de Reims, la rongeait souvent. Sans permis, le train coûtait trop cher pour leur rendre visite. De plus, elle était devenue fière dans ses robes démodées, et voulait montrer aux yeux de tous qu’elle réussirait là où beaucoup avaient misé sur son échec et sa solitude éternelle ».

« Elle craignait de paraître idiote si plus rien ne se passait alors que le chasseur de fantômes serait présent. Un peu comme la manière dont se comporte une voiture qui fait un bruit curieux tous les jours, sauf la fois où nous l’amenons chez le garagiste pour qu’il l’analyse ».

« Calmez-vous. Pleurez si cela vous fait du bien. Ce sont les larmes qui ne coulent pas qui sont toujours les plus dangereuses », rassura Alan en posant une main bienveillante sur son épaule.

« Le ciel s’était dégagé. Le soleil pointait sur l’horizon, éclairant le grand jardin et l’étang de magnifiques nuances, que seul un matin d’hiver sait si bien dessiner ».

6#-Le fin mot de l’histoire : Attention zone spoilers ! Cliquez sur le mulot et passez le texte en surbrillance ! Allons bon, il serait intéressant de relire ce livre en sachant maintenant que les membres de la famille Annereaux étaient morts depuis le début, et donc qu’Alan a eu contact avec eux sans se douter qu’il parlait avec des défunts et que la maison où il a dormi n’était plus qu’en réalité un champ de ruines. Même si l’auteur avait semé quelques indices qui pouvaient apporter des doutes sur la réalité vécue par Alan (notamment le fait que le chauffeur de taxi ne voit pas la maison, ni Paul son ami, qui devait le rejoindre à l’adresse indiquée), c’est vrai que le récit est construit d’une telle manière que du coup, quand la vérité éclate en pleine tête d’Alan, comme un obus de la guerre, c’est vrai que c’est le choc !!! Il faut dire que l’auteur Jean-Marc Dhainaut nous emmène sur plusieurs points captivants (notamment l’injustice du sort du pauvre Joseph) si bien qu’après cela, la vraie nature de la famille Annereaux passe en second plan car arrivés à un certain stade de la lecture, nous n’avons qu’une envie : Qu’Alan arrive à réhabilité l’honneur de Joseph et que justice soit faite ! Il y a un seul détail qui m’a un peu moins plu dans le récit, c’est la fin quand Alan se promène dans les ruines de la maison (qu’il voit enfin telle qu’elle est réellement !) et qu’il y croise tous les fantômes qui ont l’air apaisés et qui le saluent….Cela fait un peu trop penser à la série Cold Case, par exemple….j’aurais préféré une fin moins « hollywoodienne » même si, en fait, je vous avoue, j’ai versé ma petite larme à ce moment-là ! Il faut dire que c’est tellement injuste toutes ces vies fauchées si jeunes ! (que ce soient Joseph, Mathilde ou la famille Annereaux et Mélanie…). En tout cas, même si j’aurais préféré une fin un peu plus « modérée » au niveau des clichés (je parlais de Cold case, mais il me semble que dans la série Desperate Housewives, ça se termine aussi comme ça, dans le dernier épisode avec les morts qui font coucou….)…..Bref, quoiqu’il en soit, j’ai vraiment adoré ce livre, surtout vis-à-vis des soldats de la Première guerre mondiale (Joseph, évidemment, en premier lieu ! qui est mort injustement tout en ignorant que la femme qu’il aimait était enceinte de lui…..)….Quand on y réfléchit, que de vies gâchées à cause de la décision stupide d’un infâme capitaine d’armée….D’ailleurs, la boucle est bouclée quand on apprend que le clochard que croise Alan dans le village est en fait le fils de cet homme….Il aura vraiment été néfaste pour tout le monde, autant pour les soldats sous ses ordres que pour sa propre famille….Quel gâchis !


Pour conclure, je ressors enchantée mais aussi très bouleversée de ma lecture de La maison bleu horizon. Tous les thèmes abordés m’ont intéressée, autant au niveau « fantastique » qu’historique. L’auteur Jean-Marc Dhainaut arrive à nous étonner et à nous surprendre jusqu’à la dernière page. Si l’on peut être effrayé aux premiers abords par les manifestations de rage des entités qui hantent la maison de la famille Annereaux, il faut bien se rendre à l’évidence que très vite, on se met à ressentir de l’empathie pour eux et à essayer de comprendre pourquoi ils restent toujours dans cette maison et l’on se demande ce qui a pu pousser Alan Lambin à traverser la France pour aller à leur rencontre ! L’ambiance des années 80 m’a rappelée mon enfance avec cet hiver 1985 qui est resté dans les annales météorologiques. L’évocation de la Première guerre mondiale et des condition de vie inhumaines des poilus dans les tranchées sont autant de piqûres de rappel pour nous faire réaliser la chance que nous avons de vivre à notre époque actuelle (même si elle n’est pas toujours rose, elle est obligatoirement mieux qu’à cette époque !). Dire qu’il y a seulement 100 ans, nos arrières grands-parents vivaient de telles horreurs, cela me donne des frissons. Toute cette jeunesse, cette génération gâchée…Vous n’avez pas besoin de croire aux « fantômes » pour croire à cette histoire car finalement, ce que nous écrit si joliment Jean-Marc Dhainaut dans ce livre, avec tous ces destins entrecroisés, c’est qu’il ne faut jamais oublier ses racines et parfois, une injustice vécue dans le passé se répercute par-delà le temps, comme un éternel recommencement. La maison bleu horizon nous interpelle et nous fait poser beaucoup de questions sur la vie (et sur la mort). L’époque est idéale pour lire ce livre, je ne parle pas d’Halloween (quoique, une histoire de fantômes a sa place à Halloween, n’est-ce pas !), mais plutôt de la Toussaint et ensuite de la célébration de l’armistice du 11 novembre….Je pense que c’est le moment propice pour démarrer La maison bleu horizon que je vous recommande à 100%. C’est un beau coup de cœur pour moi, en tout cas !


Ma note : 18,5/20

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